"Il est plus tard que vous ne pensez… nous sommes déjà hier ! "
Hugo Pratt
/image%2F0934504%2F20261006%2Fob_47cd48_835531828-3729834713823992-82124831591.jpg)
ABOMA
Il y a des femmes qui marchent comme on traverse un océan. Jessica-Paule Ntoutoum est de celles-là.
Gabonaise. Longiligne. Regard qui a déjà vu trop de lumières de studio et trop d’ombres de pagne. Elle a parlé face caméra pendant des années, de 2015 à 2023, sur les plateaux de la télévision de Libreville. Présentatrice. Journaliste. Mannequin aussi, car les stylistes l’avaient repérée dès sa majorité, comme on repère une silhouette qui refuse de s’effacer. Elle a posé pour les enseignes, les maquilleuses, les salons, les créateurs. Mais ce n’était qu’un détour.
Depuis l’enfance, le textile l’appelait. Les motifs. Les couleurs. Les matières qui parlent plus fort que les mots.
Sa mère aimait bien se vêtir. Elle avait même tenu une mercerie. Dans ces rouleaux de tissu, Jessica a appris à lire le monde. Elle a appris à coudre. Puis elle a commencé à créer. Ses premières pièces plaisaient. Nesta, un promoteur d’événements lui a dit un jour : « On devrait faire un défilé. » Elle a souri. Aujourd’hui on l’appelle créatrice, styliste. Elle sourit encore. « Je n’ai pas fait d’école de mode. Je suis seulement une femme qui met sur le tissu ce qui l’inspire. Dieu. La nature. Les rencontres. L’amour. »
Un jour, pour des raisons qui n’appartiennent qu’à elle, elle a quitté le Gabon.
Elle s’est installée dans le Sud de la France. Perpignan. La Tramontane. La lumière intense. Les collines qui sentent le thym et le sel. Elle a emporté avec elle son ethnie fang de l’Estuaire, ses légendes, ses racines. Et ici, ses racines ont rencontré autre chose: la tradition millénaire du drap catalan. Sans s’effacer. Sans violence. Les deux histoires se sont regardées. Elles se sont comprises. Elles ont fusionné.
C’est de cette fusion qu’est née ABOMA.
ABOMA signifie « rencontre » en fang. Rien de plus. Rien de moins.
Chaque pièce est unique. Pensée, coupée, cousue de ses propres mains. Le pagne traditionnel gabonais y dialogue avec les tissus d’ici, ceux que l’on trouve dans les ateliers d'étoffe du Sud, ceux qui portent encore l’odeur du soleil qui voient la mer. Deux mondes. Deux peaux. Une seule silhouette. Épurée. Simple. Facile à porter pour le travail, pour le restaurant, pour la nuit. Et pourtant stylée, comme un secret que l’on porte à même le corps.
On ne met pas seulement un vêtement ABOMA.
On endosse un récit.
On accepte l’unité. L’union. Le partage.
« Ensemble, unis, on peut faire quelque chose de beau. »
Jessica-Paule Ntoutoum ne dessine pas des robes.
Elle trace des cartes.
Des cartes où le Gabon et la Catalogne se touchent enfin, sans frontière.
Des cartes où les légendes africaines marchent pieds nus sur les pavés de Perpignan.
Des cartes que l’on porte, et qui, parfois, vous portent plus loin que vous ne pensiez aller.
Elle prépare un podcast. Elle défile encore. Elle continue.
Comme ceux qui savent que la seule patrie digne de ce nom
est celle que l’on tisse soi-même,
fil après fil,
rencontre après rencontre.
Jessica-Paule Ntoutoum était en direct de la Cantoche du Jaja pour l'Archipel Contre Attaque : styliste, journaliste, mannequin, chanteuse nous venant du Gabon, mais désormais perpignanaise,elle participe à la La CADPO fait son OFF avec un défilé de mode de ses créations (voir l'interview de Brigitte Vumbi ) elle va mettre en place bientôt son podcast, avec son certain regard sur la Catalogne....
commenter cet article …
/image%2F0934504%2F20261006%2Fob_7cb3ae_unnamed-2.jpg)
/image%2F0934504%2F20261006%2Fob_e6146a_unnamed-1.jpg)
/image%2F0934504%2F20261006%2Fob_4478e5_unnamed.jpg)
/image%2F0934504%2F20261006%2Fob_980b05_835531828-3729834713823992-82124831591.jpg)
/image%2F0934504%2F20211027%2Fob_75e851_img-20211027-wa0011.jpg)
/image%2F0934504%2F20260903%2Fob_c50db1_787102090-3682355161905281-70829962999.jpg)