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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 16:31
L'écrivain Henri Lhéritier et le jeune galeriste Hector Madramany Prennent la vie avec des baguettes
L'écrivain Henri Lhéritier et le jeune galeriste Hector Madramany Prennent la vie avec des baguettes


Le Bazooka de Corrèze vient de me joindre au sujet de notre affaire pendante, je veux parler du procès. Je lui propose de lui communiquer la partie du manuscrit déjà écrite.
- Ce n’est pas utile, fait-il, au téléphone.
Je suis tombé sur un multi causes, une sorte d’avocat du sans papier. Un polyavocat qui ne se préoccupe que de la forme et se fout pas mal du fond. Il défend pour défendre. Avec ce genre d’individu tout peut arriver, le meilleur comme le pire. Mais c’est mieux d’avoir assassiné son voisin que de massacrer Diderot. Le plus clair de cette histoire est que même lui ne veut pas lire mon texte !
En revanche, il ne s’oppose pas à ce que je lui communique cinq cents euros de toute urgence, c’est la seule raison de son appel. Il n’a rien d’autre à me dire, sinon un toussotement, le tabac, Bazooka, le tabac. Ah, oui, il ajoute, ce qui ne me rassure pas :
- Une provision, une simple provision. Je vous rappellerai.
Hé, là, stop ! Ne m’appelle plus, pitié. Mon amour de Diderot n’y résistera pas. Au fond, les heures et les heures que je passe avec Sophie et Denis, il va les encaisser. Je vois passer devant mes yeux un voile de fumée tandis que m’environnent des notes parfumées d’acajou et des relents salés des Caraïbes. J’ai le sentiment d’être le gros pourvoyeur de Punch et de Cohiba. Diderot et moi sommes en train de devenir les mécènes du Bazooka de Corrèze et par ricochet de Fidel Castro et de l’économie cubaine, voilà une conséquence inimaginable de mon travail.
Je vais bientôt m’arrêter. Je suis épuisé de ma longue familiarité avec Diderot, j’ai l’impression de lui voler son intimité. Il me semble être planqué derrière un arbre ou avoir escaladé une grille afin de récupérer une image insolite de lui, ou grivoise, en tout cas monnayable. Je suis son paparazzi de plume. Je le vole. D’ailleurs je suis confus de le mêler à ça. Utiliser une étoile de la littérature, saisir un mot de lui, une expression, pour parler de moi, quel gâchis ! Et puis je dois faire trop d’efforts, il est trop grand pour moi, j’ai l’impression de vouloir faire l’amour à une statue. Femme de bronze, à poil sur ton socle, je te veux, je te désire. Me voici tout petit, à tes pieds, me haussant sur la pointe des miens, mes bras tendus atteignant à peine le pli de tes genoux, la langue tirée, suant, soufflant, si loin de tes sphères convoitées, si hautes pour moi, si désirables et si inaccessibles. Si c’est du Maillol, ça va encore, si je dois forniquer avec une femme de Giacometti, l’affaire risque d’être plus douloureuse ! Mon livre ne tient plus qu’à un fil, je parle pour l’instant des Lettres à Sophie Volland, il est déchiqueté, transporté par tous temps et toutes conditions, dans le panier de mon vélo, sur la plage arrière de ma voiture, dans ma poche, ayant connu toutes les promiscuités, même les alimentaires, toujours à mes côtés, lu au lit, au bureau, en pleine nature, en mangeant, en courant, en dormant, il n’a pas tenu le coup, son arête dorsale a lâché, il se dépenaille. Quelques feuilles ont recouvré la liberté, je puis encore m’assurer de leur attachement en confiant à leurs voisines le soin de les emprisonner, elles dépassent de la tranche et lui font comme des franges à un tapis, le papier jauni est velouté par l’âge et mes manipulations, c’est un papier qui a la texture d’un dessous, chaud, soyeux, prometteur, il ne glisse pas, il caresse la main, il ne se feuillette pas, il se pince, se soulève, s’écarte.
Je crains le pire si je continue !
Je puis tout de même me permettre une observation, la raison d’être de la matière d’un livre et de son enveloppe est celle d’un dessous, c’est à dire un barrage et une invite. Ne tente que ce qui est protégé. Une image me glace, celle de ce livre gisant ouvert au milieu d’une place déserte auquel le vent arrache une à une des feuilles qui s’envolent et disparaissent, passe un balayeur municipal, traînant derrière lui une poubelle, d’un geste mécanique, il y jette le squelette démembré qui va finir sa vie en compagnie de feuilles mortes, de chewing-gum, de bouteilles de bière et de merdes de chiens. Un cauchemar ! Je rêve au contraire de livres suspendus dans les rues comme du linge aux fenêtres, en levant les yeux, je vois osciller Balzac, ou Stendhal, ou Dante, ou Dickens, ou Conrad et jusqu’à la portée ultime de mes regards, au long des rues, de toutes les rues, des écrivains se balancent et m’invitent à les suivre. Partout on pavoise pour célébrer le triomphe du livre, une parade comme une pluie de papier dans Broadway, riche de toute la diversité et de toutes les langues du monde.
Aujourd’hui mon livre possède la beauté fragile et ridée d’une petite vieille, je n’ose plus le toucher, il a besoin de repos sur une étagère de bibliothèque, d’ailleurs une place l’attend, je la lui ai préparée entre les Confessions et Zadig. Puis viendra le temps de la reliure au couvent sainte Scholastique à Dourgne, chez des Bénédictines. Dans leur atelier, j’ai fait relier les six tomes du Briand de Suarez que l’on a fusillé à la libération, pas Briand, Suarez, pas André Suarès, le condottiere, Georges Suarez, le pacifiste. J’ai aussi fait relier le manuscrit d’un ouvrage remarquable par le Dr Ayrolles Carnets de route d’un médecin pendant la grande guerre. Pour Aristide les religieuses n’ont pas trop renâclé, elles auraient pu nous en vouloir, à moi et à Aristide, (mon prochain livre s’appellera Moi et Aristide) car en 1905, il a épousseté l’Eglise, lors de sa séparation forcée avec l’état. Elles ont bon esprit, elles préfèrent tout oublier et pardonner. Et puis il a plutôt bien réussi, Aristide, tout en séduction, en chatoiement, c’est un goguenard habile, supérieurement doué pour la politique, la négociation, la parole et le cul. Sous des dehors crasseux de clavier d’ordinateur négligé, le violoncelle, on l’appelait ainsi, soulevait l’enthousiasme dans les hémicycles : « Arrière les canons, les mitrailleuses, arrière… », doté de ce talent si rare, l’intelligence nonchalante, il ne sait rien mais il comprend tout, disait de lui Berthelot, le secrétaire général inamovible des Affaires étrangères durant l’entre-deux guerres, qui servait en revanche à un Raymond Poincaré, il sait tout mais il ne comprend rien, Aristide Briand était plus séduisant que Mitterrand, plus tortueux aussi mais plus souple et plus drôle, le genre, tu le rencontres en te promenant avec ta femme, tu lui serres la main, hop ! tu es déjà cocu, enfin je ne sais pas trop et puis je m’égare.
Diderot, comme moi, ressent soudain une forme de désillusion :
Naître dans l’imbécillité, au milieu de la douleur et des cris ; être le jouet de l’ignorance, de l’erreur, du besoin, des maladies, de la méchanceté et des passions ; retourner pas à pas à l’imbécillité, du moment où l’on balbutie jusqu’au moment où l’on radote, vivre parmi des fripons et des charlatans de toute espèce ; s’éteindre entre un homme qui vous tâte le pouls et un autre qui vous trouble la tête, ne savoir d’où l’on vient, pourquoi l’on est venu, où l’on va : voilà ce qu’on appelle le présent le plus important de nos parents et de la nature, la vie.
Il éprouve tout à coup la crise du pourquoi, la question que se posent sans cesse tous les humains et qu’ils n’arrivent pas à exprimer avec autant d’élégance, eux disent : À quoi bon ! Putain de vie !
Je vais rester encore un peu avec Denis, je ne peux pas le quitter sur un pessimisme qui ne lui ressemble pas. Quelle belle envolée ! Au regard de la brièveté de la vie, ces verbes placés en début de phrase lui donnent vitesse et accélération. Vivre dans la précipitation avec comme unique perspective, disparaître : merci du voyage ! Ce n’est pas que la mort soit détestable, c’est qu’elle est ridicule, qu’elle rend toute chose vaine, ce n’est pas non plus un constat d’échec c’est seulement la preuve de l’impéritie du temps. Léon Bloy, le terrifiant Bloy, a prononcé une parole de ce genre : la vie, une effroyable translation de l’utérus au sépulcre, pourtant lui est un croyant, et même un croyantissime, il penche pour la vie éternelle et dans sa vision des choses, la vie a une justification, elle prépare le ciel. Il a une excuse Léon, c’est l’écriture, il éructe pour écrire, il n’aurait pas de si belles colères s’il ne savait pas qu’il devait les écrire. Au fond la phrase écrite pourrait être l’archétype de la vie, d’une vie plus exaltante, elle a un sens, ou pas de sens, ou de multiples sens, elle possède un corps, une forme, un équilibre interne, une apparence, elle a une fonction, elle n’est jamais seule, elle s’insère dans la vie sociale d’un texte, elle jouit d’une dynamique, elle bouge, émeut, révolte, réconforte, elle peut être hors normes, incorrecte (comme celle-ci sans doute), toutes choses dont notre vie est pourvue, elle diffère par celles-ci, elle n’est pas le résultat d’un hasard, d’un besoin sexuel bestial, d’un viol, encore moins de l’amour, elle est enfantée par un art, elle s’installe dans la durée, s’extraie des contingences et nul ne dispose à sa place de son temps. Voilà ce que devrait être la vie.
Basta ! À quoi bon réfléchir sur elle, la changera-t-on?
Diderot se refait vite. Il ressuscite par l’écriture. Un mot trouvé, une expression, une belle phrase, une idée qui gicle et le soleil se remet à luire. Alors l’extérieur prend à nouveau des teintes vives. Le monde ne transforme pas l’écriture, l’écriture est la palette du monde.

J’aime

Voir les épisodes précédents:

CONFRONTATION AVEC LE DROIT (Une visite d'huissier) par l'écrivain Henri Lhéritier

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/07/confrontation-avec-le-droit-une-visite-d-huissier-par-l-ecrivain-henri-lheritier.html

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/08/confrontation-avec-le-droit-2eme-episode-pat-l-ecrivain-henri-lheritier.html

CONFRONTATION AVEC LE DROIT 3ème épisode. MAÎTRE PUNCH par l'écrivain Henri Lhéritier

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/08/confrontation-avec-le-droit-3eme-episode-maitre-punch-par-l-ecrivain-henri-lheritier.html

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 12:25
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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 11:42
Le tarot de Marseille
Le tarot de Marseille

L'archipel contre-attaque ouvre ses pages à l'artiste Ben Gross pour un suivi sur son second travail sur le tarot de Marseille. Ce n'est pas un travail divinatoire, mais une recherche pictural sur l'un des plus classique tarot divinatoire, les cartes ne seront pas publiées dans l'ordre chronologique, mais dans leur ordre de création par le peintre, ainsi le numéro 1, c'est le 7

Arcana Major Revisited : Episode 1

VII • LE CHARIOT

encre de Chine et gouache sur 320g papier aquarelle

30 x 15 cm

8-9 juillet 2014

La première lame que je tire de mon jeu de référence, le Tarot de Marseille de Jodorowsky & Camoin, c'est Le Chariot, qui porte le chiffre 7. Une symbolique énergisante, un véhicule, "on the road again" ... Je venais de terminer les toiles de mon premier jeu des 22 Arcana Major, avec la contestation que je n'avais que commencé à comprendre son langage. Pour s'approprier de chaque lame dans ses multiples angles, Jodorowsky les a portées avec lui partout pendant des jours, une par une. Je décide de les refaire, recopier, reproduire tel un musicien réinterprètera une chanson folk pour l'apprendre. C'est une étude, je m'impose une rigueur sobre ni de rajouter ni d'enlever de détails, contrairement aux envols Chagallesque de mon premier jeu. Chaque lame nécessite entre 15-20 heures de travail, tracer les traits en encre de chine, lavis successifs de peinture gouache et un médium de glacis ... Par la même discipline, je m'apprends la patience de l'illustrateur.

Le Chariot a bien démarré, propice pour les 21 cartes qui m'attendent. J'ai vite rencontré quelques soucis de proportions, révélant une tenace résistance à la symétrie dans la carte d'origine. D'abord, tout semble en équilibre, équi-proportionel - et la distribution des couleurs semble naïf, aléatoire. Mais les clés de ce langage visuel du Tarot sont dans ces détails, les traits, les vides. Les anomalies sont là pour se faire remarquer.

En tant que première carte tirée et exécutée pour ce projet de lecture narrative, Le Chariot sera quelque part le protagoniste qui conduira sur le chemin de l'inconnu, ainsi il s'associe avec Le Mat. Je n'ai pas posé de question spécifique aux cartes par rapport l'ordre de tirage, mais je suppose et j'espère que cela révèlera des cadences de la nature même du Tarot, en se débarrassant du bruit farfelu que l'on impose sur les lames. Je les aperçois comme un miroir du présent, donc peut-être le fait de les mettre face à eux-mêmes créera un mis-en-abîme de symboles à l'infini.

Les lames vont apparaître dans l'ordre de l'exécution, accompagnées par le journal de bord avec quelques observations techniques, narratives, numérologiques etc.

Jusqu'en octobre (si je respecte bien la date limite que je m'impose), je vous invite à m'accompagner sur le chemin du Chariot, en suivant ce blog, ou sur

http://benjosephgross.net/new-study-tarot-de-marseille

(page secrète : Password "FOOL" en majuscules)

https://www.facebook.com/bengrossart

Voir aussi:

Les 22 arcanes majeurs du tarot en tableau! interview du peintre Ben J Gross, son mécène Estéve Valenti par Nicolas Caudeville

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/05/les-22-arcanes-majeurs-du-tarot-en-tableau-interview-du-peintre-ben-j-gross-son-mecene-esteve-valenti-par-nicolas-caudeville.html

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 13:22
Chantal Gombert dans les salons du resto l'appart
Chantal Gombert dans les salons du resto l'appart

Chantal Gombert est maire du quartier ouest de Perpignan UDI

Perpignan est divisée en 5 secteur : Nord, Est, Sud ,Centre Ancien et Ouest Nouveau découpage;
donc, avec 5 Maires de Quartier , à l’image des arrondissements des grandes villes (délégation importante et transversale touchant tous les secteurs)
Le territoire de l'Ouest est assez étendu :
Gare, Saint Assiscle, Parc DUCUP, Saint Charles, Mailliolles, Saint
Martin, Pascot

Elle revendique des actions déjà faites en 3 mois et d'autres en cours au citoyen de voir l'accomplissement le site ne s'engageant que sur ses propres propos

=) projet d'harmonisation du stationnement dans le quartier gare (horodateurs sur certaines zones à 1 € la 1/2 journée, et une vignette pour les habitants à 12 € par mois permettant de se garer non stop n'importe où dans le quartier)
ceci )à la demande des associations du quartier (commerçants et riverains)
=)lien entre le Nord et le Sud avec un passerelle ( prés de Vicente) en aménagement celle du pont de chemin de fer
=) sécurisation du passage piéton et vélo sous terrain, du Serrat d'en vaquer,
=) projet de l'avenue Dalbiez,
=) jardins familiaux.....
projets d'animation:
=) DALI 2015
=) antiquaires , brocanteurs et bouquinistes, jeux d'enfants, chasse au trésor, et divers stands de produits locaux le 13 SEPTEMBRE prochain, avec une manifestation intitulée "L AUTOMNE DES ANTIQUAIRES ", l'avenue de la gare devient une rambla piétonne
=) marché de produits du terroir, et de saisons bientôt au printemps place de Belgique
=) solidarité et musique au Parc DUCUP dans la nouvelle chapelle Jean Paul II
investissement citoyen :
=) futur conseil de quartier
=) visite bi mensuelle avec les référents des services techniques (voirie, propreté, espace verts, police municipale, aménagement du territoire....)
=) de même chaque mois, rencontre avec les acteurs citoyens de terrain : association de commerçants , association de quartier , comité d'animation, collectif de riverains, déjà fait sur Gare et sur Maillolles
mes principes :
=) l'intelligence est collective
=) la richesse c'est l'autre
=) travailler en bon entente avec les services
=) la diversité est très importante ,et ce territoire de l'ouest en est l'exemple
=) être proche des gens,faire beaucoup de terrain =) avec un crédo : la citoyenneté
un constat :
état de décomposition du paysage politique en France
donc ,se tourner vers l'avenir citoyen !

Voir aussi:

Interview de Chantal Gombert par Nicolas Caudeville

http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-interview-de-chantal-gombert-par-nicolas-caudeville-43403088.html

Interview plus ancienne de Chantal Gombert par Nicolas Caudeville

http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-interview-de-chantal-gombert-37317152.html

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 15:13
à la terrasse du Bars Cassanyes chez Gilles
à la terrasse du Bars Cassanyes chez Gilles

Nicolas Daubanes est artiste contemporain et enseignant aux beaux de Perpignan dont il est issu. Avec son interview , c'est le moyen de se réinterroger sur l'art et à l'art de réinterroger le monde. Voilà comment Nicolas Daubanes présente son travail (voir texte ci-dessus) et comment il répond à nos questions dans la vidéo (voir aussi son site http://www.nicolasdaubanes.com/)
"J’investis des questions essentielles : la vie, la mort, la condition humaine et les formes sociales qui les façonnent. Dans mes derniers travaux, la vitesse, la fragilité, la porosité, l’aspect fantomal des images et des matières, transmettent la pression du passé au croisement de ce qui va advenir. Mon travail s’inscrit dans la durée, il dessine un chemin. De mes premières réalisations à celles d’aujourd’hui une évolution certaine s’est formée, une trajectoire qui tend vers la recherche de la liberté, du dégagement de la contrainte. Je tâche d’expérimenter l’intensité et la rigueur, je joue avec le danger, mental, visuel, physique, pour renforcer l’énergie créatrice et en transmettre la force. Je suis conduit par mon histoire, mes propres questions existentielles et par le choix d’une adéquation permanente et subtile entre forme et contenu.

Par exemple : le silicone, celui-là même qui habituellement est utilisé pour restaurer les bâtiments patrimoniaux, transposé, permet de créer un nouvel espace qui induit visuellement la disparition du mur d’origine et suggère une possible échappatoire (Série des Membranes). De cette façon, mue et peau s’introduisent dans mon propos. La limaille de fer, utilisée dans les dessins, renvoie aux barreaux des prisons, mais aussi aux limes qui permettent l’évasion. Cette matière fine et dangereuse pour l’œil se dépose par aimantation tandis que le moindre souffle peut faire disparaitre le dessin. Ce qui apparaît est fragile, il faut en prendre soin et savoir que tout est éphémère. Le béton chargé de sucre, inspiré du geste vain des résistants pendant la seconde guerre mondiale, corrobore le caractère fugitif, temporaire des objets produits dans mon travail.

Il s’agit de voir avant la chute, avant la ruine, l’élan vital.

Les titres, les matériaux, les formes, les images, les sensations physiques et optiques, tous les éléments du vocabulaire plastique s’allient pour composer l’œuvre et conduire son approche au plus près du cheminement mental qui a permis son émergence.
"J’investis des questions essentielles : la vie, la mort, la condition humaine et les formes sociales qui les façonnent. Dans mes derniers travaux, la vitesse, la fragilité, la porosité, l’aspect fantomal des images et des matières, transmettent la pression du passé au croisement de ce qui va advenir. Mon travail s’inscrit dans la durée, il dessine un chemin. De mes premières réalisations à celles d’aujourd’hui une évolution certaine s’est formée, une trajectoire qui tend vers la recherche de la liberté, du dégagement de la contrainte. Je tâche d’expérimenter l’intensité et la rigueur, je joue avec le danger, mental, visuel, physique, pour renforcer l’énergie créatrice et en transmettre la force. Je suis conduit par mon histoire, mes propres questions existentielles et par le choix d’une adéquation permanente et subtile entre forme et contenu.

Par exemple : le silicone, celui-là même qui habituellement est utilisé pour restaurer les bâtiments patrimoniaux, transposé, permet de créer un nouvel espace qui induit visuellement la disparition du mur d’origine et suggère une possible échappatoire (Série des Membranes). De cette façon, mue et peau s’introduisent dans mon propos. La limaille de fer, utilisée dans les dessins, renvoie aux barreaux des prisons, mais aussi aux limes qui permettent l’évasion. Cette matière fine et dangereuse pour l’œil se dépose par aimantation tandis que le moindre souffle peut faire disparaitre le dessin. Ce qui apparaît est fragile, il faut en prendre soin et savoir que tout est éphémère. Le béton chargé de sucre, inspiré du geste vain des résistants pendant la seconde guerre mondiale, corrobore le caractère fugitif, temporaire des objets produits dans mon travail.

Il s’agit de voir avant la chute, avant la ruine, l’élan vital.

Les titres, les matériaux, les formes, les images, les sensations physiques et optiques, tous les éléments du vocabulaire plastique s’allient pour composer l’œuvre et conduire son approche au plus près du cheminement mental qui a permis son émergence."

Voir aussi:

Perpignan:Michel Pinell, adjoint à la culture répond à l'archipel contre attaque! interview par Nicolas Caudeville

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/07/perpignan-michel-pinell-adjoint-a-la-culture-repond-a-l-archipel-contre-attaque-interview-par-nicolas-caudeville.html

Perpignan: Jordi Vidal le directeur de la culture démissionne interview par Nicolas Caudeville

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/07/perpignan-jordi-vidal-le-directeur-de-la-culture-demissionne-interview-par-nicolas-caudeville.html

 photos de ma dernière exposition personnelle, au LAC à Sigean. Le photographe c'est : Yohann Gozard/ Avec le dessinateur de BD Philippe Bringel
 photos de ma dernière exposition personnelle, au LAC à Sigean. Le photographe c'est : Yohann Gozard/ Avec le dessinateur de BD Philippe Bringel
 photos de ma dernière exposition personnelle, au LAC à Sigean. Le photographe c'est : Yohann Gozard/ Avec le dessinateur de BD Philippe Bringel
 photos de ma dernière exposition personnelle, au LAC à Sigean. Le photographe c'est : Yohann Gozard/ Avec le dessinateur de BD Philippe Bringel
 photos de ma dernière exposition personnelle, au LAC à Sigean. Le photographe c'est : Yohann Gozard/ Avec le dessinateur de BD Philippe Bringel
 photos de ma dernière exposition personnelle, au LAC à Sigean. Le photographe c'est : Yohann Gozard/ Avec le dessinateur de BD Philippe Bringel

photos de ma dernière exposition personnelle, au LAC à Sigean. Le photographe c'est : Yohann Gozard/ Avec le dessinateur de BD Philippe Bringel

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 09:59
Henri Lhéritier, ne reconnait plus personne
Henri Lhéritier, ne reconnait plus personne


Mon avocat n’a jamais lu un livre de sa vie, son bureau est lisse comme une patinoire olympique. Il est le mieux placé pour me défendre. Justice et littérature ne font pas bon ménage.
Il siège dans un immeuble cossu, à plaques de cuivre, en bas du boulevard Jean Bourrat à Perpignan. Je m’y rends. Il est avocat d’assises, enfin c’est ce qu’il dit, il est connu également dans le monde des voleurs de poules, surtout par les poules, de luxe. Si les huissiers n’ont pas encore découvert l’oralité, lui c’est l’écrit qu’il néglige avec splendeur. Il a disposé un gros Montblanc, un 149, sur son bureau, il lui sert seulement de bijou, lorsqu’il le roule entre ses mains, il met en valeur sa chevalière. Sa peau est en voie de carbonisation, un grand aplat à la couleur de chair de thon rouge se répand sur ses joues et sur une partie de son front, celle qui n’est pas embarrassée par une chevelure poivre et sel, à raie excessivement géométrique. Du cigare aux pompes, il est l’archétype de l’avocat bien établi, ses chaussures luisent comme des comètes, il fume un Esplendidos de Cohiba après chaque repas, dit-il, et un Punch-Punch de Punch entre les repas, il s’intéresse à la peinture et les murs de son bureau sont revêtus d’ignobles toiles représentant des paysages. On entend en sourdine les suites pour violoncelle de Bach et parfois du clavecin que le maître (je ne parle pas de Bach, Jean Sébastien n’est qu’aux manettes) tempère en tapant de son doigt sur son bureau.
Il s’adosse à son fauteuil, le fait pivoter, me fixe, lâche un cubano-nimbus et se lance dans une évaluation des forces en présence :
- Mon confrère est un con. Je l’ai récemment aplati dans une affaire d’abus de biens sociaux. Avec Diderot, je vais le laminer.
Je me sens petit, il m’a installé en face de lui, dans un pouf au cuir glissant, assez bas de cul. Les mains crispées sur les accoudoirs, j’ai un effet de contre plongée qui rend le maître immense. Je suis une sorte de nain de jardin suçant les orteils de la statue de La Liberté. Sa splendeur m’impressionne, mes fringues Gémo sont soudain difficiles à porter, ils me semble que pendent encore dans mon dos, phosphorescentes, les étiquettes promotionnelles, tambourinant les prix ridicules de mes vêtements et leur composition chimique, dans ces circonstances je regrette mes ricanements à l’énoncé des noms d’Armani, de Calvin Klein ou d’Hugo Boss.
Son confrère est-il un con ? Je n’en sais rien. Je sais seulement que lui, mon avocat, jouit d’une grande réputation urbi et orbi, qu’il n’a pas gagnée au prétoire mais dans les repas mondains. Entre deux ronds de fumée, au moment des îles flottantes, il est capable de citer de mémoire, comme tout bon vieux gaulliste bovin, l’inénarrable discours d’André Malraux prononcé, il y a un siècle ou deux, lors de l’entrée au Panthéon de Jean Moulin, mort.
Ne fréquentant pas le monde, je ne l’ai jamais vu dans cet exercice, on m’a rapporté que les types crachent dans leur verre, se mouchent dans leur serviette, touchent, sous la table, la cuisse de leur voisine qui en font pipi à la culotte, de la sueur glacée ruisselle entre les seins décolletés de la maîtresse de maison, les ronds de fumée s’emberlificotent autour des lustres, les îles s’engloutissent quand le maître se met à clamer d’une voix malrauesque, en fixant tour à tour les invités avec des roulements d’yeux théâtraux :

" Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortège, avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé…L’hommage d’aujourd’hui n’appelle que le chant qui va s’élever maintenant, ce chant des partisans que j’ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d’Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundsted lancé de nouveau contre Strasbourg…C’est la marche funèbre des cendres que voici… »

Il y a gagné le surnom du « Bazooka de Corrèze ».
Il le porte bien.
Nous allons atomiser Les amis de Diderot, me dit le Bazooka de Corrèze, dans une symphonie de tics à la Malraux, croyez-moi, le palais de justice de Perpignan n’aura jamais été le théâtre d’un tel carnage, le monde, ahuri, retiendra son souffle.
Il roule des yeux:
- Diderot, je connais, vous pensez bien.
Il ajoute :
- Je dois vous remercier, je n’ai pas d’aussi belles causes à défendre tous les jours.
Il tapote son sous-main Hermès, se lève de temps en temps pour se placer devant la grande baie vitrée, ses Crockett Jones resplendissent et émettent un léger chuintement sur le tapis, il écarte le rideau, observe le mouvement des voitures lancées sur le boulevard, les enfants qui courent de l’autre côté, sous les arbres du square, prononce quelques phrases à vocation historique, revient à son bureau lentement, les mains dans le dos, se rassoit, fait évoluer le Montblanc, lâche du Punch-Punch gazeux, fait des yeux rieurs de satisfaction et de plénitude. Jean-Sébastien dans son bureau et maintenant Diderot dans ses affaires le parent d’un vernis culturel dont il joue à la perfection, sa voix sonne comme un violoncelle.
Ce type est fantastique, il parle de Diderot comme d’un copain de régiment. Il m’épate, il n’a pas l’ombre d’un sentiment d’infériorité ou d’admiration vis-à-vis de l’écrivain, c’est formidable, il est son égal. Lorsque je lui propose de lui passer quelques livres de Diderot, il fait : bah, bah, bah…on verra. Il possède une confiance absolue dans son don du verbe, son ignorance crasse de la littérature le rend invulnérable. Oui, oui, je ne suis pas en train de faire des phrases, je sais ce que je dis, la littérature fragilise, devant la vie tout lecteur est désarmé, il offre la résistance d’une biscotte lyophilisée, il sait, il connaît, il exulte, il ressent, mais il n’agit plus, tout juste s’il est capable de se froisser ou d’être déchiré. Comme du papier. Je comprends aussi ceci : toute réussite sociale passe par l’ignorance absolue de quelque chose, par le piétinement conscient ou inconscient d’un savoir. Le type que j’ai en face de moi porte son ignorance comme une toge de sénateur, sa splendide méconnaissance de Diderot le rendra célèbre. Seuls les reniements nous rendent forts.
De deux choses l’une, avec le Bazooka de Corrèze nous nous préparons à un triomphe avec capitulation sans conditions de l’université ou à une rigolade générale grâce à laquelle le monde judiciaire se tiendra les côtes pendant des décennies.
Le procès des lumières !
Bon, je m’arrête. On verra la suite. La justice est lente.
Si mon livre paraît, on saura ce qu’il en est, sinon le journal en parlera, à la rubrique faits divers.
Revenons à la réalité. Qu’y a-t-il de plus réel que la littérature? Le présent est un amalgame composite de couches de passé et de futur, la littérature, quant à elle, fait partie du domaine intégral du maintenant, elle est une fulgurance pérenne du présent et ce qui dure est réel. Deux cent cinquante ans me séparent de Diderot, j’ai pourtant le sentiment de le toucher. Quoi d’anormal ? Chaque seconde de ce que je lis est plus dense qu’une journée de ce que je vis.

Voir les épisodes précédents:

CONFRONTATION AVEC LE DROIT (Une visite d'huissier) par l'écrivain Henri Lhéritier

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/07/confrontation-avec-le-droit-une-visite-d-huissier-par-l-ecrivain-henri-lheritier.html

CONFRONTATION AVEC LE DROIT (2ème épisode) par l'écrivain Henri Lhéritier

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/08/confrontation-avec-le-droit-2eme-episode-pat-l-ecrivain-henri-lheritier.html

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 14:09
Gare au G.A.R.I :ou comment organiser le rapt d'un banquier! interview Nicolas Réglat par Nicolas Caudeville

Première Catalane pour ¡ GARI ! Un film de Nicolas Réglat (2012) PERPIGNAN

16 janvier 2014 dernier à Perpignan

Espagne, septembre 1973. Cinq membres du M.I.L. (Mouvement Ibérique de Libération) risquent d’être condamnés à mort par la justice franquiste. En France, plusieurs groupes d’activistes décident alors d’unir leurs forces dans un réseau appelé G.A.R.I (Groupes d’Action Révolutionnaire Internationalistes). Ce film retrace une histoire incroyable racontée par ses "acteurs" qui ne cuisinent pas que du lapin !

Le film n'a été encore vu que dans les réseaux militants, ceci dit il mérite le coup d’œil, il porte regard sur jusqu'au on peut aller par engagement militant, quels moyens ont peut employer. Le regard actuel de la société "bourgeoise" , son rapport aux mots, et sa manière de trouver "vulgaires" certains moyens comme la violence, lorsque ce n'est pas elle qui en a le monopole (Comme si l'agneau de la fable de Lafontaine mettait sa race au loup)

Entretien avec Nicolas Réglat (fils de Gari) sous la caméra complice de Stéphane Goxe , et ensuite regardez ce que la bande énonce!

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 14:21
CONFRONTATION AVEC LE DROIT (2ème épisode) par l'écrivain Henri Lhéritier

Quelques jours plus tard le journal local publie une tribune, intitulée Diderot bafoué. Ce n’est pas si souvent que de tels sujets parviennent à se glisser entre les publicités légales, les résultats du foot, et les prévarications diverses d’élus pris la main dans le sac, qui font confiance à la justice de leur pays et qui se moquent de Diderot comme de leur première chemise. Qui ? disent-ils.
Je me précipite sur l’article, louant le hasard et la rédaction du journal qui me mettent en présence d’un écrivain que je suis en train de fréquenter avec passion. Il émane d’une association Les amis de Diderot qui, en liminaire, fait part de sa légitimité, de son ancienneté et de sa qualité.
Elle est en majorité composée d’universitaires aux publications savantes et abondantes. Le rédacteur expose la méthode qui préside aux travaux de ces érudits, respect des textes, recherche documentaire, filiation historique, littéraire et philosophique, ouvrages collectifs où pas un poil ne dépasse qu’il oppose aux élucubrations d’un autodidacte farfelu.
Illumination soudaine ! Je suis l’autodidacte farfelu. Qu’est-ce qu’on me veut ? Comment me connaissent-ils ?
Ces types, Les amis de Diderot, ont eu mon manuscrit entre les mains et m’éreintent. Je me souviens en effet d’avoir communiqué une partie de mon travail à des connaissances, sans doute dans l’espoir de m’entendre dire qu’il n’est pas si mauvais que je le pense. Un extrait avait été édité. L’heure est à la mobilisation. Ce quarteron d’universitaires cultive le jardin du siècle des lumières, ils s’y baladent, ils ne souffrent pas qu’un lecteur de quatre sous, issu de rien, les pieds glaiseux, cabotine avec leurs icônes, les Voltaire, Rousseau et autres Diderot leur appartiennent. Ils sont coulés dans le bronze et on ne fond le bronze que pour faire des canons. Mon texte est décousu, ahurissant d’amateurisme, plein de théories fantasques et je me montre d’une vanité inouïe en m’insérant, comme si j’étais un des leurs, dans les pages inoubliables des plus beaux auteurs de la littérature française. J’ai une nature virale, j’infecte ce que je touche et quand bien même ce serait pour rire, on ne s’amuse pas avec la littérature surtout celle du XVIIIème siècle. Ils sauront trouver le vaccin, qu’on leur fasse confiance.
Le grief le plus important de ce crime de lèse majesté arrive en fin d’article : après tout je ne suis qu’un vigneron, quel ridicule ! qui se mêle de donner un avis sur la littérature et sur Diderot, un de ses phares, quitte à caricaturer pourquoi ne le fais-je pas avec mes vins, comme tant d’autres (sur ce point, je donne raison aux Amis de Diderot, des œnophiles distingués, ces types !) en les charpentant à l’extrême, en les boisant, en les gonflant à la syrah surconcentrée, ou au merlot congestionné, en les dénaturant, au point qu’ils sentent le pneu et la crotte de bique et d’ailleurs que penserais-je, moi-même, si eux se mêlaient de produire du vin (je pourrais leur répondre qu’il ne manque pas d’universitaires, d’avocats, de notaires, de médecins, d’artistes qui se mêlent d’en faire, pour le plaisir eux, non pour en vivre bien entendu, quelle horreur ! pour briller en société et inscrire leur nom sur une étiquette, alors pour quelles raisons ne pourrais-je pas m’intéresser à la littérature, pour le plaisir, moi aussi). Dans une dernière envolée journalistique j’apprends qu’ils vont utiliser tous les moyens légaux pour que mon texte ne paraisse pas. Désormais, disent-ils, ce sera à la justice de régler ce problème.
Et paf ! Censuré, comme un Encyclopédiste !
Je commence à ascendere, je m’en doutais un peu, dans l’intimité de Diderot, on ne peut que monter.
Abasourdi, je replie le journal. Lorsqu’on replie un journal avec de la colère résiduelle, il se replie mal, c’est à dire qu’il ne se plie pas à l’endroit où il doit se plier, ou plutôt il forme des plis à l’endroit où il n’y en avait pas et le papier ne sait plus sur quel pli danser. Le journal se transforme en une exaspérante boule, de la main, on essaie de le repasser, de supprimer les froissements, de reconstituer les plis d’origine, inutile, c’est foutu, il perd sa configuration de journal et même celle de papier, il effectue un retour en arrière moléculaire, il revient à son identité primitive de chiffon et de pâte à papier, il faut immédiatement le jeter, sinon on y perd son sang-froid. On le perd quand même car dans l’état où il se trouve, il refuse d’entrer dans une poubelle d’une manière normale, et il faut encore le presser, le tasser du pied au risque de s’amalgamer soi-même avec les détritus. C’est terrible !
Je parviens à m’en débarrasser.
Me souvenant de l’accipitriforme, je me jette sur le coiffeur (le meuble) et retrouve, sous l’enfouissement, le document sur lequel je n’avais pas daigné jeter un œil, l’imaginant identique à de nombreux autres, sédimentés, forclos et néanmoins continûment redoutables, gonflés de frais supplémentaires au taux légal que la signification suivante, par huissier inopiné, reprendra pile poil dans une addition logique et toujours provisoire, car les intérêts de l’argent, n’est-ce pas, jouissent d’une grande autonomie, ils sont animés d’une vie intérieure fort trépidante qu’il serait vain de vouloir fixer, ne seraient-ce que quelques secondes, dans celui-ci, on ne me réclame pas d’argent, on m’avise que je suis assigné devant le tribunal d’instance. Comme tous ceux qui ont mauvaise conscience, Les amis de Diderot proclament faire confiance à la justice de leur pays. Moi dont la confiance est plus limitée, aussi bien dans la justice que dans le pays, je devrai m’expliquer à la barre.
Voila qui va transformer ma relation avec Denis, je l’aimais, désormais il faut que je me batte pour lui. Pour de vrai.
Après tout, je puis être fier, on s’intéresse d’ordinaire si peu à ce que je fais et, ô miracle, plus de deux siècles après sa mort, Diderot a besoin de moi. Si ce n’est pas une reconnaissance de mon existence intellectuelle, qu’est-ce donc ? Courage Denis, on les aura !

Voir aussi:

CONFRONTATION AVEC LE DROIT (Une visite d'huissier) par l'écrivain Henri Lhéritier

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/07/confrontation-avec-le-droit-une-visite-d-huissier-par-l-ecrivain-henri-lheritier.html

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 16:17
Fin de partie au marché Cassanyes pour le tri sélectif
Fin de partie au marché Cassanyes pour le tri sélectif

C'est dans le détail que se niche le diable! Le tri sélectif est une bonne chose en soit.Mais il y a le principe et son interprétation. A Perpignan au plus grand marché public de la ville, place Cassanyes adossé au quartier gitan de ST Jacques, on a profité des travaux pour installer des containers enterrés de tri sélectif trois couleurs.

Alors signe d'intelligence et de modernité ou coup médiatique ambiance carton pâte et village Potemkine?

Vous avez coché la case deux et vous avez gagné!

"On peut faire ce que l'on veut avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus" disait Napoléon.

Il en va de même pour le tri sélectif : il ne peut s'implanter que dans un contexte favorable.Il nécessite une éducation, une pédagogie de longue haleine.Sans quoi, on peut bien proposer quoi que ce soit, des personnes non responsabilisées feront bien ce qu'elles veulent.

Et c'est bien le cas à Cassanyes . Il y a peu de conteneurs à St Jacques, il y a donc la place Cassanyes. Mais pour les gitans le tri sélectif consiste à choisir par quelle fenêtre, ils vont jeter leurs ordures! Pour les marchands de la place, la quantité de déchets à la fin du marché . Là depuis le matin, les commerçants n'ont ni le temps, ni l'envie de faire du tri!

L'installation de ces conteneurs a coûté cher. De même que leur entretien.Il y a-t-il eu réflexion avant de se lancer ou volonté d'affichage pour de prochaine élection?

Voir aussi:

Perpignan,les marchés: derniers endroits populaires et de sociabilisation(spéciale dédicace à la place Cassanyes).par Nicolas Caudeville

http://www.larchipelcontreattaque.eu/2014/07/perpignan-cassanyes-les-marches-derniers-endroits-populaires-et-de-sociabilisation-speciale-dedicace-a-la-place-cassanyes-par-nicola

Pau un exemple de bon tri sélectif!

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 10:21
Mélenchon place Cassanyes
Mélenchon place Cassanyes

La presse ne fait pas que reprendre les propos dans les interviews: elle les interprète.Elle ne restitue pas le contexte, elle le formate. Qui est le propriétaire de la parole des médias? Ses lecteurs, ses auditeurs, ses téléspectateurs? Non, ses propriétaires et ses annonceurs. Ce qu'ils vous disent et la manière dont ils vous le disent est passé par un filtre celui de leur auto-censure et de leur dispositif ("On n'a pas le temps de faire de l'investigation, on est pas la police")

Fatima Benomar a réalisé une "petite vidéo pour décortiquer le traitement médiatique scandaleux de l'interview de Jean-Luc Mélenchon par Hexagones" http://www.hexagones.fr/#!/article/2014/07/22/je-ne-peux-pas-continuer-comme-cela (l'interview est dans sa version courte, dans sa version longue, elle dure plus d'une heure)

Née au Maroc et très empreinte de l’idéal républicain et des principes humanistes enseignés par ses parents, Fatima-Ezzahra Benomar est arrivée en France à l’âge de 17 ans. En 2005, elle milite contre l’adoption du Traité Constitutionnel Européen, puis devient membre du bureau d’Osez le Féminisme, responsable du pôle « égalité professionnelle ». Pendant la campagne présidentielle de 2012, elle a soutenu le Front de Gauche et s’est occupée des questions féministes. Convaincue qu’il n’y a pas de droits des femmes qu’on puisse appliquer ou conquérir sous le joug de l’austérité, elle cofonde l’association Les efFRONTé-e-s dans le but de combattre le sexisme et les politiques de rigueur qui font reculer les droits des femmes. Titulaire d’un bac arts plastiques et d’un diplôme en cinématographie, elle est attirée par toutes les formes de l’expression artistique et a le goût de porter ses engagements via l’écriture, le cinéma et le dessin.

Auteure d'un livre "féminisme la révolution inachevée" , elle ne pouvait que réagir à l'orchestration médiatique de la "retraite" de Jean-Luc Mélenchon!

et sinon, ben comme tout le monde, j'ai paniqué quand j'ai vu sur tous les gros médias que JLM jetait l'éponge

puis j'ai appris que ct faux, donc j'ai investigué en contactant la journaliste sur facebook

puis le rédac chef

Voir aussi:

Jean Luc Mélenchon à Perpignan: "Je ne comprend pas comment une zone frontalière peut avoir une économie faible!" interview par Nicolas Caudeville

http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-jean-luc-melenchon-a-perpignan-je-ne-comprend-pas-comment-une-zone-frontaliere-peut-avoir-une-econ-118228401.html

Polémique autour du genre: le court métrage "majorité opprimée" tourné à Perpignan, fait le buzz sur la toile avec plus de 3 millions de vue! itw par Nicolas Caudeville

http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-polemique-autour-du-genre-le-court-metrage-majorite-opprimee-tourne-a-perpignan-fait-le-buzz-sur-122520958.html

Mélenchon: sa "pseudo retraite de la politique" surjouée par les médias, expliquée par une vidéo de Fatima Benomar
Mélenchon: sa "pseudo retraite de la politique" surjouée par les médias, expliquée par une vidéo de Fatima Benomar
Mélenchon: sa "pseudo retraite de la politique" surjouée par les médias, expliquée par une vidéo de Fatima Benomar
Mélenchon: sa "pseudo retraite de la politique" surjouée par les médias, expliquée par une vidéo de Fatima Benomar
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