Le cadavre, ou cette roue de la charrette qui faille et fait le plus de bruit…Le cadavre, même la charogne, seuls ceux qui savent trouveront tout de suite l’allusion (ô combien noble, regard aux temps qui sont les nôtres). La roue qui grince fut de tout temps (depuis ceux platoniciens qui en dénonçaient les méfaits) dénoncée et combattue. Voilà qu’elle fait retour aujourd’hui aux propos dispensés dans les pages d’un journal. La roue grinçante fait bruits et fumées et elle sent, mais sans elle l’attelage s’écroule… Qu’importe, disent-ils, nous mettrons une attelle, et à l’illusion, personne ne se rendra compte du subterfuge ! Erreur, car là où il est question de remplacer, la vie subsiste, jamais aussi présente et dévoreuse de savoirs et de sensations.
Fermer une école d’art ? Ca peut se faire. Questions économiques ? Vas donc. Questions de rentabilité ? Oui-da. Tout se justifie aujourd’hui en ces temps de détresse. Mais une école d’art, il ne faut pas l’oublier, est le lieu de toutes les rencontres, celui ou le banal s’efface derrière la singularité qui trouve à s’affirmer, celui où, d’un seul coup, je me découvre autonome, ne relevant d’aucune autorité pour réaliser ma pensée. L’école d’art sert à cela.
Ceux qui s’acharnent et s’évertuent (verbe sciemment choisi) à en précipiter la perte, s’exposent pour des années et des décennies, si leur Dieu leur prête vie, à l’opprobre de tous ceux qui, leur vie durant, leur vie à venir, se souviendront de leur action.
Ils seront ceux qui auront fermé le lieu où s’exprimaient les libertés qu’ils se refusent.
Serge Fauchier
Peintre
Voir aussi, sur l'école des beaux arts
http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/beaux-arts/