Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Contact

Profil

  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

Recherche

23 mai 2026 6 23 /05 /mai /2026 14:56

   " La liberté, c'est l'enfant de la classe ouvrière, née sur un grabat de misère, et de mine chétive encore, mais qui porte en soi une incomparable vitalité secrète et dont le regard de flamme appelle la liberté d'un monde nouveau."

Jean Jaurès Discours à la Chambre des députés, 4 décembre 1905 

    "Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait ! "

 Mark Twain

Il y a des moments où l’Histoire, fatiguée d’être écrite par les puissants, se laisse dicter par ceux d’en bas. À Cabestany, devant les murs blancs et froids de la Clinique Médipôle Saint-Roch, ce moment est arrivé.Pendant près d’un mois, les soignants – aides-soignantes, infirmiers, agents de service, personnels administratifs, et finalement les médecins eux-mêmes – ont tenu tête à l’une des machines les plus efficaces du capitalisme sanitaire français : le groupe Elsan.

Ils ont dit non à la logique qui transforme le soin en marchandise, le soignant en variable d’ajustement, et le patient en chiffre de rentabilité.Et ils ont gagné.

Une grève historique

Depuis le 24 avril 2026, la Clinique Médipôle vivait au rythme d’une grève reconductible d’une rare détermination. CGT et CFDT en tête, mais bien au-delà des étiquettes syndicales : une véritable mobilisation collective. Jusqu’à 60 % des salariés en grève, des piquets de nuit, des actions visibles, une Assemblée Générale après l’autre. Ce qui devait être une négociation de routine s’est transformé en bras de fer existentiel.

La direction, arc-boutée sur ses marges et ses objectifs financiers, a tenté la fermeture temporaire, les menaces, les réquisitions.

En vain. Le 21 mai, les médecins eux-mêmes ont suspendu leurs activités pour raisons de sécurité. Geste rarissime qui a paralysé totalement l’établissement. Quand même les blouses blanches, souvent plus prudentes, rejoignent le mouvement, c’est que la coupe est pleine.

La valeur d’ajustement s’est révoltée.Victoire des soignants

Lundi 25 mai, devant la clinique, l’Assemblée Générale a scellé l’issue du combat. Après vérification par l’expert-comptable et d’ultimes échanges avec la direction, le CSE a donné son accord de principe sur trois points essentiels :

le contrat d’intéressement, la clôture des NAO 2026 et le protocole de fin de conflit.

La grève s’est officiellement terminée le mardi 26 mai à 5 heures du matin.Ce n’est pas une simple reprise du travail. C’est une victoire.Victoire arrachée de haute lutte par des femmes et des hommes qui, jour après jour, portent la souffrance des autres sur leurs épaules tout en voyant leurs propres conditions se dégrader. Victoire contre la logique Elsan qui consiste à pressurer toujours plus les salariés pour satisfaire actionnaires et indicateurs boursiers.

Victoire symbolique surtout : celle du "care" contre la finance.

Cette mobilisation d’un mois restera dans les mémoires locales comme l’une des plus belles pages de lutte sociale récente dans les Pyrénées-Orientales. Elle fait écho à la grève victorieuse de la Clinique Saint-Pierre de Perpignan, quelques jours plus tôt.

Deux établissements Elsan, deux victoires. Le signal est clair.Le sens profond

Quand les soignants se mettent en grève, ce n’est jamais seulement pour une prime ou une revalorisation. C’est pour rappeler une évidence obscène qu’on tente d’oublier : on ne soigne pas comme on produit des yaourts ou des pièces automobiles.

Derrière les revendications salariales, il y avait la dignité du travail, le refus d’être réduit à une charge qu’on optimise, la volonté de dire que le soin a un coût humain que le capital ne veut plus payer.La révolte de la « variable d’ajustement » est toujours la plus juste. Parce qu’elle vient de ceux qui font tourner la machine, de ceux sans qui il n’y a tout simplement plus de clinique, plus d’hôpital, plus de soin.

À Cabestany, cette semaine, les soignants ont rappelé une vérité ancienne et pourtant toujours révolutionnaire : quand le peuple du soin se lève, le système tremble.

Et parfois, il plie.Vive la lutte des travailleurs de la santé.
Vive la victoire de Médipôle Cabestany.— Article rédigé en hommage à ceux qui ont tenu le piquet pendant trente jours.

 

Partager cet article
Repost0

commentaires