Figueras, flamenco, putes et paelà http://blogs.elpunt.cat/aleixrenye/2011/10/26/a-figueras-flamenco-putes-i-paela/

La première pub de la SNCF et la RENFE pour faire la promo de la ligne du TGV entre les villes catalanes de Perpignan et Figueres est sans équivoque. Castagnettes
pour évoquer le taka-taka-taka-tak du «salero» du «flamenco». "Espagne" comme premier mot du message, pas de "Catalogne", pas de “Dali”, pas de “Costa Brava”, no. "Espagne", parce qu'ils savent
que “Espagne” réveille tous ces clichés qui imprègnent l'imaginaire des français. Et les publicitaires n’ont pas pour mission instruire le peuple...

Certains d’entre nous voulons croire dans le transfrontalier comme vecteur de catalanité. Des fois, même, on arrive à se convaincre que les mentalités ont changé.
Que en Catalogne Nord et partout en France tout le monde sait que Perpignan, Figueres et Girona sont situés en Catalogne. Que c’est acquis, que la Catalogne -bien que n'étant pas un pays reconnu
par la communauté internationale- elle est un cas a part, quelque chose de différent. Et que les Catalans du sud n’aiment guère qu’on les appelle espagnols, que ça les met en colère (nous en
Catalogne Nord non, il y a bien peu des choses qui nous indignent et qui nous mettent en colère. Nous, dans le nord de la Catalogne, "on est fiers d’être catalans" en brandissant un drapeau
étoilé indépendantiste -sans trop le savoir- chez l'USAP et, en même temps, couler des larmes d'émotion en chantant la Marseillaise pour le XV de France ... parce que "nous sommes d'abord et
avant tout, fiers dêtre français, quand même!"). Non, les attitudes n'ont pas beaucoup changé depuis que nos parents et grands-parents allaient "en Espagne, à Figueras”, pendant le régime de
Franco, pour "fère quatre curses, nina, i minjà una bona paelà" s'ils étaient avec leurs épouses. Et pour aller voir les putes et un “tablao flamenco" si ils y allaient “ambe los companys”
.
Soixante ans plus tard, avouons-le, la grande majorité d’entre nous traverse la frontière pour les mêmes raisons que nous aînés "fère quatre curses" et manger une
paelà. Non, pas une paella! La paella c’est un plat qu’on trouve rarement dans ces restos atrape-couillons pour une clientèle française que fait une virée d’un jour "en Espagne".

Quoi que maintenant nous avons plus tendance à aller à ces "buffet gratuit" pour nous "empifrar" jusqu’aux oreilles.

Et on descend aussi "ambe los companys" pour aller aux putes, puisque plus de 80 pour cent des «clients» de la prostitution le long des routes, dans la province de
Gérone, ce sont des français.
Certaines élites de l’Espace Catalan Transfrontalier (à gauche) ou de la future Agglomération transfrontalière (à droite) sont convaincues que, avec le TGV on va
réussir à faire connaître “partout dans le monde cet espace économique et culturel commun”. Que des bonnes intentions, beaucoup de boulot et peu de résultats, pour l’instant.
Comme au siècle dernier, pour l’imaginaire français -et malheureusement aussi pour l’imaginaire comatique et amnesique nord-catalan- au delà du Perthus c’est
l’Espagne. Catalogne, connait pas!. Et l'Espagne, dans le cliché qui alimente l’espoir de ceux qui rêvent des vacances au soleil, est aussi belle et parfaite que celà
