Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Contact

Profil

  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

Recherche

30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 13:39
logo produit
logo produit

Pour les Perpignanais de Saint-Jacques qui l'ignoreraient ou s'en tapent total, le festival Visa pour l'Image, en particulier sa première semaine dite « professionnelle », correspond à cette période fin août / début septembre au cours de laquelle les services de la mairie doublent ou triplent les services de nettoyage des rues afin de tenter de dissimuler aux centaines de photographes et journalistes présents l'état réel du centre historique de la ville, les favelas intra-muros, à tout le moins entre le PC de la rue Zola et le couvent des Minimes – et malheur aux égarés.
Et aussi pour les résidents de la Real et Saint-Mathieu, c'est cette même unique période de réactivité des polices Nationale ou municipale à tout problème, afin sans doute de tenter de prévenir, toujours en présence de médias du monde entier, la réitération plus que jamais prévisible des émeutes inter-communautaires de mai 2005 – mais aussi quelques joyeux faits-divers dont les lieux sont coutumiers.

L'on peut s'interroger sur l'aveuglement des photojournalistes conviés à Visa quant à la réalité perpignanaise voire roussillonnaise : les Saint-Jacques et Saint-Math déjà cités, le Haut Vernet, son cimetière et ses stèles OAS, la Cité d'urgence (depuis 1963) - et de non-droit - Bellus, j'en passe : autant de vrais sujets pour des photojournalistes dignes de ce nom.
Mais, indubitablement, Visa fut une vraie belle idée : un festival international dédié au seul photojournalisme, incarné régulièrement par de très grands professionnels – parfois de vrais artistes, très respectés et plus que respectables. Donc, une référence, côté photo de reportage. Hélas tenue pour une simple vitrine par la Ville. Le seul intérêt pour la mairie ne tient qu'au nom : « Perpignan » sur le label.
Sinon, pourquoi, depuis tant d'éditions, l'idée d'un prolongement sur l'année de Visa à Perpignan, diverses fois évoqué, n'eut réellement aucune suite ? Pourquoi n'avoir pas acheté des œuvres, d'édition en édition, constituant ainsi, au fil des ans, une collection permanente de haut niveau et unique? Pourquoi n'avoir pas institué ne fût-ce qu'une résidence ? Faire de Perpignan LA cité du photojournalisme ? Donc amenant des visiteurs bien au-delà des 15 jours de Visa ?
Pourquoi ? sinon que, pour les élus perpignanais, dans « photojournalisme », il y a avant tout voire exclusivement « journalisme ». La photographie, et en particulier de reportage, il me reste à rencontrer un élu qui s'y intéresse en tant qu'art. Par contre, des centaines de médias à Perpignan, on peut mettre un bon billet là-dessus, n'est-il pas ? Que cela n'ait en fait aucun sens, ne constitue en rien un projet, qu'importe ? Médias et journalistes et photographes présents, cela fait de la pub, point final. Mais surtout, surtout, qu'à des photojournalistes, passés petits fours et grands discours, voire la grande bouffe de clôture au couvent des Minimes, ne viennent pas la funeste idée de demeurer quelques temps de plus pour faire leur métier DANS la ville.

Pour autant Visa est toujours là, du plomb dans l'aile, voilure réduite, dossiers de plus en plus faiblards, et de la répétition dans l'air. Est-ce la seule faute des élus de Perpignan ? Pour une grande part, indubitablement. Ils ont épuisé une occasion qui ne se représentera jamais à eux. Mais bien sûr, devant une misère indistincte du monde, ils peuvent encore se poser là comme grands humanistes.
Mais, Jean-François Leroy ? (Leroy, c'est le tôlier de Visa.)
Une grande gueule, Leroy, taclant à l'occasion « la presse de merde » quand elle préfère le show bizz au hard core du métier. Je suis d'accord avec Leroy pour sa « presse de merde », mais pas exactement pour les mêmes raisons. Pour ma part, tout simplement parce que la presse, dominante, « mainstream », n'est que la voix de son maître et ne fait même pas le B.A.BA d'un élémentaire travail de journalisme. Vérifier ses sources, les croiser, les citer, juste ce que demanderait, a priori, le client des médias, n'est-il pas ? Quand bien même les grands médias consacreraient toutes leurs unes à la misère du monde, ce serait toujours une info de merde, et donc une presse de merde. Pour Leroy, non ?

Logiquement, donc, je découvre le 21 août dans l'Indépendant une déclaration de Leroy quant à la décapitatation du freelance James Foley : « Jean-François Leroy annonce qu’un hommage sera rendu au journaliste américain décapité par un membre de l’Etat islamique. « On est au bout du bout de la barbarie, de la sauvagerie et de l’inhumanité, livrait hier le directeur du festival. Le massacre de James Foley n’est qu’une goutte de plus dans l’océan d’horreurs répandu par ces gens-là, ce sont des chiens. Ils se réclament de l’Islam mais n’ont rien compris à l’Islam ». Le festival international de photojournalisme « rendra évidemment hommage à James Foley mais ce sont toutes les actions de l’Etat islamique qui ont fait des milliers de victimes depuis deux mois que VISA va condamner, et pas seulement l’assassinat de ce journaliste ».
Même Hollande et Obama ont condamné le meurtre, et le pape y est allé d'un message à la famille très catholique. Donc contre l'exécution barbare d'un journaliste, toute l'ire de Visa se dresse, comme d'hab, à suivre.
Or, exactement dans même temps, 16 journalistes ont trouvé la mort à Gaza.
Pour quelques-uns, certes, disons au « pire » le risque du métier ? par exemple, mi-août, le journaliste italien d'AP qui, avec son traducteur, faisait un boulot sur les missiles inexplosés... et les démineurs se sont ratés.
Mais, à Gaza, la plus grande partie des journalistes ont été tués chez eux, et parfois avec toute leur famille, visés par des tirs de drones ou de F-16.
D'autres, seulement blessés, mais des parents morts.
Pendant toute l'opération « Roc inébranlable » (traduction française : « bordure protectrice » ), les agences des médias ont été, systématiquement, prises pour cible. Les voitures de presse, marquées comme tel, attaquées, les photojournalistes portant leur chasuble de presse tirés comme des lapins. Une vieille tradition, de longue date, des interventions de Tsahal, n'est-il pas ?

Ainsi, Jean-François Leroy, quelle différence faites-vous entre les exécutions de Foley (embedded dans des unités US en Irak et Afghanistan, enlevé en Libye puis en Syrie et exécuté par ceux-là même dont ils promouvaient les actions quelques mois plus tôt) et de ceux dont la liste suit, journalistes à Gaza ?
Qui, je vous cite, seraient donc quant à Gaza « les chiens » ?
Les planificateurs de frappes ? La chaîne de décision de Tsahal ? L'État-Major ? La triste bande à Bibi ?
Une évidence, non ?
Mais le courage de le dire, est-ce trop vous demander ?


J'oubliais, les « chiens », comme vous dites, décapitent en direct un « journaliste ». Ce sera donc la métaphore de l'atteinte à la « liberté de la presse » de Visa 2014 ?
Pour moi, Leroy, vous savez, une vie est une vie. Et je ne suis pas sûr que le petit assassin uniformisé de Tsahal, avec son joystick pilotant un drone qui exécute un journaliste à Gaza, soit moins condamnable que le boucher tranchant une tête. Vous pensez manifestement que le boucher est d'un autre monde ? Moi je pense que le petit assassin au joystick est un lâche, non seulement un assassin. Mais il n'est aussi qu'un exécuteur - juste en réalité le boucher, masqué, de l'opération.

Et les planificateurs et la chaîne de commandement israélienne, quoi d'autres que de très basiques terroristes ? De très habituels criminels contre l'Humanité ?

Et si, Leroy, à votre hommage post-papal (aussi mainstream, donc en fait « de merde » soit-il) au journaliste Foley et à la dénonciation tellement convenue des exactions de l'État Islamique, vous associez la logique de tir au lapin des journalistes à Gaza ?


Une sélection d'évènements, sur un mois d'intervention de Tsahal à Gaza, concernant des professionnels des médias présents.

7 juillet, Gaza. La maison du cameraman de Palestine TV Mahmoud Al-Athamne est détruite par une frappe aérienne, son épouse et sa fille blessées.

Dans la nuit du 7 au 8, le gouvernement israélien déclenche l'opération Mivtza' Tzuk Eitan (Roc inébranlable - officiellement traduit Bordure protectrice / protective Edge ) sur Gaza.

8 juillet. Des chars de tsahal détruisent les maisons de la présentatrice de la radio Al-Rai’, Fatima Al-Qadi, et du photojournalise Rawan Tahrawi. La grand-mère de Rawan est blessée, de même que le photojournaliste d'AP Yaqoub Sami Abu Ghalwe venu couvrir l'événement.

9 juillet. Le correspondant de l'agence Nida’ Al-Wattan, Ziad Isma’el Awad, et son fils sont blessés dans leur domicile, voisin d'une maison détruite par Tsahal (4 morts dont deux enfants).

10 juillet. La médiactiviste et journaliste en ligne Najla’ Mahmoud Al-Hajj est tuée par une double frappe aérienne de Tsahal contre son domicile. Ses parents, trois sœurs, trois frères, également tués, la maison détruite.

11 juillet. La maison du correspondant d' Al-Mayadeen TV, Ahmad Shaldan, est détruite par des missiles 10 minutes après l'avertissement d'une attaque par Tsahal. Des voisins blessés.
Le signal de la radio Sawt Al-Sha’b est piraté.
La maison du directeur de Sawt Al-Quds, Wa’el Fannoune, et celle de ses parents sont frappées par trois missiles.

14 juillet. Début du brouillage de la bande d'émission de Filistin Al-Yom TV.

15 juillet. La maison du cameraman Ibrahim Abu Sharia (de la télévision publique palestinienne) et de trois autres familles est détruite 10 minutes après l'avetissement d'une attaque par Tsahal.

16 juillet. Une attaque aérienne cible le 14ème étage du Daoud building qui héberge la radio Sawt al-Watan. Deux blessés : Ahmad al-Ajala et Tariq Hamdieh. Le matériel de radiodiffusion détruit, la station est contrainte de cesser d'émettre.
L'écrivain et journaliste Asma’ Al-Ghoul blessée dans une frappe. 9 membres de sa famille sont annoncés tués.

17 juillet. Tsahal donne une demi-heure aux journalistes étrangers pour évacuer l'hôtel al-Deira. La veille, quatre enfants d'une même fratrie avaient été tués et deux autres blessés par des tirs d'artillerie alors qu'ils jouaient sur une plage jouxtant cet hôtel, sous les yeux de nombreux journalistes qui avaient diffusé l'information et les images.

18 juillet, début de l'opération terrestre sur Gaza. Un hélicoptère cible le 8ème étage de la tour Jawhara, frappant les bureaux de Watania Media Agency. 35 journalistes, cameramen, techniciens et salariés sont présents. Le cameraman Muhammad Shabat blessé. D'autres locaux de médias sont endommagés dans la même tour.
Des journalistes étrangers arrivant à Gaza doivent signer une décharge (illégale) de toute responsabilité de Tsahal en cas de blessure ou de décès.

19 juillet. La maison du journaliste de l'agence Al-Ra'i Tawfiq Hamid ciblée. Lui et plusieurs membres de sa famille blessés.

20 juillet. Le cameraman de Continue for TV production Khalid Riyad Hamad, portant une chasuble de presse et suivant une ambulance, mortellement blessé par une frappe.

21 juillet. Missiles contre la maison du correspondant de Al-Ra'i Network, Suhair Al-Kharraz.
Missiles contre la maison du journaliste Ala Rezeq Shamali de Filistin Al-Yom ; 50 personnes y vivaient. Maison détruite. 6 morts : son oncle, l'épouse de celui-ci et deux de leurs fils, deux cousins.

22 juillet. La maison du journaliste d'Al-A'hed TV, Muhammed Nassir Khamis Dahlan, détruite par une double attaque aérienne.
La maison du journaliste indépendant Rima Mahmoud Abu Sabha détruite par des missiles, son père tué, 8 voisins blessés.
Sakher Abu Aoun, correspondant de l'AFP, blessé par l'explosion d'un immeuble voisin.
Al-Jazeera TV à Gaza est ciblée par deux tirs de semonce. La veille, le ministre israélien des affaires étrangère Avigdor Lieberman avait menacé de fermer tous les bureaux d'Al-Jazeera.

23 juillet. Abed Rahman Ziad Abu Hayyin, d' Al-Kitab TV, tué dans sa maison frappée par deux missiles. Son grand oncle et un neveu tués. 15 blessés.

25 juillet. Shadi Hatem de Raya network blessé à la jambe.
Muath Mashal (Anadolu ) shooté délibérément par un tir.
Thaer Abu Baker de Wafa Agency shooté à la jambe alors qu'il venait photographier un blessé dans une ambulance.

29 juillet. Ezat Salameh Abu Duhair, 23 ans, correspondant de Al-Hurria Media Network, tué dans sa maison par une frappe de drone, avec 4 membres de sa famille.
Baha Kamel Gareib (télévision publique palestinienne) tué avec sa fille par une frappe près de l'hôpital où ils se rendaient.
L'immeuble du siège d'Al-Aqsa Chanel près de l'université Al-Quds détruit par des frappes de drone et de F-16., l'immeuble de la même chaîne près du cimetière Al-Sheikh Radawn détruit par deux vagues d'attaques de drone et F-16.

30 juillet. Pendant une trêve de 4 heures, une série de tirs de missiles vise le marché Shojae'ya où interviennent des ambulanciers. 18 civils tués, dont des personnels médicaux et Sameh Al-Aryan, d'Al-Aqsa TV et le cameraman de Palestinian Network for Press and Media Rami Rayan. L'éditeur Mahmoud Alqasas et le photojournaliste Hamed Shobaky parmi les 200 blessés.
Le présentateur sportif de la télévision publique palestinienne Kamel Hamed tué à son domicile par la frappe d'un F-16.

31 juillet. Les locaux de l'agence Sou’d for Media and Press, au 8ème étage de la tour Basha, détruits par des tirs de chars.

1er août. Le photojournaliste Abdallah Nasir Fahjan tué par une frappe de drone alors qu'il couvre la fuite des habitants de Al-Falouje – sommés par Tsahal d'abandonner leurs maisons.

2 août. Le caméraman de Palestinian Network for Press and Media Mahmoud Nour Dein Al-Deri décède des blessures reçues le 30 juillet sur le marché Shojae'ya.
Le journaliste indépendant Shadi Hamdi Ayyad et son père tués à leur domicile par des frappes aériennes.

4 août. Hamada Khaled Makat, directeur du site d’information Saja News Agency, tué par une frappe devant sa maison alors qu'il partait couvrir les effets des bombardements de la nuit.


Nota. Je me suis permis d'emprunter « tir aux lapins » au grand reporter Jacques-Marie Bourget. Il en parle en connaissance de cause puisque lui-même frappé par une balle de M-16 dans le poumon. Son fixeur Abdel Khorty ne fut pas, lui, décapité en live vidéo et n'eut donc pas les honneurs de Visa. Un commando de Tsahal se contenta de lui couper les doigts avant de lui tirer une balle dans la tête.

Voir aussi:

Pendant Visa pour l'image à tester à coté du couvent des minimes, le restaurant le Sud! interview Joachim Tesson par Nicolas Caudeville

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/article-pendant-visa-pour-l-image-a-tester-a-cote-du-couvent-des-minimes-le-restaurant-le-sud-interview-jo-109692382.html

Visa pour l'image: Angélos Tzortzinis un photojournaliste grec chez les turcs! interview par Nicolas Caudeville

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/article-visa-pour-l-image-angelos-tzortzinis-un-photojournaliste-grec-chez-les-turcs-interview-par-nicolas-119955163.html

Visa pour l'image: derrière l'image les mots. Interview Martial Hobeniche et Pascale Sutherland

http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-visa-pour-l-image-derriere-l-image-les-mots-interview-martial-hobeniche-et-pascale-sutherland-par-110082723.html

Partager cet article
Repost0

commentaires