"Selon moi, la cuisine est une métaphore de la culture. Manger, c'est tuer et ingurgiter un être qui a été vivant - animal ou plante. Si nous dévorions l'animal mort ou la laitue arrachée tels quels, d'aucuns diraient que nous sommes sauvages. Maintenant, si nous faisons mariner la bête en vue de l'accommoder plus tard avec des herbes de Provence et un verre de vin vieux, alors nous avons mis en œuvre une délicate opération culturelle, fondée à parts égales sur la brutalité et sur la mort."
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Scène : Une cuisine rustique des Pyrénées-Orientales, éclairée par des chandelles vacillantes. Une table croule sous les saucisses catalanes, le couscouil (*Molopospermum peloponnesiacum*), et un œuf incongru. Le marxiste stalinien, camarade Ivan, brandit une faucille culinaire, tandis que l’aristotélicien progressiste, Aristide, agite une louche avec une grâce non binaire. Le Desman des Pyrénées (Rat-trompette, *Galemys pyrenaicus*) observe depuis un coin, l’air paranoïaque.
Modérateur (un œuf parlant) :
« Mesdames, messieurs, et entités non identifiées, bienvenue dans ce débat philosophique sur la Saucisse du Desman au Couscouil ! Camarade Ivan, marxiste stalinien, affronte Aristide, aristotélicien éclairé par les théories du genre. Que le chaos commence !
Première question : quelle est la finalité ontologique de cette recette ? »
Camarade Ivan (marxiste stalinien) :
« Camarades, cette saucisse est l’incarnation du travail prolétarien ! Forgée par les mains calleuses des bouchers catalans, elle symbolise la lutte des classes contre l’oppression bourgeoise des Pyrénées-Orientales ! Le couscouil, cette plante des cimes, est une ressource collectivisée, arrachée aux griffes des capitalistes qui voudraient privatiser les alpages ! La recette doit être standardisée par le Parti : quatre saucisses, 200 grammes de couscouil, pas un grain de plus, pas un grain de moins, ou c’est la trahison ! Quant à l’œuf… » *il plisse les yeux, méfiant* « …c’est un symbole bourgeois, un luxe décadent ! Pourquoi un œuf ? Pour détourner le prolétariat de sa mission ! Je propose de l’écraser au nom de la révolution ! »
Aristide (aristotélicien progressiste) :
« Mon cher Ivan, votre dogmatisme est aussi rigide qu’une saucisse mal cuite ! Selon Aristote, toute chose tend vers sa finalité, son *telos*. La saucisse du Desman, dans sa forme charnue, exprime l’actualisation de son potentiel : être savoureuse, un point c’est tout ! Mais, en tant qu’ouvert aux théories du genre, je vois dans le couscouil une fluidité ontologique. Cette plante, ni tout à fait herbe ni tout à fait arbuste, défie les catégories binaires des Apiacées traditionnelles ! Elle est queer, camarade ! Et l’œuf ? Un symbole d’indétermination, ni liquide ni solide, un devenir perpétuel ! Pourquoi l’écraser quand on peut l’embrasser dans sa pluralité ? Cette recette est une célébration de la diversité, pas une dictature culinaire ! »
Œuf modérateur :bondissant sur la table « Oh, oh, oh ! Personne n’écrase l’œuf ! Passons à la question suivante : le couscouil, plante subalpine des Pyrénées, est-il un outil d’oppression ou de libération ? »
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Camarade Ivan :
« Le couscouil est un moyen de production ! Dans les Pyrénées-Orientales, les paysans l’ont cultivé sous le joug des propriétaires terriens, ces parasites qui contrôlent les alpages ! Cette plante, arrachée aux pentes escarpées, doit être redistribuée au prolétariat pour nourrir les masses ! Mais attention ! Les bourgeois pourraient l’utiliser pour des plats décadents, comme des salades bio pour hipsters ! Le Parti doit contrôler sa récolte, sa préparation, et même sa cuisson ! Cinq minutes dans l’eau bouillante, pas plus, ou c’est du sabotage ! Le Desman des Pyrénées, ce Rat-trompette, est un camarade : il vit dans les rivières libres, loin des usines capitalistes. Mais il faut le surveiller : il pourrait devenir un individualiste s’il commence à renifler trop de cous10:29:52 AM 7/13/2025 saucisses ! »
Aristide :
« Ivan, votre obsession pour le contrôle est aussi étouffante qu’une poêle sans huile d’olive ! Le couscouil n’est ni un outil d’oppression ni de libération : il est une entité en soi, un *actus purus* aristotélicien, existant pour sa propre finalité ! Cette plante des cimes, entre montagnard et subalpin, transcende vos catégories rigides de classe. Elle n’appartient ni au prolétariat ni à la bourgeoisie, mais à un écosystème fluide, intersectionnel, où humains, plantes et Desmans coexistent dans une harmonie non binaire ! Les théories du genre nous apprennent que le couscouil peut être cuisiné par tous, sans distinction de rôle social ou d’identité. Et le Desman ? Ce petit mammifère aquatique, ni rat ni taupe, défie lui aussi vos taxonomies oppressives ! Laissez le couscouil être, Ivan, et cessez de vouloir collectiviser ses grains ! »
Œuf modérateur :roulant sur lui-même « Fascinant ! Mais attention, le couscouil complote peut-être dans l’ombre ! Question suivante : la saucisse du Desman est-elle un symbole phallique patriarcal ou une expression de puissance universelle ? »
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Camarade Ivan :
« Phallique ? Bah non-sens bourgeois ! La saucisse est la matérialisation du travail collectif, un produit du labeur des masses, pas un totem de l’ego masculin ! Elle est cylindrique, certes, mais c’est une forme pratique, optimisée pour la cuisson, pas un symbole d’oppression ! Les capitalistes veulent nous faire croire que tout est patriarcal pour détourner l’attention de l’exploitation économique ! La saucisse est universelle, camarade, car elle nourrit le peuple ! Quant au vin blanc du Roussillon, il doit être rationné pour éviter l’ivresse contre-révolutionnaire. Et l’œuf… » *il pointe un doigt accusateur* « …c’est un œuf capitaliste, un œuf qui roule pour le profit ! »
Aristide :
« Oh, Ivan, votre vision est aussi binaire qu’un couteau de boucher ! Aristote nous enseigne que la forme de la saucisse est contingente, mais sa matière – viande, épices, travail – est son essence. Les théories du genre nous invitent à dépasser l’interprétation phallique : la saucisse peut être une expression de puissance créatrice, accessible à tous, sans distinction de genre ou de classe ! Elle est un symbole de communauté, de partage autour d’une table, où le vin blanc coule librement pour célébrer la pluralité des saveurs ! Et l’œuf ? Il est l’archétype du potentiel non genré, une sphère parfaite, ni mâle ni femelle, ni prolétaire ni bourgeois, mais un pur possible ! Embrassez sa fluidité, Ivan ! »
Œuf modérateur :tremblant d’excitation « Et maintenant, pour quelque chose de complètement différent… verdict final ! La recette est-elle révolutionnaire ou pluraliste ? »
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Camarade Ivan :
« Révolutionnaire ! Cette recette doit être nationalisée, standardisée, et distribuée aux masses pour briser les chaînes de la gastronomie bourgeoise ! Le Desman des Pyrénées approuve, car il nage dans les rivières libres ! Mort à l’œuf capitaliste ! »
Aristide :
« Pluraliste ! Cette recette est une célébration de la diversité ontologique, où saucisses, couscouil et œuf dansent une sardane queer, libérée des oppressions binaires et des dogmes staliniens ! Le Desman des Pyrénées, avec sa trompe fluide, est notre muse ! »
Œuf modérateur :éclatant de rire« Personne n’attend la saucisse du Desman des Pyrénées ! Allez, mangez, débattez, et méfiez-vous du couscouil… il pourrait être en train de philosopher dans votre assiette ! »
*Le débat s’achève dans un chaos absurde, avec le Desman jouant de la trompette et l’œuf roulant hors de la scène.*
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