“Quel art, quel empire sur soi-même ne suppose pas cette dissimulation profonde qui forme le premier caractère du vrai courtisan ! Il faut que sans cesse sous les dehors de l’amitié il sache endormir ses rivaux, montrer un visage ouvert, affectueux, à ceux qu’il déteste le plus, embrasser avec tendresse l’ennemi qu’il voudrait étouffer ; il faut enfin que les mensonges les plus impudents ne produisent aucune altération sur son visage.”
Essai sur l’art de ramper, à l’usage des courtisans
Paul-Henri, Baron d'Holbach
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Dans cette version, la logique de la rente est décrite comme un système dystopique, gouverné par des forces technocratiques et des relations de pouvoir écrasantes, dans un monde où les valeurs humaines ont été effacées au profit d’un conformisme servile. De la figure du courtisant local comme un "réplicant"
La plaine des Pyrénées-Orientales s’étendait sous un ciel terne, traversé par le vrombissement constant des drones administratifs. Dans cette société où les flux économiques n’étaient plus qu’un jeu de stratégies politiques, les habitants s’étaient adaptés. Ici, nul besoin d’innover, de créer ou de produire ; tout gravitait autour de l’art de séduire les maîtres invisibles qui contrôlaient la distribution des « crédits d’existence ». Ces derniers, en apparence impartiaux, étaient en réalité modulés par des algorithmes d’influence sociale, récompensant les interactions les plus serviles.
L’économie de la rente comme système de contrôle
Dans ce monde fragmenté, l’économie de la rente était devenue le moteur principal. Les subventions, baptisées « éco-stimuli », étaient attribuées par des collecteurs bureaucratiques—humains en apparence, mais dont les décisions semblaient dictées par une logique aussi opaque qu’inhumaine. Les entreprises, réduites à de simples entités de survie, se disputaient ces rentes comme des chiens affamés autour d’un os. Mais pour les obtenir, il ne suffisait pas de proposer un projet concret ou d’apporter une valeur réelle : il fallait savoir plaire, se plier, et se fondre dans la grande mascarade.
Les plus audacieux participaient à des *simulations d'allégeance*, des sessions organisées dans les sous-sols des mairies sous l’œil froid des « scrutateurs », des androïdes chargés d’évaluer leur soumission. Il ne s’agissait pas de mérite, mais de comportement : une inclinaison de tête parfaite, un sourire calibré, une flatterie bien dosée.
La société des courtisans modernes
La société locale n’était plus qu’un théâtre dystopique où chacun devenait un courtisan numérique. Les citoyens apprenaient à manipuler les interfaces des plates-formes administratives, jonglant avec des variables absurdes pour maximiser leur score d’ « admissibilité ». Les meilleurs simulateurs obtenaient des contrats publics, des subventions ou des avantages fiscaux. Quant aux autres, ils étaient relégués dans les périphéries où la lumière des panneaux solaires ne parvenait plus, subsistant de l’ombre de ce que le système voulait bien leur laisser.
Le terme même de « citoyen » avait perdu son sens. On ne vivait plus dans les Pyrénées-Orientales : on s’y maintenait, comme une instance suspendue, retenue par des fils invisibles.
Les impacts sur le territoire
Le paysage économique était façonné par cette mécanique absurde :
- **Ressources accaparées :** Les collectivités n’étaient plus que des caisses de redistribution, vidées par des dynamiques d’influence et de favoritisme. Ceux qui contrôlaient les flux monétaires exerçaient un pouvoir absolu, rendant chaque acteur dépendant.
- **Innovations éteintes :** Les grandes idées mouraient dans l’œuf. Pourquoi risquer l’échec lorsqu’il suffisait d’obtenir la faveur des gardiens de la rente ? Les créateurs, les audacieux, étaient marginalisés.
- **Erosion démocratique :** La transparence avait été sacrifiée sur l’autel de la « gestion automatisée ». Les conseils municipaux n’étaient plus que des simulacres, leurs décisions déjà programmées par les systèmes centraux.
**Des exemples locaux, ou les dernières lueurs d’un passé oublié**
Certains murmuraient encore l’existence de projets prometteurs, nés de la volonté humaine. Mais leur échec semblait inéluctable. Les subventions de *France Relance*, par exemple, n’étaient plus qu’une farce. Les projets les plus « compatibles » avec les algorithmes de favoritisme étaient sélectionnés, non parce qu’ils apportaient quelque chose, mais parce qu’ils correspondaient à une logique codifiée dans des bureaux éloignés, à Paris ou ailleurs.
Et puis, il y avait cette rumeur : un rapport de la Cour des comptes signalant des failles dans la coordination locale pendant la grande crise sanitaire. Ces failles avaient été exploitées, consolidant un peu plus le système de rente. Les survivants économiques, ceux qui avaient su jouer le jeu, devenaient les nouveaux rois d’un territoire vidé de sa substance.
La lumière artificielle d’un monde en déclin
Dans les Pyrénées-Orientales, l’économie de la rente n’était pas seulement un mode de vie. Elle était une idéologie, un système de contrôle qui avait réduit l’humanité à un simulacre d’elle-même. Les courtisans modernes ne vivaient plus : ils jouaient un rôle, un éternel spectacle où la vérité et l’innovation avaient été remplacées par la duplicité et l’obéissance.
Au sommet d’une colline, un ancien panneau solaire clignotait, alimentant un unique projecteur sur lequel on pouvait encore lire : *« Pour un avenir durable ».*
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la societe du chaos - L'archipel contre-attaque !
Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel ...
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