"J’aime l’odeur du napalm le matin. Tu sais, une fois on a bombardé une colline, pendant douze heures. Quand tout a été terminé j’y suis allé. On n’en a trouvé aucun, pas le moindre morceau de leur corps puant. L’odeur, tu sais, cette odeur d’essence, sur toute la colline. Ça sentait… la victoire."
Citation du Colonel Kilgore dans le film Apocalypse Now de Francis Ford Coppola.
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Ça sent les élections prochaines, comme l'odeur de napalm au petit déjeuner!
Dans l’attente des Tartares : Perpignan, l’Occitanie et le kit de survie qui n’arrive jamais
Dans le grand silence des plaines, ou plutôt des contreforts pyrénéens, Perpignan veille. Comme dans *Le Désert des Tartares* de Dino Buzzati, la ville, jadis sentinelle militaire de la frontière, scrute l’horizon, attendant un ennemi qui ne vient pas – ou peut-être un kit de survie promis par l’État, censé atterrir dans nos boîtes aux lettres en octobre. On l’attend encore. Comme on attend Godot, ou les Russes, ou quelque improbable invasion qui donnerait un sens à toute cette agitation.
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, a décidé de ne pas attendre les bras croisés. Dans un élan digne des préparatifs fiévreux du fort Bastiani, elle annonce une enveloppe de 200 millions d’euros pour doter l’Occitanie d’une armure rutilante, prête à briller sous le soleil de la souveraineté européenne.
« L’Occitanie sera un acteur clé du réarmement ! », proclame-t-elle, le regard fixé sur un futur où les usines de défense ronronnent et où chaque citoyen, du berger des Cévennes à l’employé de bureau toulousain, se sentira l’âme d’un soldat. Un Fonds de 100 millions d’euros, voté lors de l’Assemblée plénière du 13 juin 2025, viendra soutenir cette croisade industrielle. Les Tartares, s’ils arrivent, trouveront à qui parler.https://www.laregion.fr/Carole-Delga-L-Occitanie-sera-un-acteur-cle-du-rearmement-et-de-la-souverainete
Pendant ce temps, à Perpignan, la signature d’une convention entre la ville et le ministère des Armées, le 26 août 2025, scelle un pacte solennel.
Louis Aliot, maire de la cité catalane, et le lieutenant-colonel Fabrice Chapuy, délégué militaire départemental, ont paraphé ce document avec la gravité de ceux qui savent que l’Histoire les observe. Objectifs ? Promouvoir l’esprit de défense, soutenir les familles des militaires, renforcer les « forces morales » – une expression qui fleure bon les romans de Buzzati, où l’attente devient une discipline spirituelle. On parle aussi d’environnement, de mémoire, de valeurs républicaines, et d’un vague comité de pilotage qui, comme une sentinelle au bord du désert, veillera à ce que tout cela ne s’effrite pas dans l’oubli.https://www.mairie-perpignan.fr/actualites/convention-de-partenariat-ville-de-perpignan-ministere-des-armees
Mais dans les rues de Perpignan, l’attente demeure. Les habitants, comme le lieutenant Drogo dans son fort, guettent le signe d’un danger ou d’une délivrance. Le kit de survie ? Repoussé à octobre, peut-être. Les Tartares ? Toujours pas là. Alors, on s’organise, on signe des conventions, on mobilise des millions, on forge des partenariats. On se prépare à tout, sauf à l’idée que, peut-être, il n’y aura rien à affronter – hormis l’interminable attente elle-même.
Et si, comme dans le roman de Buzzati, le véritable ennemi était le temps ? Perpignan et l’Occitanie, dans leur fièvre martiale, semblent prêtes à tout, sauf à répondre à cette question. En attendant, les boîtes aux lettres restent vides, et les regards se perdent dans le désert.
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