
Après, le défilé en ville du personnel de la clinique Médipole , le président du groupe de clinique Marcel Herman, a souhaité reprendre les négociations qu'il avait lui-même interrompu comme un fait du prince. Pour des raisons d'image, il a estimé qu'il n'était pas bon d'étaler en place publique « les affaires de famille ». Ce n'est pas le tout de liquider le social, encore faut-il le faire en silence façon « corvée de bois ». Les négociations avaient donc repris hier à 16h, les uns arguant la légitimité économique compte tenu de la cherté de la vie et de la dureté du travail, l'autre exprimant avec mépris, que cela serait comme ça et pas autrement. En fait, Marcel Herman n'a repris les négociations que pour fatiguer ses interlocuteurs. De 16 heures à 1 heure du matin, soit 9 heures, il a ressassé ses décisions, sans à aucun moment écouter l'autre. Comme le pécheur qui a hameçonné son poisson, il l'a travaillé au moulinet, tantôt lâchant du mou, tantôt remontant brusquement. Ce qui a pour effet de fatiguer la bête, qui bientôt se laissera remonter...Dans la mesure où c'est lui qui reprenait la négociation, c'est lui qui reprenait l'avantage que le personnel avait pris en défilant, portant le problème d'un aspect privé, à celui de « problème de société concernant tout le monde ».
A savoir, quasi une question du BAC, comme l'aurait dit Luchini : « Un seul homme , accompagné d'actionnaires et d'un groupe d'investissement étranger peut-il détenir la majorité des établissements de santé d'un territoire, sans que cela soit préjudiciable pour le dit territoire ? » ou encore « La santé est-il un secteur dans lequel on peut tout
faire pour augmenter ses profits » et aussi « A-t-on fait médecine pour accéder à des biens de consommation et le maximum de confort matériel ou parce qu'on avait une certaine idée de l'homme, du soin et de l'éthique du soin ? » En 9 heures de temps, il y avait de quoi faire une belle « planche tracée » : du bon usage du vitriol. Mais la fin de cette histoire ne semble prendre la direction que A.L.A.G.D.G.D.L.C : à la gloire du grand directeur de la clinique.
Comme l'agneau dans la fable, le personnel est de bonne foi. Il fait tout pour que les choses s'arrangent au plus vite dans l'intérêt des patients. Marcel Herman quant à lui, n'est pas là pour coller des timbres. Mais pour réduire au maximum les frais de personnel pour mieux les reverser à ses actionnaires. Et demandez-vous de qui, a-t-il le plus peur ? « La raison du plus fort est toujours la meilleure ! » Aurons-nous à le comprendre encore une fois ?
La stratégie consisterait pour le personnel à faire le « black out total » avec le sieur Herman, afin qu'il ne puisse savoir où en est la situation et qu'il soit dans le doute. Jusqu'au moment où il comprendra, qu'il perds plus d'argent avec cette gréve qu'en acceptant les revendications salariales du personnel. Qu'en plus de cela l'image de la clinique sera à reconstruire. En attendant, qu'infirmières et aides soignantes se montrent, en défilant, en organisant des débats publics sur la santé, des lectures...Bref, qu'elles s'agitent prop, jusqu'à devenir une persistance rétinienne de la cité.
Ce matin, a 11 heures 40 , on a reconduit la gréve avec 145 voix pour, 101 non et 12 blancs...
Mais après les discours défaitistes des syndicats, le personnel rentrera demain "la mort dans l'âme, mais fiers de ce que nous avons fait!!" Les infirmières, aides soignantes et femmes de ménage auront au moins défiées durant 8 jours "leur servitude volontaire. Mais qu'elles n'oublient pas la phrase d'Etienne de la Boetie dans le traité de la servitude volontaire: "Ils nous paraissent grand, parce que nous sommes à genoux!"
