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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 13:47
Henri Lhéritier: rebelle, rebelle!
Henri Lhéritier: rebelle, rebelle!


Ce qui est arrivé à Diderot à Paris, aurait pu m’arriver à Perpignan.
Oui, je sais, cela n’a rien à voir avec mon entrevue dans le bureau du Bazooka de Corrèze. Un peu de suffisance à Perpignan : j’étais un futur créancier, beaucoup de désinvolture et de mépris à Paris : on était débiteur.
Si je n’étais pas si scrupuleux de la réalité et si rigoureux dans sa relation, j’aurais pu narrer cette scène du boulevard Jean Bourrat d’une autre façon, comme ceci par exemple, je ne suis pas venu seul, une amie, charmante, m’accompagne, nous sommes assis devant le Bazooka, qui plastronne, havanise, nous traite en manants, son œil lubrique se rince sur les jambes croisées qui lui font face, espoir toujours déçu, toujours, elles ne se décroisent jamais au moment où il faut, ou alors elles le font par exemple lorsqu’une mouche vous fait lever l’œil, ou qu’un de vos lacets se défait, bref jamais ! Il prend des poses de séducteur, roule les yeux, bombe le torse, rentre le ventre, il arpente le bureau à pas chassés, il fait miroiter ses pompes, s’étend en confidences diverses sur ses talents. Ma compagne et moi, estomaqués, nous nous jetons un coup d’œil. Excédés par l’outrance du bonhomme, nous décidons d’intervenir, enfin elle surtout, les femmes dans ces circonstances ont plus de détermination ou moins de patience, elle fait un petit hochement de la tête dans ma direction, comme si elle me demandait une autorisation, elle se lève, avance vers le bureau du Bazooka en se déhanchant, elle calque sa démarche sur la 4ème suite pour violoncelle de Bach, ce n’est pas facile, elle y réussit, elle fixe l’avocat qui se tasse dans son fauteuil et se met à ressembler à un Rostropovitch enrhumé, elle exhibe un petit sourire narquois, lui est passé à celui d’un orang-outan gêné, elle conserve cette distance élégante que les stars d’Hollywood jouent si bien sur les escaliers de Cannes, elle prend entre ses doigts le Montblanc, le manie avec volupté, sourit encore, le repose, l’avocat simiesque fait maintenant des yeux effarés, ronds mais mous, déliquescents quoi, elle pivote un peu, elle est de dos, pose une fesse, la gauche, sur le bureau du Bazooka, d’un mouvement de la tête balance ses cheveux en arrière, en se cambrant, elle passe ses mains derrière sa nuque, sa poitrine, qu’il voit de profil, explose pafff ! au visage du Bazooka qui vire au rouge, au vert, le type mâchonne son Punch-punch comme une réglisse de buraliste, il essaie de parler, sa voix se malrauïse, sa bouche se tord, ses yeux clignotent, il ne sait plus où il est, à cause de cette fesse, affaissée pour ainsi dire, sur son coin de bureau, il a perdu tout ses repères. Rien n’est plus érotique qu’une demie fesse posée sur un bureau, et rien ne vous fait plus perdre les moyens, c’est une arme imparable, combien de guerres se sont perdues à cause de demies fesses. Hagard, l’œil fixé sur la moelleuse assise qui fait s’étaler la fesse, la répand et semble l’offrir tout en la défendant, le Bazooka cessera désormais de cabotiner et nous respectera. Nous avons le pied dessus. Si on peut dire.
Eh, bien, non, cette scène je ne l’ai pas vécue, celle de la demie fesse, je veux dire, des moitiés de fesses sur un coin de bureau, j’en ai vues, elles ne sortent plus de ma mémoire, mais pas ce jour-là, boulevard Bourrat. Diderot ne l’a pas vécue non plus, mais lui aussi aurait pu, lui qui dût s’abaisser devant le financier Collin de Saint Marc, lorsqu’il alla réclamer chez lui l’argent de Catherine de Russie et que celui-ci l’avait traité avec désinvolture : quel argent, quel argent ! avait-il fait. Mme Legendre le lui fait regretter. Vous riez de cela, dit-il à Sophie, et j’en ris aussi à présent. Mme Legendre dit qu’elle se serait assise sur la table de M.Collin de Saint Marc. La fesse posée est un lien entre nous. Je n’irai pas plus loin dans la concordance des temps. Ce n’est pas ce qui nous réunit. Nous nous rejoignons, pas dans ce que nous vivons mais dans ce que nous imaginons. Plus qu’une relation dans le temps, nous avons lui et moi, à travers les époques, une relation postérieure. Voilà c’est dit !

Les épisodes précédents:

CONFRONTATION AVEC LE DROIT (Une visite d'huissier) par l'écrivain Henri Lhéritier

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2014/07/confrontation-avec-le-droit-une-visite-d-huissier-par-l-ecrivain-henri-lheritier.html

CONFRONTATION AVEC LE DROIT (2ème épisode) par l'écrivain Henri Lhéritier

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2014/08/confrontation-avec-le-droit-2eme-episode-pat-l-ecrivain-henri-lheritier.html

CONFRONTATION AVEC LE DROIT 3ème épisode. MAÎTRE PUNCH par l'écrivain Henri Lhéritier

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2014/08/confrontation-avec-le-droit-3eme-episode-maitre-punch-par-l-ecrivain-henri-lheritier.html

CONFRONTATION AVEC LE DROIT 4ème épisode LE BAZOOKA DE CORRÈZE par l'écrivain Henri Lhéritier

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2014/08/confrontation-avec-le-droit-4eme-episode-le-bazooka-de-correze-par-l-ecrivain-henri-lheritier.html

CONFRONTATION AVEC LE DROIT 3ème épisode. MAÎTRE PUNCH par l'écrivain Henri Lhéritier

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