23 novembre 2016
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« J'appliquerai le principe du plan d'une main de fer. Quelques-uns savent très bien que j'ai la main lourde et qu'elle peut frapper fort. Je ne permettrai pas que le travail soit fait comme il l'a été jusqu'à présent, c'est-à-dire dans l'anarchie. » (ça, c’est de moi, pas mal non ?)
La main lourde, drôle, non ? Vu tout ce qui m’est reproché aujourd’hui mais n’empêche, j’ai mené ma mission de main de maître, j’ai mis le pays des Soviets sur les rails de l’histoire, moi ! Et je vais te dire, même si le Russien se laisse envahir par le quinoa, le thé blanc et la postmodernité, ben y a encore des petits gars de ma trempe, ma descendance. Pour preuve, quand chez le Russien tu as une prise d’otages, eh bien, le Russien se débarrasse de tout le monde, des otages et des preneurs d’otages. Au final, il considère qu’il a éliminé un dangereux criminel après s’il y a des victimes collatérales, bah, ce sont les copeaux de l’histoire. Tu te souviens du Koursk, du théâtre de la Doubrovka, de Beslan… Chez le Russien, il y a toujours le primat du collectif qui l’emporte sur la petite individualité. Vois ce qui se passe à Alep…, le Russien ne comprend rien à votre indignation, c’est un problème de logiciel.
Bon, je me refuse à aborder tes ratés, petit Frantsouz, en ce qui concerne les relations entre nos deux pays et entre ton pays et ces braves Polonais, qui ne t’ont même pas acheté tes hélicoptères…
J’en ris, les mecs sont européens comme toi et ils vont voir oncle Sam… Drôle d’époque. Chez le Russien, en ce moment, bel épisode de propagande contre oncle Sam, sur la première chaîne, Piervy Kanal. Il y a des messages invitant le populo à faire des provisions et à aménager sa cave en cas de bombardement. Rrah, ça me rappelle l’époque de la guerre froide, quel ambianceur que ce Blondin et dire que ton Hollande a hésité à le recevoir, « ptêt ben qu’oui, ptêt ben qu’non… ». De l’art de prendre une décision… Alors c’est Blondin qui décide et qui dit, je viendrai quand tu seras prêt… Rrrrroh, mais tout ça est plein de sous-entendus, c’est je t’aime, moi non plus, d’ici que ça finisse avec des anamours transitoires… https://www.youtube.com/watch?v=yi-FZ37CLj0 Drôle,
c’est un Russien qui chante cette délicate chanson, si bien troussée comme une gueuse…
Je te propose de cesser de parler de ce qui fâche et divise, parlons culture, d’égal à égal car petit Frantsouz, qui dit France, dit forcément culture. Dernièrement, je suis allé au Garage, un lieu d’exposition d’art contemporain. Il appartient à la poulette de Roman Abramovitch, l’oligarque qui possède le club de foot de Chelsea, quelques biens immobiliers à Londres, Moscou ou Gordes. Il a dû faire un gros chèque à la ville de Moscou, car il a installé le Garage de sa poulette dans le parc Gorky, qu’il a forcément contribué à moderniser et rénover. Désormais, tu as le wifi partout, des guinguettes branchouillettes, des poufs sur les pelouses, un skate parc, bref, tout pour plaire à Festivus, car, tu as un Festivus russe, qui te ressemble. Mais revenons à l’expo. C’était une expo consacrée à Goya (les caprices, la série tauromachie, les désastres de la guerre), Eisenstein (Ivan le terrible, Alexandre Nevski, Octobre, la grève, le cuirassé Potemkine…) et un artiste contemporain – cherchez l’intrus – Robert Longo. Le point commun de ces artiste est de présenter une vision désenchantée d’un monde nouveau, surtout Goya et Longo, Eisenstein se contentant de présenter
le monde nouveau que le Chauve, le Moustachu et moi accouchions, et crois-moi, à l’époque, il n’aurait pas eu intérêt à dire que c’était désenchanté. D’ailleurs, moi-même, le père des tchékistes, j’étais un enchanteur modèle, si, si et surtout un accoucheur, notamment de vérités…
Moscou fourmille en ce moment de belles expos. Tu peux aller admirer des Raphaël tout droit
arrivés des Offices de Florence au musée Pouchkine ou le peintre russe de marines,Ayvazovski à la nouvelle Tretyakov. Il a aussi peint des vues, des sortes de vedute, de villes comme Istanbul ou Venise. A venir, une expo sur Iakov Khalip, un photograhe des années 30 et 40, élève de Rodtchenko et enfin une expo sur Rodtchenko lui-même à la maison de la photographie. Cela n’arrête pas, il y a une véritable énergie qui circule dans les rues de Moscou, tu te sens aspiré par un tourbillon.
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