C'est un expert qui analyse les premiers faux-pas du nouveau mandat municipal Pujol / FN : « Voila un mandat qui commence très mal : les urnes sont encore chaudes et déjà on renie un des principaux engagements de la campagne électorale qui était de refuser le cumul de mandats ; on aura donc un maire à mi-temps et un Président de l’intercommunalité à mi-temps… Mais au-delà de la parole reniée qui conforte l’image désastreuse des hommes politiques, je suis inquiet de constater que ce choix du cumul de mandat est fait dans un contexte où plus que jamais il faut à la mairie comme à « l’agglo » des gouvernances solides, disponibles, à l’écoute et capables de mobiliser les énergies et les générosités. »
C'est une citation de Jean-Paul Alduy. Indéniablement un véritable expert en mandats, mais surtout qui commencent mal. 2008 : les élections à la chaussette, la France entière se gausse des fraudeurs et de leur arrogance. 2009 (l'élection précédente invalidée pour fraude) : trois mois après sa réélection (un grand bravo à Codognès, sans qui de triangulaire il n'y eut pas et qui ne fut même pas troublé par le soutien affiché du FN ou autres bonnes blagues), Alduy passe la mairie à « son » (croit-il) homme de paille, Pujol, entend poursuivre le contrôle de la Ville mais déclare se consacrer au « grand projet » de l'agglomération.
Du moins, le dernier « grand projet » en date.
Se souvient-on de celui de 2009. Pas le mois du monde.
Mais, après l'agglomération Gérone-Narbonne, les archipels divers et variés, l'intelligence relève désormais obligatoirement (si l'on entend bien JPA, sauf pour les pauvres débiles) de la ville-monde Barcelone. Et ce pauvre Pujol va encore rater le TGV (plus ou moins) direct. Alduy toujours : « N’a-t-on pas compris que la nouvelle proximité avec la ville monde, Barcelone, modifie notre situation géopolitique et permet de « changer de braquet » dans la modernisation et la promotion de notre territoire et donc implique un Président de Perpignan-Méditerranée à temps plein avec l’énergie de l’ambition ? »
Notre situation géopolitique, rien moins que cela.
Et la géopolitique des mandats de Jean-Paul Alduy, sa lucidité quant à la nécessité d'un non-cumul de mandats, de quand datent-ils ?
Ce ne serait pas, par hasard, de 2011, quand il s'est pris une branlée aux sénatoriales où, le sage, le pèlerin du non cumul, se représentait et donc aurait été depuis ET président de l'agglo ET sénateur, et serait d'ailleurs aujourd'hui toujours sénateur ?
Or le sénateur a été renvoyé dans ses foyers.
L'ex-président d'agglo vient d'être trahi dans sa volonté de transmission à son dauphin (un autre expert en éthique politique, puisque passé en 2009, à-peine élu sur la liste Codognès, à vice-président de l'agglo sous le pavillon Alduy) et nous voilà donc avec un Jean-Paul Alduy se posant en sage, en penseur voire en fondateur de l'éthique politique, surtout locale.
Il y a de quoi. Pour se présenter comme « candidat le plus à gauche » , ex-maoïste, ex UDF, à la brillante élection des chaussettes de 2008 alors que les bandes sarkozystes n'avaient pas exactement le vent en poupe, n'avait-il pas, par exemple, courageusement renoncé à la présidence de l'UMP 66 et passé l'UMP sous le tapis pendant les élections ?
Juste avant de passer à l'UDI.
Les cartes de partis dans les archives de JPA devraient occuper pas mal de place dans ses tiroirs, mais je doute qu'il les conserve toutes, sauf comme nez-(pas très) rouges.
Et le voilà télétransporté, via un opuscule encore et toujours visionnaire,en Pinay du Roussillon.
En sage, en garant de l'éthique politique, en augure de... Lyon (où il est né, si je ne m'abuse, tout Catalan affiché qu'il soit, mais ayant dû suivre des cours pour essayer d'en parler la langue, après une carrière parisienne finissant un peu mal, sans quoi, bien sûr... ?)
Ne serait-il pas, à son tour, comme nombre de licenciés de la politique avant lui, frappé du syndrome de Saint-Chamond ?
Vous vous souvenez ? Saint-Chamond est cette charmante commune vers laquelle, religieusement, au long de la 5ème république, députés et présidents de la commission des finances, ministres de l'économie et des finances, premiers ministres, voire même présidents, en exercice ou putatifs, se sont rendus, pour entendre l'augure Antoine Pinay.
Avec les résultats que nous connaissons dans l'espace économique et social.
Faire le Pinay, c'est à peu près le fantasme d'incarner le Graal pour les has been de la politique : s'acharner à exister, même quand on n'est plus rien, même quand on s'est trompé sur tout, même quand on a tout trahi et trahi tous.
Alduy en sa dernière retraite sera-t-il visité comme pythie (incompréhensible par définition et incohérent par essence) ou par pitié ?
Comme relevant d'une lignée de faiseurs (c'est le mot) d'élections, avec les derniers succès connus ?
En dehors du bonneteau de l'autopromotion, qu'a donc légué Alduy à ses successeurs ?
Une ville particulièrement pauvre.
Un centre ville asphyxié.
Un clientèlisme assidu et dévorant .
Un communautarisme explosif.
Des zones de non droit soigneusement protégées.
La crasse, la merde...
et :
« c'est moi le génie ».
Par suite, Jean-Paul Alduy,
Epargnez-nous vos cours de patristique (ou réservez-les à vos ex-troupes)
et
dégagez
à Amélie ou Lyon, c'est comme vous voulez.
Et votre homme de paille Pujol,à suivre.