Cette fois c'est la bonne: Artur Mas, candidat de Convergència i Unió (CIU), ne va pas se contenter d'être le lider du parti le plus voté, pour la troisième fois consécutive, -ça devient lassant à la fin!-mais de plus il sera élu par les députés du Parlement Catalan, Président de la Generalitat. Les résultats du scrutin connus hier donnent un avantage plus que confortable aux disciples de Jordi Pujol qui ont écarté la possibilité d'une troisième coalition de gauche -aidé par le Parti des Socialistes de Catalunya (PSC) pas en période de reconstruction -langue de bois habituelle pour justifier les défaites- mais bien d'autodestruction!
CIU obtient 62 députés avec près de 40% des suffrages et multiplie par plus de 2 son avantage face au PSC (28 députés contre 37 à l'élection précédente). Pas de majorité absolue (68) mais une avance confortable qui permettra à Artur Mas d'organiser sans pression le gouvernement que bon lui semblera.
Les socialistes catalans du président sortant, José Montilla, obtiennent le score le plus bas de ce parti depuis le retour de la démocratie dans l'État espagnol. Incapable d'articuler et d'articuler une réponse ferme et cohérente à la sentence du Tribunal Constitutionnel bananier -Conseil d'État- ayant annulé des article clefs du nouveau Statut d'autonomie, revendiquant des acquis sociaux que le gouvernement Zapatero vient de déboulonner, en définitive provoquant une perte de repères chez son propre électorat, le PSC rentre dans le tunnel de l'opposition où Montilla (et le PSOE, qui a bien joué le jeu) les a menés, ayant poussé le train et sauté juste avant ! Un superbe hara-kiri ! Montilla, dans une déclaration à la Lionel, en a tiré les conséquences et ne se représentera pas. Rideau.
Les autres partis de la coalition de gauche ont chuté également. En particulier, Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) qui a perdu plus de la moitié des députés (de 21 à10) et des suffrages, n'étant plus que que la 5ème force parlementaire au lieu de la 3ème. Une défaite cuisante provoquée par un électorat indépendentiste qui n'a pas pardonné le deuxième «tripartit» décidé par leurs chefs et les soirées thé dansant avec le PSC. Iniciativa-Les Verts (ICV) reste le parti ayant subi des pertes moindres dans la défaite mais qui, paradoxalement, lui permettent de devenir la 4ème force du Parlement, loin du nouveau 3ème le PP (double pet !) qui obtient, grâce à tous, un score qu'il n'aurait jamais rêvé (18 députés et un pronostic plus que favorable pour les élections espagnoles où la droite classique néo-franquiste se frotte déjà les mains)
Reste l'entrée tonitruante de Solidaritat Catalana de Joan Laporta (l'ex Monsieur Barça), une multi-coalition qui atteint 4 députés. Se présentant comme le porte-parole de ceux qui ont tiré les bons enseignements après la manifestation monstre du 10 juillet dernier (plus d'1 million et demie de personnes à Barcelone favorables à l'Indépendance, entre autres), Solidaritat prône la déclaration unilatérale d'Indépendance au Parlement mais n'a pas encore expliqué comment assurer les retraites catalanes cinq minutes après que la Catalogne soit un nouvel état de l'Union.
Ce scrutin ouvre certaines interrogations en Catalogne Nord, par rapport aux alliances et autres douceurs en place. La délégation nord-catalane de CIU arrivera-t-elle à faciliter un «repax» avec les institutions municipales et surtout aggloméditerranéenes? Unitat Catalane, la version de poche de la catalanité, retrouvera-t-elle une nouvelle manne comme celle de l'ERC, à travers l'accord conclu avec Solidaritat Catalana? Quid de la Maison de la Generalitat? Si un remaniement est plus que certain, les paris vont bon train -il n'y a pas moyen d'éviter le TGV ces temps-ci! - sur le nom du successeur à la Direction. Toute une série d'interrogations pour lesquelles des réponses explicites -ça c'est moins sûr! mais l'oeil du pharynx veille- seront nécessaires. La suite dans les prochains épisodes.