“Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.”
De Guillaume le Taciturne
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Quand JAD a battu le FN Pierre Sergent aux cantonales de Perpignan
Jacqueline Amiel-Donat était en direct Au Cochon Hardi pour un moment historique : lorsqu'elle a battu #pierresergent candidat #FN (qui ne sera pas une esplanade à Perpignan, d'après la décision récente du tribunal administratif de Montpellier) au cantonales des PO en 1989...Jacqueline Amiel-Donat
Cet entretien donné, répond à l'actualité judiciaire locale : le Tribunal administratif de Montpellier vient d'annuler la délibération prise par le Conseil municipal de Perpignan (dont le maire est le RN Louis Aliot) de dénommer une esplanade "Pierre Sergent".
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Eh bien, mes amis, parlons-en, de cette affaire. Parlons-en avec rigueur, avec cette volonté d'éclaircissement qui nous anime toujours, loin des rengaines officielles et des arrangements de circonstance. Car ce qui se joue ici, en cette année 2025, avec cette décision du tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'hommage à Pierre Sergent, ce n'est pas une simple querelle locale, une bisbille entre camps opposés. Non, c'est une histoire longue, une histoire qui nous renvoie, tout droit, à un certain mois de mars 1989.
Car 1989, mes amis, c'est un moment clef. Nous sommes à Perpignan, sous l'égide de Paul Alduy, maire depuis 1959, règne sans partage d'une droite modérée, mélange de clientélisme et de pragmatisme, qui s'efforce, vaille que vaille, de contenir les assauts de l'extrême droite montante. Face à ce pouvoir en place, un homme, Pierre Sergent, un ancien de l'OAS, pardonné par la République après avoir conspiré contre elle. Un personnage fascinant, Sergent : résistant à dix-sept ans, officier de Légion, et puis, basculement tragique, acteur du putsch d'Alger, réfugié en Espagne avant de retrouver le devant de la scène avec le Front National. Un itinéraire qui, en somme, dit beaucoup sur les convulsions du XXe siècle français.
Et dans cette mêlée politique, une femme, Jacqueline Amiel-Donat. Nous sommes en 1989, elle est encore dans le sillage d'Alduy, centre-droit affirmé, avant de prendre le tournant socialiste bien plus tard. Et ce qu'elle revendique aujourd'hui, en 2025, lors d'un entretien au Cochon Hardi, ce n'est rien de moins qu'une victoire, sa victoire, contre Sergent. Mais ici, regardons de près. Les faits, mes amis, toujours les faits. Or, les archives ne confirment pas ce duel direct. Étrange, n'est-ce pas ? Alors que faire de cette affirmation ? Il est vraisemblable que JAD ait été un rouage, un élément actif, dans une victoire collective du centre-droit contre le FN. Une victoire qui, en tout cas, ne pouvait être qu'une défaite retardée, au vu de la suite des événements.
Car ce que nous dit cette histoire, c'est aussi comment Perpignan, jadis ville tenue par une droite de tradition républicaine, a peu à peu cédé du terrain à l'extrême droite. Paul Alduy, c'est l'ordre établi, la maîtrise d'un réseau, une certaine manière de gouverner. Mais ce système, en 2020, s'effondre. Fin de règne, disparition d'un modèle, et voici Louis Aliot, frontiste sans étiquette, qui rafle la mise. Ce que Pierre Sergent n'avait pas réussi à imposer, Aliot l'obtient : la mairie, puis les quatre circonscriptions des Pyrénées-Orientales aux législatives de 2022.
Alors oui, en 2025, cette annulation de l'hommage à Sergent est une défaite symbolique pour le RN, un camouflet juridique. Mais elle ne change rien à l'essentiel : la ville est acquise à ceux qui, il y a trente-six ans, n'étaient que des opposants marginaux. Ce que JAD présente comme une réitération de sa victoire de 1989 n'est, au fond, qu'une réminiscence, un écho affaibli dans un paysage politique bouleversé.
Et voici la question qui se pose à nous : que restera-t-il de cette bataille, de ce combat entre la Perpignan de 1989 et celle de 2025 ? Faut-il croire, avec JAD, que l'histoire peut servir de boussole, que la victoire du passé peut préfigurer celle de demain ? Ou bien devons-nous admettre que les temps ont changé, et que les forces en présence ne sont plus les mêmes ?
La réponse, mes amis, viendra en 2026. Mais une chose est certaine : ce que nous voyons aujourd'hui à Perpignan, c'est l'aboutissement d'une longue évolution, d'un glissement progressif. Et ceux qui croient encore que les recettes d'hier suffiront à renverser la tendance feraient bien de regarder l'histoire en face, et d'en tirer toutes les conséquences.
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