Christian Bourquin au Tribunal de Bordeaux
Le 30 octobre 2012,la cour d'appel de Bordeaux a prononcé une peine de 2 mois de prison avec sursis à l'encontre de Christian Bourquin, pour favoritisme. L'affaire remonte à 1999, il était président du conseil général des Pyrénées-Orientales. Quelle fut la réaction de l'édile à sa condamnation: de l'humilité du repentir? Lui qui plastronnait déjà au sortir du congrès socialiste de Toulouse «A Perpignan, la droite est au bout et la gauche se prépare très bien, j’y veille», a-t-il dit. Mais question tête de liste, il botte encore en touche: «Il y a Jacques Cresta, Ségolène Neuville. De toute façon, il en faudra deux: un à la ville et un à l’Agglo». Gourmand donc. «Mais il y en a d’autres : Chambon, Calabrèse…» Et nous ne rappellerons pas la réponse qu'il fit à l'ex secrétaire générale du parti socialiste Martine Aubry:"Ce que pense Martine Aubry, je m'en fous totalement !" Et toujours dans la verve qu'il voudrait être celle de George Frêche, il a donc dit
"Vivement le temps de la cassation avec de vrais juges"...
A choisir, on aurait préféré que cette sortie indigne et non respectueuse de l'indépendance de la justice française ne soit pas prononcée par un élu de la République, et encore moins de gauche... Mais bon, il s'agit d'une déclaration officielle de Christian Bourquin, Sénateur socialiste et Président de la Région Languedoc-Roussillon, à la suite d'une nouvelle condamnation pénale pour cette fois un délit de favoritisme dans une procédure de marché public.
Ironie du sort, Silvio Berlusconi, condamné au même moment, déclarait dans le même style que Christian Bourquin qu'il promettait de "combattre la dictature des juges", se sentant obligé "de rester dans le champ politique pour réformer la planète justice".
En agitant ainsi le fantasme populiste d'un "Gouvernement des juges", Christian Bourquin n'est malheureusement pas digne des fonctions qu'il occupe et du modèle irréprochable qu'il devrait être dans notre société.
