Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Contact

Profil

  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

Recherche

17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 19:38

Michel Cavalier : Perspective du marché de l’emplois dans le département.

Depuis peu à la retraite d’une carrière effectuée à l’ANPE, puis à la maison de l’emploi dont il fut le premier directeur, il ne prend pas le temps de goûter aux fruits délicieux du repos et bondit dans la politique aux cotés de Jean Codognès dans sa liste municipale. Dans cette interview, il nous dresse un tableau "perspective et prospective de l’emploi dans le département".

NC : Pouvez-vous nous brosser le paysage de la structure de l’emploi dans le département ?

MC : Pour être synthétique, il y a deux choses qui caractérisent le département au niveau du secteur économique des entreprises.
D’une part, on a des secteurs qui sont prédominants, comme le bâtiment, l’hôtellerie, la restauration, et tout ce qui est le service à la personne et aux entreprises, avec un secteur industriel peu développé.
Je crois qu’on traîne encore dans le département d’avoir raté l’essort industriel. Et on le paie encore cher, aussi bien du point de vue des infrastructures que du point de vue des mentalités.
Et ce qui qualifie les emplois, on est plus d’une fois sur deux sur des cas d’emplois saisonniers, de CDD, de contrat d’intérim, donc d’emplois précaires.
A un moment donné de l’année, il représente même les 3/5.
Donc, cela pèse énormément dans le comportement des agents économiques du département et dans les difficultés que le département peut connaître.
Deux choses à signaler comme caractéristique : cela crée une forte dépendance des salariés potentiels ou effectifs sur la fluctuation économique de l’activité.
Lorsqu’on a de la croissance, on a un niveau de chômage qui se réduit mais moins que la moyenne nationale, et lorsqu’il y a baisse de la croissance l’impact du chômage est beaucoup plus fort.
On le voit d’abord dans leurs derniers chiffres, l’augmentation est de 3%
lorsqu’elle est 0.4% pour l’ensemble de la France et de 2.5% pour la région.
La réactivité par rapport au contexte économique est tout à fait critique.
Le deuxième constat qu’il faut faire, c’est qu’aujourd’hui on ne voit pas au niveau des décideurs, aussi bien économiques que politiques, de perspectives qui se dégagent en matière de développement.
On reste sur la vision touristique, sans même préciser si on se réoriente sur tel ou tel segment du tourisme. Sachant que derrière, il y a des investissements nécessaires.
Egalement, on ne voit pas de projet avec des ambitions suffisantes pour tout ce qui est lié à l’environnement, aux énergies nouvelles et renouvelables.
Il existe des projets. Mais, on ne peut pas dire qu’il y ai convergence des décideurs pour amplifier ces projets, leur donner une dimension plus importante.
Et investir, parce que pour trouver la croissance de demain, c’est aujourd’hui qu’il faut s’impliquer.

NC : Quel était votre lien avec l’université ?

MC : Professionnellement, au niveau de l’ANPE j’ai été au conseil d’administration de l’université.
Au niveau de la maison de l’emploi, on a commencé à développer des relations avec les universitaires et des compétences. Ce n’est pas facile parce que l’université est un milieu à part. Qui a pris l’habitude vivre en vase clos, parce qu’il a souvent été rejeté de la part des décideurs économiques et politiques locaux.
On voit que des passerelles commencent à se mettre en place. Par exemple avec les sociologues, toute une opération d’analyse sur les quartiers, qui nous donne un matériel de réflexion, de constats qui devraient logiquement nous servir de base à une politique plus ciblée, plus pertinente, et à entrer directement dans une réalité qui se joue dans Perpignan, hors des discours, qui si on y prend garde reviendra comme un boomerang sous la forme déjà connue, comme en 2005, d’émeutes.

NC : Les décideurs politiques ou économiques venaient-ils à votre rencontre dans le cadre de la maison de l’emploi ?

MC : Disons que ce n’est pas l’habitude des politiques de prendre conseil, tous bords confondus. Il n’ y avait pas de demandes des politiques, si ce n’est d’être une annexe politique.
Par contre, je serais plus affirmatif en ce qui concerne les techniciens ou les chefs d’entreprises. En particulier avec les syndicats et les entreprises, on a commencé à mettre en place des dispositifs stables de rencontres, des manifestations à monter ensemble, avec l’hôtellerie restauration en particulier. C'est plus dur avec les chambres consulaires qui sont sur leur territoire, mais ça bouge.
Il faut que l’ensemble des partenaires économiques d’où qu’ils proviennent, prennent l’habitude de travailler en réseau au delà de leurs intérêts institutionnels pour l’intérêt général.
On doit pouvoir créer des espaces de rencontre qui ne soient pas que des grandes messes institutionnelles, avec conférence de presse et photo dans le journal à la clef.

NC : La construction de la gare TGV génère-t-elle effectivement de l’emploi local ?

MC : J’ai une expérience de quelques décennies dans le secteur de l’emploi et pas que dans le département.
En général, les grands projets et les implantations d’entreprises n’amènent jamais les résultats qu’on attend sur l’emploi local. Pour des raisons simples, la première c’est que les chantiers sont confiés à des entreprises nationales, lorsqu’elles ne sont pas internationales. Pour la plupart des postes, ils viennent avec leurs propres équipes. Ne reste donc que les miettes pour l’emploi locale.
Un autre exemple, une grande surface de librairie qui s’est implantée il y a quelques années... l’impact de la création effective d’emplois en local a été très réduit puisqu’ils sont venus avec leurs équipes. Et la destruction d’emplois impliquée dans les commerces adjacents a été supérieure, je le crains.
Partager cet article
Repost0

commentaires