« On lui enseigna un grand docteur sophiste nommé maître Thubal Holoferne, qui lui
apprit son alphabet si bien qu’il le disait par cœur à l’envers, et cela lui prit cinq ans et
trois mois. »
(« Comment Gargantua fut éduqué par un sophiste en lettres latines »
« Raison ? dit Janotus, nous ne l’utilisons pas ici ! Traitres, misérables, vous êtes des
vauriens. La terre ne porte pas de gens plus méchants que vous. »
(« Comment le sophiste emporta son drap… »,
François Rabelais
Dans cette fiction palpitante, un monde alternatif se dessine : une France de 2025 où les réseaux sociaux sont devenus le champ de bataille ultime entre liberté et contrôle. Chaque post, chaque mème, chaque vidéo est scruté par une intelligence artificielle d’État, le "Filtre Républicain", chargé de préserver l’ordre public. Les citoyens, connectés en permanence via des implants numériques, consomment un flux incessant de contenus, mais l’humour, jugé subversif, est sous haute surveillance. Dans un studio télévisé transformé en arène high-tech, Greg Tabibian, youtubeur lconnu pour ses vidéos satiriques décapantes, fait face à Emmanuel Macron, président réélu, incarnation d’une autorité technologique obsédée par la stabilité. Le sujet du jour : une loi visant à interdire les contenus humoristiques jugés "déstabilisants" sur les plateformes comme X et YouTube. Les caméras bourdonnent, les algorithmes analysent chaque mot en temps réel, et le public, derrière ses écrans, fait grimper les hashtags #TabibianVsMacron et #RireOuCensurer.
Voici une version de la scène du scriptorium du *Nom de la Rose*, avec Greg Tabibian à la place de Guillaume de Baskerville et Emmanuel Macron à la place de Jorge, intégrant des exemples contemporains sur la liberté d'expression et les réseaux sociaux :
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Dans l’enceinte feutrée d’un studio télévisé transformé en arène de débat, Greg Tabibian, youtubeur connu pour ses vidéos satiriques et ses analyses mordantes de l’actualité, fait face à Emmanuel Macron, président de la République, incarnation de l’autorité et du contrôle institutionnel. Le sujet brûlant : un projet de loi visant à réguler les contenus humoristiques sur les réseaux sociaux, accusés de semer le trouble dans l’opinion publique. Une foule de micros et de caméras enregistre chaque mot, tandis que les réseaux sociaux s’enflamment déjà en ligne.
**Greg Tabibian**, avec un sourire malicieux : Mais qu’y a-t-il de si inquiétant dans le rire, M. le Président ? Une vidéo qui moque un ministre, un mème sur une réforme, une parodie de discours… en quoi cela menace-t-il l’ordre public ?
**Emmanuel Macron**, le regard grave, ajustant ses lunettes : Le rire, M. Tabibian, tue la peur. Et sans la peur, il n’est pas de foi. Pas la foi religieuse, non, mais la foi en l’ordre, en la stabilité, en la République. Sans la peur du chaos – celui des fake news, des émeutes numériques, des campagnes de désinformation – il n’y a plus besoin d’un État fort. Vous, avec vos vidéos, vous banalisez la moquerie, vous érodez le respect dû aux institutions.
**Greg Tabibian**, croisant les bras, provocateur : Vous n’éliminerez pas le rire en bloquant une chaîne YouTube ou en suspendant un compte X ! Les gens riaient bien avant TikTok, et ils riront encore après. Regardez les mèmes sur la réforme des retraites en 2023 : les Français ont ri, ont partagé des images de vous en monarque, et pourtant, la réforme est passée. Le rire n’a rien détruit.
**Emmanuel Macron**, se penchant en avant, la voix posée mais ferme : Non, certes, le rire ne disparaîtra pas. Il restera le divertissement des foules, l’échappatoire des simples sur leurs écrans. Mais qu’adviendra-t-il si, à cause de vos vidéos, de vos posts sur X, l’homme cultivé – l’intellectuel, le journaliste, le décideur – déclarait tolérable que l’on rie de tout ? Si l’on se met à rire des lois, des vaccins, des élections ? Pouvons-nous rire de la République elle-même, de ses symboles, de ses valeurs ? Le monde retomberait dans le chaos, un chaos où chaque vérité est noyée sous un flot de sarcasmes.
**Greg Tabibian**, haussant les épaules : Vous parlez de chaos, mais c’est vous qui le craignez, pas le public. Prenez l’exemple de l’affaire Quatennens en 2022 : les réseaux sociaux ont débattu, critiqué, moqué, parfois avec excès, mais c’est aussi là que la vérité a émergé, que les citoyens ont exigé des comptes. Ou encore l’humour sur les Gilets jaunes : les mèmes, les parodies, ça n’a pas détruit la société, ça a permis d’exprimer une colère, de libérer une parole. Le rire, c’est la soupape de la liberté d’expression.
**Emmanuel Macron**, fronçant les sourcils : La liberté d’expression, oui, mais à quel prix ? Quand un influenceur comme vous, suivi par des centaines de milliers de personnes, tourne en dérision une politique de santé publique, comme les campagnes de vaccination anti-Covid, vous semez le doute. Quand un mème sur X ridiculise une institution judiciaire, vous fragilisez la confiance collective. Souvenez-vous des théories complotistes relayées sous couvert d’humour pendant la pandémie : elles ont coûté des vies. Votre rire, M. Tabibian, n’est pas innocent. Il est une arme.
**Greg Tabibian**, avec un éclat de rire : Une arme ? Peut-être. Mais une arme qui désarme les puissants, pas les faibles. Si je fais une vidéo sur les algorithmes de censure de YouTube ou sur les lois européennes qui veulent réguler le Net, je ne fais qu’éveiller les consciences. Les gens rient, mais ils réfléchissent aussi. Vous voulez contrôler le rire parce qu’il vous échappe. Vous préféreriez un monde où chaque post est validé par une commission, où chaque blague passe par un filtre d’État.
**Emmanuel Macron**, avec un sourire froid : Vous caricaturez, comme toujours. Mais si ce filtre, comme vous dites, protège la société d’une guerre civile numérique ? Si limiter certains rires empêche les discours de haine, les lynchages en ligne, les manipulations de masse ? Le rire n’est pas neutre, M. Tabibian. Il façonne les esprits. Et si tout devient risible, alors rien ne sera plus sacré – ni la vérité, ni la démocratie, ni la cohésion nationale.
**Greg Tabibian**, sérieux pour la première fois : Le sacré, c’est la liberté de penser, de parler, de rire. Si vous commencez à dire ce qu’on peut moquer ou non, vous ne régulerez pas seulement les réseaux sociaux, vous régulerez les esprits. Et ça, M. le Président, c’est le vrai chaos.
Un silence s’installe. Les caméras zooment sur leurs visages. Sur X, les hashtags #TabibianVsMacron et #RireOuCensurer explosent, tandis que des mèmes commencent déjà à inonder les fils d’actualité.
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Il ya des problématiques modernes comme la régulation des réseaux sociaux, les tensions autour de la liberté d’expression, et les controverses spécifiques à la France contemporaine (réforme des retraites, Gilets jaunes, vaccination). Elle reflète le choc entre l’humour contestataire de figures comme Greg Tabibian et l’approche institutionnelle d’un dirigeant comme Macron, tout en conservant la profondeur philosophique de l’échange original du "nom de la rose" d'Umberto Eco.
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