(photo: jean-marie
artozoul)L'architecte Jean Nouvel à gauche, Jean-Paul Alduy au centre et le ministre Frédéric Mittérand à droite
Frédéric Mitterrand s’en souviendra, de la soirée d'ouverture à l'Archipel! Je ne pense pas qu’on le revoit de si tôt dans le bâtiment qui commence à être connu comme “le Babybel de la Têt”.
Je ne crois pas me tromper en affirmant que l’opinion et la stupeur des 1100 spectateurs fut la même que celle du ministre. A la fin du spectacle, Mitterrand a demandé à la presse de ne pas lui poser des questions sur la Cantate de l'Archipel qu’il venait de subir, solidaire des spectateurs pris en otage dans la bulle-grenat . Dès les premières minutes il y en avait qui se demandaient si c'était une blague, ou si l'esprit de l’imposture dalinienne avait envahi l'Archipel... comme si la malédiction du complexe commercial et gare TGV El Centre del Mon était tombé sur le Grenat inachevé. .
A la fin, en off, le ministre laissa tomber “franchement le spectacle, c’était nul à chier”. Tout ne pouvait pas être parfait dans cette journée d’inauguration d’un des complexes culturels les plus importants de l’arc méditerranéen. Important, impressionnant et coûteux. Perpignan, il est vrai, se situe bien dans la centralité de la «métropole culturelle et économique transfrontalière» comme aime affirmer Jean-Paul Alduy. Tout un défi pour la capitale nord-catalane et pour ses habitants, qui pendant 32 ans paieront plus de trois millions d'euros par an, un coût pas négligeable pour la quatrième ville la plus endettée de l’hexagone...
La programmation annoncée par l’Archipel pour cette première saison est de haute qualité. Domènec Reixach a fait des choix très intéressants. Mais la Cantate... comment dire... je crois qu’il en est bien conscient du résultat final, et on va pas tirer sur l’ambulance. La réunion, dans un projet commun, de talents individuels indéniables ne fonctionne pas toujours bien, fussent des talents catalans ou pas. Et la Cantate est là pour le prouver. Je n’aime pas beaucoup les parisiens donneurs de leçons mais là, le ministre a raison: “franchement le spectacle, c’était nul à chier”.