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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 13:53

1 / Lepostmodernisme : une idéologie réactionnaire et révisionniste

C’est aux États-Unis, au cours des années 1980, que la théorie
postmoderne est devenue un système idéologique aux ambitions
culturelles puis politiques volontairement indéfinies mais clairement
réactionnaires.
En moins de dix ans, les stratèges reaganiens ont élaboré deux modèles
décisifs pour imposer leur domination planétaire. Au spectacle de la «
guerre des étoiles », dont le réel enjeu était d’asphyxier
économiquement l’URSS pour la faire imploser, a correspondu, plus
discrètement mais tout aussi efficacement, la mise en œuvre de
l’idéologie post-moderne par les « cultural studies ».
Pour imposer leur programme idéologique, les « cultural studies » ont
d’abord détourné et révisé à leur avantage la critique « engagée » de
la « french theory » des années 1960-70. Par leur critique, Jacques
Derrida, Jean-François Lyotard et Michel Foucault entendaient dénonçer
les conditions modernes de l’oppression et de la servitude. Après la
révision et la réécriture de cette théorie, a été révisée et réécrite
par les « cultural studies », celle-ci est devenue une simple mise à
jour faussement contestatire des vertus de l’hypercapitalisme.
La plus grande réussite de ce coup d’état culturel est d’être parvenu
en moins de 20 ans à imposer le simulacre de pensée critique du
postmodernisme à la gauche et à l’extrême gauche. D’abord aux
États-Unis, puis ensuite en Europe.
La gauche et à l’extrême gauche ont ainsi renoncé à trois siècles de
luttes émancipatrices pour se faire les porte parole du système
d’exploitation que jusqu’alors elles avaient toujours combattu. En
d’autres temps et avec le même aveuglement, la pensée autoritaire de
gauche a justifié la pire des barbaries au nom de la démocratie et de
la défense des peuples opprimés. Sous prétexte d’anti-impérialisme,
elle a cautionné les régimes de Staline et de Mao. Cet aveuglement
idéologique a lourdement pesé sur les luttes d’alors, comme sa version
postmoderne pèse sur celles d’aujourd’hui.
La victoire la plus éclatante du postmodernisme est d’être considéré
et apprécié comme un mouvement profondément de gauche, progressiste
voire contestatire. Se déclarant bien plus libertaire que libéral, il
s’y entend comme personne pour a imposé partout son image contrefaite,
en soutenant toutes les postures et impostures, et en ne défendant
jamais un seul combat qui évoquerait, même de loin, l’existence d’une
lutte des classes.
Pour obtenir des résultats aussi performants, les « cultural studies »
ont repris à leur compte le doute méthodologique sur les méta-récits
(Dieu, l’Histoire, le Progrès) pour l’appliquer tel quel aux sciences
humaines et aux sciences exactes.
Au rythme du développement hégémonique et mondial de
l’hypercapitalisme les cultural studies ont substitué à l’étude des
classes sociales celle des genres, abandonné la critique des médias
pour l’analyse de leur seule réception et développé les études
postcoloniales et postféministes pour construire une identité
individuelle recomposée en fonction des appartenances multiples.
En moins de 20 ans le « racialisée » s’est substitué à l’exploité, les
queers ont fait l’impasse sur les luttes féministes et
l’hétérosexualité est devenu un impérialisme à combattre. En bon
serviteur de l’hypercapitalisme, le postmodernisme conteste la
domination de l’homme blanc abstrait, jamais celle de la marchandise
concrète.
À une pensée complexe qui cherche à préserver la singularité de chaque
être humain comme un universel, le postmodernisme oppose le simulacre
de la « victime symbolique ». Cette victime, qui se confond avec celle
du colonialisme, est l’agent d’un rachat. Le sujet qui souffre,
cantonné à sa fonction de martyr et dépossédé de tout langage comme de
toute révolte, devient un pauvre objet d’étude : l’objet d’une « cheap
» théorie.
Les postsociologues vont glorifier d’autant mieux une telle victime
qu’ils l’identifieront au rien, au moins que rien. Ils s’en
proclameront d’ailleurs bien moins l’avocat commis d’office que le
procureur justifiant les conditions de sa reddition et de sa
soumission.
Refusant d’admettre que la délinquance est une conséquence de la
pauvreté, la postsociologie ne cherche pas à dénoncer des conditions
économiques et politiques paupérisantes, mais à stigmatiser une misère
dont serait exclusivement victime un groupe ethnico-religieux
particulier.
La postsociologie  parlera de guerre raciale et dissimulera le fait
que la misère matérielle touche dorénavant une partie de plus en plus
importante de la population, empêchant ainsi toute solidarité
effective entre les exclus.
L’étrange tolérance pour l’autre – qui de victime aspire à devenir
bourreau – traduit bien plus que de l’aveuglement : c’est un choix
politique
Au sein de l’université, l’ambition des « cultural studies » a été de
déprécier puis de supprimer toute pratique théorique qui défendrait
l’existence de savoirs objectifs
Pour parvenir à leurs fins, les « cultural studies » ont conçu un
simulacre d’opposition politique mettant en cause l’enseignement
rationnel des sciences humaines et des sciences exctes en les accusant
d’être organisées sur un modèle hiérarchique et colonialiste. Leur
lutte s’est déroulée sur un terrain déjà conquis. Toutes leurs
batailles ont été livrées contre des leurres que les « cultural
studies » avaient elles-mêmes préalablement activés et qui leur
avaient déjà conféré les pleins pouvoirs.
Loin d’une campagne orchestrée par des hommes de l’ombre, la réaction
postmoderne a conquis l’université au grand jour et « par la gauche »,
en critiquant son enseignement traditionnel et en le contestant au nom
des études postféministes et postcoloniales.
On ne peut reprocher au posmodernisme ni l’attrait que suscite ses
très superficielles thèses, ni de savoir jouer avec les peurs les plus
élémentaires. Préméditée, influencée ou librement consentie, la
volonté des « cultural studies » de s’emparer de l’université
préfigure un projet autrement plus vaste et ambitieux : celui de
contrôler l’histoire en la soumettant à une lecture unilatérale.

 
 
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