"Comme tous les grands seigneurs de cette époque, il montait à cheval et faisait des armes dans la perfection."
Alexandre Dumas
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Chapitre inédit : Où l’on voit que les Mousquetaires, pour la seconde fois, se heurtent à de plus rudes adversaires que les gardes du cardinal
Il était une fois, dans la belle et turbulente cité de Perpignan, un samedi 24 octobre de l’an de grâce 2026, à seize heures précises, où devait se dérouler une aventure digne des plus grands romans.
Le Collectif 49 701, digne héritier des prouesses de D’Artagnan, Athos, Porthos et Aramis, s’apprêtait à reprendre sa course folle à travers les rues et les places. Huit interprètes, braves comme des cadets de Gascogne, devaient entraîner le peuple au cœur des complots, des rivalités, des trahisons et des amours interdites. Le spectacle devait s’ouvrir devant l’hôtel Dali, puis s’élancer comme un torrent dans le centre-ville, transformant pavés et fontaines en théâtre à ciel ouvert.
Mais hélas ! les dieux de la culture, plus cruels encore que le cardinal de Richelieu, avaient décidé autrement.
Car voilà que des mouvements sociaux, ces fameuses grèves et manifestations que d’aucuns croyaient étouffées par de sages interdictions municipales, s’élevèrent soudain comme un orage d’été. La direction du Théâtre de l’Archipel, scène nationale de Perpignan, cet illustre établissement qui veille jalousement sur les arts, déclara d’une voix solennelle :
— Messieurs, mesdames, le spectacle est reporté ! Les rues ne sont point sûres. La culture, voyez-vous, n’a point sa place au milieu des tumultes populaires. Elle préfère attendre que le calme soit revenu, que les pavés aient cessé de gronder, et que l’ordre règne enfin.
Ainsi parla l’Archipel, dans un communiqué adressé aux spectatrices et spectateurs, ces fidèles sujets du royaume de Thalie. « La date du report sera communiquée ultérieurement », ajouta-t-il avec la majesté d’un ministre qui sait que le temps arrange toutes choses… ou du moins qu’il arrange celles qui ne dérangent point trop le pouvoir.
Oh ! ironie digne de Molière et de Dumas réunis ! Pendant que D’Artagnan et ses compagnons s’apprêtaient à combattre les intrigues de la Cour, les vraies intrigues de la rue leur barraient le chemin. Et la direction, loin de croire à la force des interdictions de manifester, préféra sagement plier bagage. Car, enfin, la culture n’a-t-elle point mieux à faire que de se mêler aux mouvements sociaux ? Elle doit rester pure, élevée, au-dessus de la mêlée, comme Athos dans sa dignité, tandis que le peuple, lui, crie et s’agite.
Les billets déjà distribués ? Qu’on se rassure : la billetterie de l’Archipel saura accueillir les valeureux porteurs de ces passeports pour l’aventure, et leur indiquer, le moment venu, la nouvelle date où les Mousquetaires pourront enfin tirer l’épée… sans craindre d’être interrompus par quelque cortège trop bruyant.
Ainsi donc, braves Perpignanais, patientons. Car, comme le disait le grand Alexandre lui-même :
« Un pour tous, tous pour… plus tard. »
Et que Dieu protège le Théâtre de l’Archipel, les Mousquetaires, et surtout cette sagesse qui sait si bien tenir la culture à l’écart des tempêtes du siècle !
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chronique d'un citoyen engage (1) - L'archipel contre-attaque !
Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel ...
https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/tag/chronique%20d%27un%20citoyen%20engage%20%281%29/
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