“Au zoo. Toutes ces bêtes ont une tenue décente, hormis les singes. On sent que l'homme n'est pas loin.”
Emil Michel Cioran / Ecartèlement
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Oh, quelle farce sublime, quel chef-d’œuvre de l’absurde humain ! Louis Aliot, ce grand stratège de l’ombre, maire RN de Perpignan, risque 18 mois de prison – dont 12 gentiment suspendus, comme une épée de Damoclès en papier mâché –, 30 000 euros d’amende (une broutille pour un homme de sa trempe), et trois ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Inéligibilité ? Allons, un détail ! Le voilà prêt à se réincarner en employé modèle au cabinet du maire – son propre cabinet, bien sûr, car qui d’autre pourrait supporter un tel génie méconnu ? Un phoenix renaissant de ses cendres juridiques, prêt à reprendre son trône en 2026, après six mois d’exil dans les coulisses de sa propre mairie. Quelle audace, quelle leçon de survie dans ce cloaque qu’est la politique !
Et pendant ce temps, son équipe, ces fidèles pantins, vacille entre stupeur et résignation. « Une femme à la tête de la ville ? » s’étrangle un anonyme de la majorité, la gorge nouée par cette trahison radiophonique.
Patricia Fourquet, « une dame sans ambition », dit-il, comme si l’ambition était un défaut dans ce marécage de vanités. Charles Pons, premier adjoint, claque la porte – un sursaut d’orgueil ou une fuite devant l’inéluctable ? Nul ne bronche trop fort, car « c’est lui le chef », et dans ce théâtre de l’absurde, on attend le verdict de lundi comme on attendrait la chute d’un couperet rouillé.
Le tableau est presque trop beau : un parti, le RN, accusé d’avoir siphonné entre 5 et 7,5 millions d’euros du Parlement européen, avec pour seul exploit d’Aliot un SMS – un SMS ! –, vestige dérisoire d’un emploi fictif.
« Abus de confiance », « escroquerie », « usage de faux » : une litanie de chefs d’accusation qui sonne comme un hymne à la médiocrité triomphante. Et à Perpignan, la mairie tremble sous les coups du scandale : harcèlement, plaintes, graffitis racistes – « Sale Arabe » sur les murs de l’adjointe à l’urbanisme, Soraya Laurago, deux mois de silence complice avant qu’elle ne craque. Une agente municipale suit, brisée par la machine.
Véronique Aliot, épouse omnipotente, règne en despote domestique, écrasant les élus pour la « paix des ménages ». Quelle touchante harmonie conjugale ! https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2025/01/perpignan-ne-peut-etre-une-proie-et-la-democratie-locale-ne-peut-etre-un-butin-par-robert-dainar.html
Cioran, s’il daignait lever les yeux de son néant, rirait sans doute de ce spectacle : l’homme politique, cet éternel charlatan, jonglant avec ses propres ruines, s’accrochant à son petit pouvoir comme un naufragé à une planche pourrie. Perpignan, microcosme d’une France qui s’effrite, où le copinage et la mesquinerie tiennent lieu de gouvernance. Lundi, le verdict tombera, et avec lui, peut-être, un éclat de rire amer : car dans ce monde où tout est permis à ceux qui osent, la justice elle-même semble une plaisanterie fatiguée.
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