"La consigne était de ne laisser entrer que les amis d’André et Lionel, les créateurs. Des artistes, des déjantés… On refusait le Tout-Toulouse, les gens devenaient fous!"
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Nous sommes en 2026, et l’Union européenne, après des années de libre circulation garantie par les accords de Schengen, fait face à une vague de sécurité face à la montée populiste. Certains États membres, invoquant des préoccupations sur l’immigration et la sécurité, poussent pour un retour partiel des contrôles aux frontières intérieures.
Dans une décision aussi audacieuse qu’expérimentale, le département des Pyrénées-Orientales est choisi comme "pilote" pour tester un système inédit : l’accès au département est désormais filtré par des physionomistes, comme à l’entrée d’une discothèque huppée. Postés aux points d’entrée stratégiques, comme l’autoroute A9 ou la gare de Perpignan, ces "gardiens du 66" évaluent les voyageurs selon des critères aussi flous qu’arbitraires : présentation, attitude, voire "vibe". L’objectif officiel ? Renforcer la sécurité. La réalité ? Une pagaille monumentale, des frustrations en cascade et des accusations de discrimination. Voici un dialogue entre un physionomiste et une voyageuse qui ne se laisse pas faire.
Dialogue
Lieu : Barrière de l’A9, Le Boulou. Jean-Marc, lunettes noires, biceps gonflés, toise les arrivants. Carole, 35 ans, stoppe sa voiture, passeport prêt, regard acéré.
Jean-Marc (claquant des doigts) : Papiers, vite ! Et fixe-moi, faut que je capte ta vibe.
Carole (tendant son passeport) : C’est bon, je passe ?
Jean-Marc (jetant un œil négligent) : T’arrives d’où ? Ce look, là… ça colle pas au 66.
Carole (agrippant le volant) : Mon look ? Sérieux ? Je viens de Toulouse, direction Collioure. Tu me bloques pour mes converses ?
Jean-Marc (ricanant) : Les converses,Valladolid, le croc-top,tout ça… Faut du *style* ici, du VIP local. T’es pas dans le mood.
Carole (ton tranchant) : Du style ? C’est une frontière ou un défilé ? Refuser pour mon apparence, c’est discriminatoire, point barre.
Jean-Marc (haussant les épaules) : Pas de drame, c’est les ordres. Pas la vibe, pas l’entrée.Vous auriez-eu une mini boule à facette dans la voiture, j'aurais rien dit !
Carole (haussant le ton) : La vibe ? L’article 225-1, tu connais ? Discrimination sur l’apparence, ça te parle ? T’es dans le pétrin, Jean-Marc.
Jean-Marc (s’agitant) : Hé, me saoule pas ! C’est le système, pas moi ! une recommandation de la commission européenne! T’es trop… coincée, voilà.
Carole (sarcastique) : Coincée pour ton club select ? Schengen, c’est mort, c’est ça ? Je suis française, j’ai le droit de passer !
Jean-Marc (dans son talkie) : Chef, j’ai une meuf qui balance des lois ! On gère comment ? Façon gilet jaune?
Carole (sortant son téléphone) : Une meuf ? Tiens, je filme. Ça va cartonner sur les réseaux. La MDMA va kiffer ton "système". Pas magic !
Jean-Marc (paniqué) : Range ça ! Ok, ok, file un truc… genre un ticket de resto à Collioure, et ça passe.
Carole(glaciale) : Pas de négo. Tu ouvres, maintenant. Ton nom, Jean-Marc, c’est dans ma poche.
Jean-Marc (soupirant, levant la barrière) : Pfff, vas-y, dégage. Mais c’est le système, hein !
Carole (démarrant, cinglante) : Le système, je le nique. Bonne chance avec la prochaine plainte.
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Épilogue
Carole passe, balance le clash sur les réseaux sociaux, et l’incident fait imploser le projet pilote. Jean-Marc se retrouve à gérer les caddies d’un supermarché. Il ré-attaquera en justice aussi pour "discrimination" et "incitation à la haine d'un représentant des forces de l'ordre...
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