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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 08:03
Perpignan: we are the champions! par Sébastien Navarro

We are the champions

Page 2 et 3 de l’Indépendant du 4 avril 2014. Ils sont tous là. Les 55 élus du nouveau conseil municipal de Perpignan. 12 roulent pour le FN, le reste émarge à l’UMP. On imagine l’ambiance des réunions. Cette flopée de réactionnaires et de conservateurs qui devisent entre eux sur le sort de la ville, palanquée de cyniques qui se taclent, s’invectivent à mots couverts, se trahissent. Toi dehors tu crèves, tu fais la manche aux intérims et ravaudes tes poumons avec de la clope de contrebande et eux dedans ils légifèrent, ils étalent des ambitions qu’ils prétendent collectives. Ils élisent leur champion. Que viva Pujol !

Page 2 et 3. Il faut le regarder bien en face ce trombinoscope. Ces gens ne sont pas n’importe qui, ils sont des professionnels de la politique, des préposés de la cause sociale – la leur bien sûr mais qui pour nier que la droite à ses valeurs. Leur cerveau supérieur au nôtre, leur intelligence décapante, leur engagement constant (même si certains ont fait la culbute de la gauche au FN), leur esprit de synthèse plus lumineux qu’une aurore boréale sur une banquise dégoulinante en font des êtres à part. Des êtres faits pour voter les délibérations. Des êtres sans qui une cité de 120 000 âmes virerait fissa à la barbarie la plus crasse. A l’anarchie ! S’ils sourient sur la photo, crispés autour de leurs zygomatiques tels des arapèdes collés à leur rocher, ce n’est pas par crânerie égoïste, pensant à ce que leur digne fonction leur portera comme aura symbolique et émoluments consécutifs, mais pour conjurer le lot de défis – ô noblesse de la charge sacrificielle – qui les attendent ces six prochaines années. Pensons au premier d’entre eux, à notre valeureux camarade Hollande qui déclarait avoir « fait don de sa personne à la France ». Voilà donc le fil ténu qui tient la pensée de ceux qui sont censés porter notre parole : si ces hommes et ces femmes se jettent dans l’arène politique c’est par pure abnégation. L’élan est un altruisme total. C’est-y pas punchy comme destinée ? Cela ne mérite-t-il pas tout notre respect de citoyen reconnaissant ?

Ce trombinoscope c’est pas n’importe qui. Nous avons-là des dignes représentants de la guilde commerciale, des fleurons du monde médical ou judiciaire, des universitaires passés maîtres de la glose politique, des encartés de longue date ou des fraîchement débarqués. Chez ces gens, la politique ne se résume pas à des engueulades à table avec ce ringard de beau-frère communiste ou à des commentaires à chaud devant le JT du soir (« Regarde-moi ces connards de privilégiés de cheminots qui prennent encore la population en otage avec leur grève de merde »). Chez eux, la politique est une ambition, une fonction. Un sacrifice, bordel. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’on les appelle des « élus ». Elus, c’est un peu comme s’ils avaient été « choisis » par une sorte de main invisible, en l’occurrence celle de l’électeur lambda qui a accompli son devoir de citoyen. « Nos ancêtres se sont battus pour le droit de vote ! » m’hurle-t-on à la face quand je dis ne pas voter. Imagine la gueule des susdits ancêtres si on le leur mettait le nez face à cette suite de faces ripolinées. Ces donzelles joliment fardées, ces notables guillotinés dans leur plus belle cravate, ces regards légèrement aguicheurs : « Eh oui, coco, c’est pour ta face que je suis là. Grâce à mon équipe, on va enfin pouvoir sortir le Centre del Món de sa lugubre léthargie (non tous ces millions d’euros n’ont pas été investis pour la frime !), on va désembouteiller la ville, redonner du peps aux marchands de l’hyper-centre (1) , faire saliver les investisseurs et draguer les masses touristiques du monde entier, fourrer de l’évènementiel à tire-larigot, laver les trottoirs, folkloriser les Gitans, contenir les racailles dans leurs ghettos, équiper la ville de nouveaux yeux électroniques, développer les patrouilles de flic à vélo, en moto, à pied, en roller, en trottinette free-style, interdire les torses-nus en période estivale (sauf ces morceaux de femme exhibés par la peste publicitaire sur des

panneaux publicitaires), baisser les impôts et augmenter les charges, augmenter les impôts et baisser les charges, communiquer, communiquer, communiquer ! Vendre cette putain de ville aux plus offrants : aux Chinois, aux Américains, aux maffias, aux coteries. On va vous la brader cette ville. Paraît que Dijon serait la ville la plus agréable de France. On va niquer Dijon ! On a déjà sorti la ville du Moyen-âge, il est temps de la faire entrer dans le monde contemporain. Perpignan c’est déjà le futur. »

Il faut partager cet instant d’émotion. Et prendre le temps d’une confortable hibernation : nous avons six ans devant nous.

« Democracy is the worst form of Government except all those other forms that have been tried from time to time » a clamé Churchill, adipeux réactionnaire. Y’a rien à traduire dans cette phrase. Rien si ce n’est un cynisme, un fatalisme avec lequel on nous entube depuis notre premier vagissement. La fièvre soixante-huitarde voulait porter l’imagination au pouvoir. Pur oxymore. Le pouvoir est par nature conservateur. C’est tous nos rêves qu’il confisque, notre capacité à imaginer d’autres rapports humains qu’il piétine du haut de son mauvais savoir. Il est écrit d’avance que le capitalisme finira par ravager la Terre. Et nous avec. Sûr qu’il restera cet ultime actionnaire pour s’en mettre, une dernière fois – et avec quel panache !, plein les fouilles.

De tout cela il faudra bien parler avec un minimum de lucidité.

Sébastien Navarro

(1) Il faut kiffer les joyaux de la novlangue.

Perpignan: we are the champions! par Sébastien Navarro
Perpignan: we are the champions! par Sébastien Navarro
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commentaires

L
Cette ville en fait n'a que ce qu'elle mérite... Quand mon papa ,j'avais/dix ans..est venu ici..de Périgueux.il avait le choix...entre dDijon et Perpignan..mutation proffessionelle en 1960..et on m'a déporté de mon enfance périgourdine...ça m'a fait très mal..au cours de ma vie..dés que je le pouvais.je suis parti de ce pPerpignan..plutôt paraitre..!! Mais j'ai donné a la katalogne.. Trois petits katalans...on fait ce qu'on peut..de Vernet salanque aux peupliers en passant par le moyen Vernet et le boulevard Wilson..l'immeuble de Trenet.. J'ai squatté en payant un peu partout dans la ville..seul ou avec ma famille..cette ville..j'habite a 150 m du trou du cul du monde me laisse une drôle de ....sensation...de..comme un goût de..mais...les canards sur la basse a la hauteur du lycée arago..c'est mes copains....si vous le pouvez...déménagea...!
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