Le tourisme de masse est un destructeur de civilisation…
« Le tourisme de masse est un destructeur de civilisation. Je ne peux plus supporter les touristes, surtout quand ils sont en shorts et portent des socquettes grises, une banane autour du ventre. Si j’étais maire de Paris, ma première mesure serait d’interdire le port du short dans la capitale. Toute personne surprise en train de faire du sport dans un lieu public devrait payer une forte amende. »
Alain Paucard
Du Paris d’Audiard au Paris de Delanoë, par Alain Paucard, entretien au Figaro, par Eugénie Bastié, 11 juillet 2014
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*Les Français plébiscitent l’Espagne pour leurs vacances d’été 2025, selon une étude de PAP Vacances, avec des prix attractifs et un accueil chaleureux qui éclipsent les Pyrénées-Orientales.*
Mais franchement, vous espériez quoi ? Les Pyrénées-Orientales, avec leur littoral catalan et leur riche patrimoine, se prennent une claque touristique en cet été 2025. Les vacanciers, Français en tête, désertent les plages d’Argelès-sur-Mer, de Canet-en-Roussillon ou les ruelles de Perpignan pour filer juste de l’autre côté de la frontière, en Espagne. Pourquoi ? Des prix défiant toute concurrence, une ambiance conviviale et, soyons honnêtes, un accueil qui ne donne pas envie de bouder son séjour. Pendant ce temps, les professionnels du tourisme dans le 66 grincent des dents et cherchent des excuses. Spoiler : ils feraient mieux de regarder la réalité en face.
Une chute de fréquentation alarmante
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’Agence de Développement Touristique des Pyrénées-Orientales (ADT 66), la fréquentation touristique a chuté de 15 à 20 % en juin et juillet 2025 par rapport à 2024, particulièrement sur le littoral catalan. À Perpignan, les hôtels peinent à remplir leurs chambres, avec un taux d’occupation en baisse de 10 % en juillet, selon l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH 66). Même les campings, d’habitude grands gagnants de l’été, affichent des réservations en recul, avec une baisse de 12 % à Argelès-sur-Mer et Canet-en-Roussillon par rapport à l’année dernière. Pendant ce temps, l’Espagne, et notamment la Costa Brava, voit ses réservations exploser avec une hausse de 24,5 % selon une étude de PAP Vacances.[](https://www.lindependant.fr/2025/07/22/meme-en-juin-on-bossait-mieux-mais-ou-sont-passes-les-touristes-sur-le-littoral-catalan-12838831.php)
Brice Sannac, président de l’UMIH 66, résume la situation sans détour : « Juillet 2025 ne sera pas un mois record. Les réservations de dernière minute, sur lesquelles on comptait, ne sont pas au rendez-vous. » Et pour cause, les Français ont trouvé mieux ailleurs.[](https://www.lindependant.fr/2025/07/22/meme-en-juin-on-bossait-mieux-mais-ou-sont-passes-les-touristes-sur-le-littoral-catalan-12838831.php)
L’Espagne, la star incontestée de l’été
À Tossa de Mar, petite perle de la Costa Brava, on entend presque plus de français que d’espagnol dans les rues. « Les employés des hôtels parlent français en premier, c’est dire ! », s’amuse Lucile, une vacancière d’Annecy. Selon PAP Vacances, les réservations en Espagne ont bondi de 14,1 % par rapport à 2024, portées par des prix imbattables et un ensoleillement constant. Une maison pour quatre personnes ? Comptez 850 € pour une semaine en Espagne, contre 2 000 € dans les Pyrénées-Orientales, comme l’illustre l’anecdote d’un vacancier sur X.
Céline et William, un couple avec trois enfants, ne jurent plus que par l’Espagne pour la troisième année consécutive. « On a payé 470 € pour 10 jours en camping-car. En France, on serait à minimum 1 000 € », explique Céline. Au restaurant, même constat : « 50 € pour quatre personnes, entrée-plat-dessert. En France, on double facilement la note », ajoute William. Ruben, un prestataire d’activités à Tossa de Mar, confirme : « Près de 50 % de mes clients sont français. Des familles, des seniors… ils viennent pour le prix, mais aussi pour l’ambiance détendue. »
En moyenne, les locations de maisons en Espagne sont 30 % moins chères que sur la Côte d’Azur ou le littoral catalan français. Ajoutez à cela des autoroutes gratuites, des carburants moins coûteux et des menus du soir abordables, et le choix est vite fait.[](https://www.lindependant.fr/2023/07/15/tourisme-dans-les-pyrenees-orientales-la-frequentation-en-baisse-par-rapport-aux-annees-benies-du-covid-ou-les-frontieres-etaient-fermees-decrypte-brice-sannac-11343500.php)
Pyrénées-Orientales : trop cher, pas assez accueillant ?
Dans les Pyrénées-Orientales, le constat est amer. Les prix élevés sont un frein majeur. À Canet-en-Roussillon, une formule entrée-plat-dessert coûte rarement moins de 25 € par personne, contre 16,50 € en Espagne pour un menu complet. Les campings, bien que populaires, affichent des tarifs qui rebutent : un emplacement pour une famille de quatre personnes dépasse souvent les 100 € par nuit en haute saison.[](https://www.lindependant.fr/2025/07/22/meme-en-juin-on-bossait-mieux-mais-ou-sont-passes-les-touristes-sur-le-littoral-catalan-12838831.php)
Mais le problème ne s’arrête pas aux prix. L’accueil, notamment dans le centre-ville de Perpignan, laisse à désirer. « Les commerçants sont parfois distants, voire froids », déplore une touriste sur X. Les professionnels locaux peinent à rivaliser avec la convivialité espagnole, où les restaurateurs et hôteliers mettent un point d’honneur à chouchouter leurs clients, souvent en parlant français pour faciliter l’échange. À Perpignan, le centre historique, malgré son charme catalan, souffre d’une réputation de « ville peu accueillante » pour les visiteurs, avec des rues parfois mal entretenues et des commerces qui ne jouent pas toujours la carte de la chaleur humaine.[](https://actu.fr/occitanie/perpignan_66136/perpignan-bonne-ou-mauvaise-ville-pour-faire-ses-etudes-ce-classement-qui-fait-mal_51525400.html)
Jordan, responsable du restaurant La Siesta à Canet, ne mâche pas ses mots : « On fait 120 à 130 couverts par soir contre 200 les années précédentes. Les gens consomment moins, et on sent qu’ils comparent avec l’Espagne. » Les professionnels pointent aussi du doigt des facteurs externes : la météo maussade en début de saison, et une sécheresse endémique qui limite l’attractivité des campings avec des restrictions d’eau.[](https://www.lindependant.fr/2025/07/22/meme-en-juin-on-bossait-mieux-mais-ou-sont-passes-les-touristes-sur-le-littoral-catalan-12838831.php)[](https://madeinperpignan.com/pyrenees-orientales-impactes-phenomene-surtourisme/)
Perpignan, une attractivité en berne
Perpignan, la capitale catalane, illustre parfaitement ce désamour. Classée « C » pour le surtourisme en raison de la concentration de bars en centre-ville, la ville ne parvient pas à capitaliser sur son patrimoine. La cathédrale Saint-Jean-Baptiste ou le Palais des Rois de Majorque attirent, mais pas assez pour compenser une fréquentation en baisse de 10 % dans les hôtels locaux. L’étude du Figaro sur l’attractivité étudiante place même Perpignan à la 50e position sur 61 villes françaises, pointant un manque criant d’attractivité pour les jeunes, qui se traduit aussi dans le tourisme.[](https://madeinperpignan.com/pyrenees-orientales-impactes-phenomene-surtourisme/)[](https://actu.fr/occitanie/perpignan_66136/perpignan-bonne-ou-mauvaise-ville-pour-faire-ses-etudes-ce-classement-qui-fait-mal_51525400.html)
Pendant ce temps, à quelques kilomètres, la Costa Brava accueille à bras ouverts. « Les Français viennent pour la chaleur, les prix, mais aussi parce qu’on les traite bien », explique un hôtelier de Tossa de Mar. Les campings espagnols, avec leurs infrastructures modernes et leurs animations familiales, séduisent là où les établissements français peinent à se renouveler.
Et maintenant, on fait quoi ?
Face à cette hémorragie touristique, les professionnels des Pyrénées-Orientales doivent se réinventer. Brice Sannac appelle à une mobilisation collective : « Il faut travailler ensemble, avec le Département, les offices de tourisme, la CCI… On a une destination magnifique, mais il faut être plus offensif. » Il mise sur des campagnes numériques ciblées, notamment vers la clientèle américaine, et sur une amélioration de l’accueil. Mais pour l’instant, les espoirs reposent sur août et septembre, avec des réservations en hausse de 5 à 10 % par rapport à juillet.[](https://actu.fr/occitanie/perpignan_66136/c-est-desolant-pourquoi-y-a-t-il-moins-de-touristes-cet-ete-dans-les-pyrenees-orientales_61432257.html)
En attendant, l’Espagne rigole doucement. Avec des prix 30 % inférieurs, une ambiance conviviale et une proximité géographique qui fait d’elle une alternative évidente, la Costa Brava rafle la mise. Alors, les Pyrénées-Orientales, espériez quoi ? Continuer à surfer sur le charme catalan sans ajuster les prix ni sourire aux visiteurs ? Le message est clair : il est temps de se réveiller, ou la saison 2026 risque d’être encore plus douloureuse.
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