Suite à l'article sur la dégringolade du tourisme en Juillet dans les PO, qui a été beaucoup lu et commenté, en prélude à une interview de Brice Sanac président du monde hôtelier et de la restauration ici, nous publions sa réponse et nous avons fait une analyse sur 10 ans de tourisme et de son poids dans le département . Le tourisme, comme la culture mériterait ici des état généraux pour voir son évolution et son adaptation (ou pas) depuis la mise en place du plan Racine...https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2025/07/mais-esperiez-quoi-la-saison-touristique-2025-dans-les-pyrenees-orientales-s-effondre-face-a-l-espagne-et-son-attractivite-imbattable-par-robert-trigana.html
"Les Pyrénées-Orientales prennent une claque touristique en 2025". Vraiment ?
J’aurais apprécié que nicolas caudeville, dont j’aime la plume acérée, m’appelle pour un échange direct plutôt que de reprendre ici et là certaines de mes citations pour leur faire dire ce qu’il voulait. La rigueur journalistique, c’est aussi l’art de la nuance.
👉 Oui, juillet 2025 a été un mois difficile.
👉 Non, la comparaison brutale avec l’Espagne ne tient pas : nos voisins ont eux aussi connu un début d’été poussif.
📊 C’est à la fin de la saison que l’on tire les conclusions, et non à la mi-parcours. Nous avons lancé, avec Laurent Gauze pour la CCI Pyrénées-Orientales et l'UMIH Pyrénées-Orientales, un observatoire du tourisme en temps réel, une première ici, qui permettra à chacun d’y voir clair, sans fantasmes ni raccourcis.
💡 Alors arrêtons de tirer sur notre propre camp.
Oui, il y a des faiblesses à corriger : un manque de lisibilité institutionnelle, des messages parfois brouillons, une communication sur le "Pays Catalan" qui envoie plus souvent les visiteurs vers la Costa Brava que vers notre magnifique Côte Vermeille. Mais il y a aussi :
✅ Des professionnels investis
✅ Des outils touristiques puissants
✅ Et une destination d’exception, qui mérite mieux qu’un procès à charge en plein été.
📆 Rendez-vous en septembre, à tête reposée, pour un bilan lucide mais juste. Et d’ici là, souvenons-nous :
« Quand la meute aboie, mieux vaut prendre de la hauteur que rejoindre le vacarme. »
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Le tourisme dans les Pyrénées-Orientales : une décennie en montagnes russes
Par Oncle Bernard, économiste à la plume trempée dans l’encre de l’humain:l’économie était une histoire de vie, pas seulement de chiffres.
Mes amis, asseyez-vous, prenez un verre de Banyuls, et causons du tourisme dans les Pyrénées-Orientales, ce coin de France où la Méditerranée flirte avec les cimes pyrénéennes. Ce n’est pas seulement une carte postale, c’est une machine économique qui ronronne – ou tousse, selon les années. Depuis une décennie, le tourisme ici, c’est une histoire d’amour tumultueuse, pleine de chiffres, de sueurs et de rêves. Alors, mettons les mains dans le cambouis des données, avec un clin d’œil à la vie, comme toujours.
Un milliard et des poussières d’étoiles
Le tourisme, dans ce département de 482 000 âmes, c’est la poule aux œufs d’or. Chaque année, il déverse entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros dans les caisses locales, soit un pactole de **3 112 € par habitant**, selon l’Agence de Développement Touristique (ADT). Imaginez : chaque gamin, chaque retraité, chaque vigneron du coin porte sur ses épaules une part de ce trésor. En 2017, année faste, on frôlait les **33 millions de nuitées**, avec **8 millions de visiteurs**, dont **4 millions de touristes** – des Français pour l’essentiel, venus d’Occitanie, de Toulouse ou du Nord, en quête de soleil ou de ski.
Mais attention, les chiffres, c’est comme les vagues à Argelès : ça monte, ça descend. En 2020, le Covid a frappé comme une Tramontane glacée. Résultat ? Une chute de **25 %** de la fréquentation, **12,5 millions de nuitées** en juillet-août, et des hôteliers au bord de la crise de nerfs. Pourtant, la montagne a sauvé la mise : les Pyrénées catalanes, avec leurs sentiers et leur air pur, ont vu leurs nuitées grimper de **14 %**. Les touristes, Français surtout, fuyaient les foules pour se perdre dans le Conflent ou les Aspres. En 2022, la machine repart : **14,5 millions de nuitées** en été, presque le niveau de 2019. Mais 2023 ? Aïe, l’inflation et les images d’incendies ont freiné les ardeurs (-10 à -40 % selon les hébergements). 2024, elle, montre un timide regain (+1,8 % de nuitées).
Les emplois, la sueur et la saison
Le tourisme, c’est aussi du boulot. **11 000 emplois équivalents temps plein**, soit **8 % des jobs** du département. Serveurs, guides, animateurs de camping, tous pédalent dur, surtout l’été. Mais voilà, c’est du travail en pointillés : juillet-août, on court ; l’hiver, on hiberne. La CCI, en 2024, note une embellie dans les cafés-hôtels-restaurants, mais les marges fondent comme neige au soleil à cause de l’inflation. Pour aider, le département a même lancé un **Bus des saisonniers**, une idée maligne pour amener les jeunes vers les jobs d’été.
Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que ces emplois, souvent précaires, sont le pouls de l’économie locale. Sans eux, pas de restos bondés à Collioure, pas de télésièges à Font-Romeu. Mais combien de ces travailleurs peuvent se loger décemment avec un salaire saisonnier ? Là, mes amis, les chiffres se taisent, et c’est bien dommage.
Un PIB qui sent la garrigue
Le tourisme, c’est une belle tranche du gâteau économique. En Occitanie, il pèse **10,3 % du PIB** (15,9 milliards d’euros en 2019). Dans les Pyrénées-Orientales, on n’a pas de chiffre exact, mais on estime que le secteur injecte **1,4 à 1,6 milliard d’euros** par an, une part non négligeable de la richesse locale. Au niveau national, le tourisme représente environ **3 à 4 % du PIB** (94,4 milliards en 2022). Appliquons cette loupe au département, et on voit que sans les touristes, les caisses seraient bien maigres.
Mais attention, ce PIB sent la sueur autant que la lavande. La crise de 2020 a fait plonger le tourisme national de **30,7 %**. En 2021 et 2022, ça repart (+15,3 %, puis +24,4 %), mais on n’a pas encore retrouvé l’insouciance de 2019. Et puis, il y a les effets indirects : chaque euro dépensé par un touriste fait vivre le boulanger, le vigneron, le maçon. Ces « multiplicateurs » sont le sel de l’économie, mais ils restent dans l’ombre des statistiques.
Les dessous de la carte postale
Creusons un peu. Le tourisme, ici, c’est d’abord la mer : Argelès, Canet, Saint-Cyprien, ces plages bondées l’été. Mais la montagne gagne du terrain. En 2022, les Pyrénées catalanes explosent (+96 % en juillet par rapport à 2019). Les gens veulent du vert, du calme, loin des foules. Le thermalisme, lui, tousse : Amélie-les-Bains, avec ses **14 700 curistes en 2021**, a perdu **40 % de sa clientèle** en dix ans. Les hôtels ? Les 4 et 5 étoiles tirent leur épingle du jeu, mais les petits établissements peinent. Quant à la restauration, la malbouffe l’emporte : **58 % des restos** sont des fast-foods en 2021, contre **49 % en 2017**. Triste, non ?
Et puis, il y a les résidences secondaires, ces maisons qui dorment l’hiver mais font grimper les nuitées non marchandes (jusqu’à **60 %** en 2020). Airbnb, locations entre amis, tout ça pèse lourd, mais ne remplit pas toujours les poches des locaux. Les excursionnistes, ces visiteurs d’un jour, représentent jusqu’à **39 % des flux** en mai-juin 2023. Ils dépensent peu, mais ils sont là, à flâner, à prendre des selfies devant le Castillet.
Les défis : la Tramontane et l’avenir
Le tourisme dans les Pyrénées-Orientales, c’est une vieille 2CV : ça avance, mais ça cahote. La crise du Covid a montré la fragilité du modèle : trop dépendant des Français (85-90 % des visiteurs), trop saisonnier, trop vulnérable aux aléas (incendies, inflation). En 2023, la surmédiatisation des feux et de la sécheresse a fait fuir les touristes (-10 à -30 % en juillet). Et pourtant, le département s’adapte. L’ADT mise sur la géolocalisation (merci Orange) pour traquer les comportements des visiteurs. On parle de tourisme vert, de diversification, de séjours courts. Hermeline Malherbe, présidente du conseil départemental, le martèle : il faut moderniser, verdir, durer.
Mais soyons lucides. Le tourisme, c’est une drogue douce : on en vit, mais à quel prix ? Les loyers grimpent, les locaux galèrent à se loger, et la planète tousse sous le poids des avions et des voitures. Alors, mes amis, continuons à accueillir les touristes, mais rêvons d’un modèle qui ne sacrifie ni l’humain ni la garrigue. Car, comme disait mon vieux prof d’éco, « l’économie, c’est l’art de faire vivre les gens, pas de remplir des tableaux ».
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**Sources** : ADT des Pyrénées-Orientales, INSEE, CCI, L’Indépendant, France Bleu, Made in Perpignan. Les chiffres sont solides, mais le PIB local reste une estimation. Pour plus, plongez dans les bilans de l’ADT (pro-tourismeadt66.com) ou les stats de l’INSEE.
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vinoscopie - L'archipel contre-attaque !
Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel ...
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