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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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3 août 2025 7 03 /08 /août /2025 15:26

"Parce qu'il est le héros que Gotham mérite. Pas celui dont on a besoin aujourd'hui... Alors nous le pourchasserons. Parce qu'il peut l'endurer. Parce que ce n'est pas un héros. C'est un Gardien silencieux... qui veille et protège sans cesse. C'est le Chevalier Noir."

Gordon (The Dark Knight: Le Chevalier noir)
 

 

On ne les a jamais vu ensemble dans une même pièce: hasard ou coïncidence ? 

Dans l’ombre des Pyrénées, où le vent de la tramontane charrie des rêves de grandeur et des relents de désillusion, Perpignan, 86e au classement des villes où il fait bon vivre, se débat avec son destin.

Selon l’implacable verdict de l’association Villes et Villages où il fait bon vivre (L’Indépendant, 2024-2025), la cité catalane, coincée entre mer et montagne, traîne ses contradictions comme un fardeau. Santé défaillante, transports asthmatiques, éducation honorable mais sans éclat, finances municipales en équilibre précaire, immobilier abordable mais suspect, sport vibrant d’une ferveur rugbystique portée par l’USAP : voilà le portrait d’une ville qui oscille entre l’espoir et l’amertume. Philippe Congard, observateur extérieur, dissèque ce classement avec la froideur d’un anatomiste, pointant les lacunes d’une Perpignan qui, malgré son identité catalane et son cadre enchanteur, peine à briller. Mais dans ce théâtre d’ombres, une figure émerge, tel un spectre ironique : Romain Grau, dont l’auteur de ces lignes, dans un élan de satire, a fait un prophète incompris, un sauveur autoproclamé, un Enver Hoxha catalan dont le retour aux municipales de 2026 serait, sinon une rédemption, du moins un cri dans le vide : Santo subito !

 

Romain Grau, l’incompris catalan

Romain Grau, né en 1974 à Perpignan, fils de viticulteur, diplômé de Sciences Po et de l’ENA, avocat fiscaliste et ancien directeur d’EAS Industries, n’est pas un inconnu (Wikipédia, 2022). Premier adjoint au maire de 2014 à 2017, député LREM de la 1re circonscription des Pyrénées-Orientales (2017-2022), il a porté les couleurs de l’UDI, des Républicains, puis de La République en Marche, changeant de cape comme un caméléon catalan (Wikipédia, 2022). En 2020, il se lance dans la bataille municipale avec sa liste « Pour Perpignan », soutenu par le mouvement catalaniste Oui au Pays Catalan (L’Indépendant, 29/08/2019). Mais la campagne tourne au fiasco : entre « la grande bouffe » des buffets fastueux dénoncés par L’Indépendant (02/04/2022) et un retrait au second tour pour faire barrage au RN de Louis Aliot, Grau s’efface, laissant la mairie à l’extrême droite (Wikipédia, 2020). Ses colistiers, divisés, trahissent pour certains en soutenant Aliot (L’Indépendant, 2020). Incompris, moqué, il devient une figure presque tragique, un Don Quichotte des Aspres, terrassé par les moulins de la politique locale.Et pourtant, dans votre satire, Grau se rêve en Enver Hoxha, le dictateur albanais dont la mémoire, comme le rappelle Bertrand Le Gendre (Le Monde, 03/03/2024), hante encore les manuels scolaires de Tirana. Hoxha, maître absolu de l’Albanie (1944-1985), croyait en une utopie stalinienne, inflexible et brutale. Grau, dans une vision ironique, serait un Hoxha catalan, non par la tyrannie, mais par l’obsession d’un ordre nouveau pour Perpignan. Là où Hoxha voyait une Albanie pure, Grau, dans son esprit, voit une Perpignan rayonnante, libérée des classements ingrats et des critiques mesquines. Santo subito ! – saint tout de suite, comme on le cria pour Jean-Paul II – clamez-vous, amis gitans avec un sourire narquois, imaginant Grau canonisé par une foule catalane en mal de héros.

Une satire cioranesque : l’absurde et le sublime

Comme l’aurait écrit Emil Cioran, penseur des abîmes et des paradoxes, Perpignan est une ville qui « végète dans l’attente d’un sauveur, mais ne trouve que des ombres ». Grau, dans votre fiction, incarne cette ombre, un homme dont l’ambition démesurée contraste avec les désillusions de 2020. L’Indépendant (02/04/2022) raille ses comptes de campagne, ses réunions publiques noyées dans les buffets, comme si Perpignan pouvait être conquise à coups de tapas et de promesses. Made in Perpignan (05/02/2020) le montre en tribun sincère, amoureux de sa « terre catalane », mais incapable de transcender les « tambouilles politicardes » qu’il dénonce. En 2026, alors que les municipales se profilent (Wikipédia, 27/04/2025), avec des candidats comme Agnès Langevine (Place Publique), Jordi Vera (Oui au Pays Catalan) ou Christophe Euzet (L’Indépendant, 09/03/2025), Grau pourrait, dans votre imagination, surgir tel un spectre, prêt à « remettre de l’ordre ».Mais quel ordre ? Celui d’un Hoxha catalan, bâtissant des bunkers d’idées fixes contre les critiques du classement ?

Ou celui d’un saint local, incompris mais porté par une foi en Perpignan ? Cioran aurait ri de cette ambition : « L’homme qui veut sauver une ville se perd dans ses ruelles. » Grau, dans cette vision, croit en une Perpignan idéale – économique, catalane, sécurisée – mais sa candidature de 2020, mal accueillie, montre qu’il a été « incompris », comme il le confesse lui-même (Made in Perpignan, 05/02/2020). Les électeurs, las des « combinaisons politicardes » (L’Indépendant, 12/01/2025), ont préféré Aliot, et Grau, tel un prophète rejeté, attend son heure.

Perpignan 2026 : un sauveur ou un mirage ?

Les municipales de 2026 s’annoncent comme un champ de bataille. Louis Aliot, maire RN, malgré une condamnation en 2025, se représente (Wikipédia, 27/04/2025). La gauche et le centre, divisés, cherchent l’union (L’Indépendant, 01/12/2024), tandis que Jordi Vera, ex-soutien de Grau, part seul (L’Indépendant, 19/01/2025). Bruno Nougayrède parle d’un « désamour » pour la ville (Made in Perpignan, 14/03/2025), et Christophe Euzet veut la sortir du « coma » (L’Indépendant, 09/03/2025). Dans ce chaos, votre Grau fictif, auréolé d’une aura hoxhaïste, pourrait revenir, non pour gouverner, mais pour incarner un rêve.

Comme Cioran, c'est un tableau où l’espoir et l’absurde se mêlent :

Perpignan, ville de contradictions, mérite-t-elle un sauveur ? Ou n’est-elle qu’un miroir des vanités humaines ?Santo subito ! Perpignan, 86e, n’est ni un enfer ni un paradis. Elle est une ville qui respire, souffre, et rêve. Ses atouts – immobilier abordable, identité catalane, ferveur de l’USAP – côtoient ses plaies – santé défaillante, insécurité, transports boiteux. Philippe Congard, avec sa froide analyse, expose ces vérités, mais vous, dans un élan cioranesque, invoquez Romain Grau, non comme un politicien réel, mais comme un symbole. Tel un Enver Hoxha catalan, il se rêve en architecte d’une Perpignan régénérée, convaincu que sa vision, incomprise en 2020, était celle d’un saint laïc. Santo subito ! Pensez-vous, ironiques, car Grau, dans son for intérieur, croit encore qu’il pourrait sauver la ville, non par la force, mais par la foi en une Catalogne du Nord rayonnante. Mais, comme le dirait Cioran, « les sauveurs finissent toujours en exil, dans leur propre ville »

 

 

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