La Bressola et sa tentative d’achat du monastère Sainte-Claire continue d’agiter le petit monde politique local.
Alors que le référé contre l’opération de préemption lancée par la municipalité passait devant le juge administratif, une empoignade de près d’un quart d’heure sur le sujet a eu lieu entre Chantal Bruzi, d’un côté, et Louis Aliot et André Bonet, de l’autre.
D’abord on appréciera la technique utilisait par Chantal Bruzi pour faire croire qu’il ne s’agit pas d’un sujet politique. « Si on sort du politique » est sans doute la meilleure méthode pour parler politique.
La question sous-tendue de Chantal Bruzi doit être comprise comme étant : « la mairie a-t-elle un projet, ou agit-elle de façon impulsive ? »
Et la réponse est riche d’enseignements.
Alors oui, vu de l’extérieur, comme Chantal Bruzi, l’observateur distrait voit un « problème de communication interne ». Mais en écoutant attentivement, on se rend compte que le dossier est géré n’importe comment depuis des années.
Non, il ne s’agit pas d’un « coup d’humeur », il s’agit juste de la gestion à la « perpignanaise ».
La méthode est simple : personne ne se parle, personne n’écoute les techniciens, personne ne va chercher des consultants spécialisés et reconnus. Tout le monde suit sa petite lubie en oubliant un petit détail : le projet devra se réaliser dans le monde réel !
On apprend donc qu’en 2019, Jean-Marc Pujol, alors maire de Perpignan, avait demandé une analyse de l’état du couvent au service urbanisme. Il était désireux de l’acquérir, sans avoir un réel projet pour ce bâtiment. Les services avaient répondu que seulement deux solutions étaient envisageables. Le conserver en l’état, sans doute avec les sœurs dedans ?, ou le raser.
Non, il est peu probable que ce brave Jean-Marc ait eu l’idée de le raser. Il n’a jamais eu d’idée. Le titre de l’article est juste putaclic.
Mais si vous êtes tombé, cher lecteur, dans le panneau, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même.
L’installation du collège-lycée étant techniquement impossible dans le couvent, la mairie aurait proposé de racheter l’ancien lycée Al Sol, devenu le GRETA en cours de route, pour y mettre l’école. La proposition date de janvier 2020, si on en croit Louis Aliot. Quelques mois et une défaite électorale plus tard, le projet de rachat s’est retrouvé à l’arrêt.
Le manque de communication entre la mairie et la direction de la Bressola est stupéfiant. La demande « d’anonymisation du dossier » par la Bressola est aussi stupéfiant. Ces dernières années la municipalité a montré sa capacité à préempter de façon agressive des biens immobiliers. Les équipes de l’époque Pujol sont toujours en place. Dans les grandes lignes, rien n’a changé.
Et puis, il faut être, en matière d’immobilier, on ne gagne rien à refuser de jouer cartes sur table.
Ceux qui ont conseillé la Bressola ont raté leur coup.
Et puis, il faut reconnaître que le Conseil départemental, compétent pour les collèges, et le Conseil régional, compétent pour les lycées, n’ont pas l’air d’avoir été très sérieux dans cette affaire.
Dans le cas du CD66, on ne sera pas surpris. La gestion du collège Camus, et de son hypothétique transfert, montre, depuis plus de 15 ans, que le CD66 est capable de faire du grand n’importe quoi en matière de politique immobilière.
Louis Aliot propose que la Région cède le lycée Léon Blum, situé au Moulin à Vent. Pourquoi pas, mais là aussi, on sent bien que la Région ne répondra pas.
Cette histoire de préemption montre, s’il le fallait encore, qu’à peu près tout le monde dans le département pratique la gestion à la petite semaine. Dans le cas d’un collège-lycée catalan en immersion, c’est folklorique et amusant. Mais dans la plupart des autres sujets, ça fait froid dans le dos.
Et pas qu’un peu !
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