L’idée de cette note m'est venue en écoutant le président catalan Artur Mas parler français. Un bon français, je dois dire. Les catalans sous administration espagnole -s'ils sont instruits et d'un certain âge- ont appris, plus ou moins, le français et ils en sont fiers. Tellement fiers qu’ils ne peuvent pas réprimer le besoin de s'exprimer en français quand ils passent la ligne du Perthus. Et n’allez pas leur raconter des histoires sur que la Catalogne va jusqu’à Salses ... pour eux, voir un panneau d'autoroute qui indique "France" et ils sont déjà en train d’aiguiser leur grammaire française, avec son accent approximatif (au fait, quelqu'un devrait dire aux aux profs de français de la Catalogne autonome qu'il serait plus facile de parler français avec l'accent de Toulouse, Marseille ou Perpignan...).Qu’il soit président, entrepreneur, professeur, agent commercial, artiste ou trafiquant de drogue, le sud-catalan qui vient à Perpignan, Céret, Collioure ou Prades il est heureux de parler français. Quand il retourne à Barcelona, Granollers, Reus ou València, il affirme catégorique qu’il “n’y a rien à faire,personne ne parle catalan à Perpignan”. Plus d'une fois j'ai été confronté à des catalans du sud (on les reconnaît, souvent espanyolejen) qui me demandent, dans un français approximatif "com on fé pur alé o Castillé”.Si je leur réponds en catalan je lis la déception dans son visage, ils ont perdu une chance de parler français avec un autochtone. Au mieux, des fois, je vois une certaine gêne... Personnellement je m’en fous, tout le monde fait ce qu’il veut, si pour eux une promenade à Perpignan c’est pareil qu’une promenade à Paris, c’est son problème. Juste une précision, au passage. Certains catalans du nord essaient de parler la langue catalane partout, la faire vivre, qu’elle ne rentre dans la catégorie des “nos chères langues” plus mortes que vives..Et une des raisons pour lesquelles beaucoup de vieux et nouveaux catalans réapprennent la langue est celle de communiquer avec les catalans “de Barcelone”, que le catalan est utile pour travailler ensemble, faire des affaires ou baiser à la catalane si l'occasion se présente. Si le militant de Vic qui vient à l’UCE de Prades en été, et le musicien de Girona embauché à Perpignan, et l'étudiant de Lleida à l’université Via Domitia et aussi le présidents du gouvernement de la Generalitat viennent ici nous montrer qu’ils savent parler français, ils démantèlent et détruisent les longues années de travail acharné pour faire vivre la langue du pays dans ce nord de la Catalogne sous administration française.
"Quatre ringards déconnectés de la réalité», voilà ce que certains pensent des défenseurs du catalan en Catalogne Nord... Aussi “ringards et déconnectés de la réalité»,comme l’étaient, au sud en plein franquisme, ceux qui ont gardé vive la langue et ont passé le flambeau à qui gouverne aujourd’hui à Barcelona, avec le catalan comme langue officielle... et une bonne formation en langue française.
http://blogs.elpunt.cat/aleixrenye/2011/04/18/ecute-come-ye-parle-bien-le-france/

Avec ses 10 000 étudiants, sans compter ses professeurs, ses employers administratifs et autres, l'université de Perpignan est comme une petite ville. Comment s'informer de ce que fait l'ensemble de l'université et de qui fait l'université, des débats qui l'animent, sa projection dans le futur. Il lui faut un outil de communication point de ralliement où chacun puisse se retrouver,s'exprimer et être représenté. La radio est cette outil de communication devenu classique, qui persiste dans l'esprit des gens à être un média en lequel on a confiance (Est-ce son « ancienneté » dans le paysage médiatique, la proximité des voix, la forte identité des radios de service public ?… Chaque année, la radio arrive en tête des médias quant à la crédibilité de l’information qu’elle délivre sur ses ondes. Avec un score de 60 %, elle gagne même 2 points par rapport à l’an dernier. C’est parmi les plus jeunes qu’elle enregistre ses meilleurs résultats : 61 % de confiance auprès des 18-24 ans et 64 % auprès des 25-34 ans.)
L'atelier de radio de l'université de Perpignan dit « Radio Campus66, est une
unité à développer tant pour sa communication intérieur, que pour sa communication extérieure, sans pour autant amputer celui de la communication, avec lequel, il aura un emploi complémentaire.
Sur un aspect de transmission de l'information, sur un aspect de promotion de l'image et l'identité de l'université. Venez écouter, Rémy, Caroline, Christophe, Léa,Livio,Audrey,Lesli, Antonia,
Siméon, Xavier et les autres http://www.wix.com/radiocampus66/rc-66
Extrait du « Diable Rouge », pièce d'Antoine Rault retraçant la vie de Mazarin.
Colbert : Pour trouver de l'argent, il arrive un moment ou tripoter ne suffit plus. J'aimerais que Monsieur le Surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou.
Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l'Etat, L'Etat, lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l'Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.
Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l'argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?
Mazarin : On en crée d'autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu'ils ne le sont déjà.
Mazarin : Oui, c'est impossible.
Colbert : Alors, les riches ?
Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.
Colbert : Alors, comment fait-on ?
Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage ! il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches. Des Français qui travaillent, rêvant d'être riches et redoutant d'être pauvres !
C'est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser. C'est un réservoir inépuisable.

Oui, on peut être fiers de l'USAP à Barcelone. Je ne parle pas de l'aspect sportif, je n’y comprend rien et ça ne m'intéresse
pas. Ce qui m'intéresse c'est que la Catalogne de là-bàs, la Catalogne autonome, à vu et entendu la Catalogne d’ici, la Catalogne pas autonome. C’était “magnifique, extraordinaire, historique …”
chacun y est allé avec son superlatif et certains médias ont titré que l'USAP aussi est “més que un club”, et d'autres médias ont même titré que l'USAP “a supprimé le Traité des Pyrénées!”...
rien que ça!
Et si (je pose simplement la question) en plus d’être “Fiers d'être Catalans" on le parlait aussi, le catalan? Et si cette
fierté et cette identité on la montrait en dehors des stades? “Estre fierts d’estre catalans” ou “Ser orgullosos de ser catalans”, en dialecte ou standard, on s’en fout. "Fierts” pour de bon,
décomplexés une fois pour toutes....
"Monsieur, vous faites la politique, là!" J’entends crier déjà les partisans de "catalanité" à la sauce
"Pyrénées-Orientales”. Et ne me dites pas que j’exagère, au bout des ans d’exercer le journalisme en catalan dans ce territoire dans le sud de la France et le nord de la catalogne, j'ai souvent
entendu cette phrase de la part de notables et de certains collègues journalistes français ou catalans rongés par la honte de soi. Aujourd’hui encore, parler catalan dans des actes de la vie
sociale, publique ou officielle -en dehors des stades- c’est "faire de la politique, monsieur!” . Peut-être oui...
En ce moment, la réalité dépasse la fiction, voire même la science-fiction.
C'est pourquoi il est difficile de faire de la parodie...
Comme disait Coluche pour justifier sa candidature aux présidentielles : "J'arrêterai de faire de la politique lorsqu'ils arrêteront de nous faire rire".
A l'archipel contre-attaque, on est dans le même sillon...
Nous nous sommes permis ce montage son...
En espérant qu'il vous fasse rire !
http://blogs.elpunt.cat/aleixrenye/2011/04/07/%E2%80%9Cser-catala-es-estimar-la-usap%E2%80%9D/
Aleix Renyé est journaliste et écrivain. Pour lui les catalans existaient avant l'USAP et le Barça. Du coup, on peut être catalan sans aimer ces deux institutions...
Texte traduit du catalan.
Je commence avec un scoop : Dans la Catalunya del Nord (nous l'appelons la Catalogne du Nord pour ne pas passer pour des hérétiques aux yeux de notre Académie nationale, l'Institut d'Estudis Catalans), il y a des catalans qui s’en foutent de l’USAP !
Oui oui, il y a des catalans qui ne sont pas intéressés, mais alors pas du tout, ni par l’USAP, ni (autre scoop) par le Barça !
A l'occasion du match que l’USAP va jouer à Barcelone, la question « Qu'est ce que c'est d'etre catalan ? » est omniprésente à la radio et dans la presse d’expression française de ce morceau septentrional de la Catalogne.
Et la réponse récurrente de politiciens, citoyens, joueurs, dirigeants et supporters du club est :
« être catalan, c'est aimer l’USAP »... Fava de nun !!!
Tout à coup je découvre qu'en fait, je suis une sorte de chose étrange, un être qui au lieu d'aller "supporter" l’USAP avec une écharpe et un T-shirt sang et or, en chantant l’Estaca i Els hi fotrem, s’entête à parler "la langue des avis”... à l'extérieur du stade !!! (Celui-là, toujours à se la péter ! Il pourrait parler comme tout le monde, non ?!).
Je n'avais jamais réfléchi si j’étais catalan ou pas, pour moi c’était une évidence... Mais je réalise que si je ne cours pas chercher la "panoplie du bon supporter" au Conseil général de gauche ou au conseil municipal de droite, je ne serai pas catalan ou, en tout cas, un “bon catalan” !
Ceux qui lisent les journaux, écoutent les radios et regardent la télévision en catalan, qui parlent catalan à leurs enfants et voisins et s’en foutent de l'USAP, du Barça et du sport en général, ceux-là vont devenir un no man’s land de l’identité. Peut-être que nous devrions demander à être protégés comme une espèce menacée, et que notre avenir sera dans une réserve, sans pouvoir faire des cargolades, porter la barretina et les vigatanes et d'autres éléments de notre patrimoine, puisqu'ils seront confisqués par ceux qui sont "Fiers d'être Catalans et qui affirment avoir le Sang 100% catalan”. Dans la réserve, quand même, nous ferons l'économie d’écouter à la radio et lire dans les journaux - tel un exercice d'hypnose collective pour s’autoconvaincre -, chaque trois minutes et chaque dix lignes que ici nous sommes “en Pays Catalan”, sans prononcer un mot - s’il n’est pas rigolo - dans la langue “de nos aînés”. Et oui, ici en “Pays Catalan” parler la langue “dels avis” est une affaire de "vieux militants catalanistes aigris" ou de "catalans Espagnols”.
La modernité en “Pays Catalan”, c'est être fier d’être catalan sans jamais le parler et aimer l'USAP.
Devenir membre du club de rugby, faire une "cargolade" ou manger des "Boules de picoulat" sont les rites de passage modernes pour obtenir le titre de "Nouveau Catalan". Les nouveaux arrivants qui ne sont pas, eux, citoyens français ou européens, n'ont toujours pas de cérémonie pour les baptiser “Nouveaux Catalans”, pas de bol. Ils voudraient bien un petit quelque chose, à l’image du truc qui organisent chaque année le Conseil général et plusieurs municipalités. On attend, peut-être que la “nouvelle catalane” Marine Le Pen gagne les élections et essaye de résoudre le problème....
Pendant ce temps, j’attends la convocation pour aller à la réserve, j’ai mon bagage tout près avec moi... ma langue et ma culture qui n’inclut pas, dommage, le goût de ces valeurs de la compétition, de la virilité et de la violence sublimé par le sport.