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L'archipel Contre-Attaque

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 08:47
 Chronique moscovite (épisode 15) : En rangs serrés l’ennemi nous attaque, autour de notre drapeau groupons-nous.‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski

Je ne te ferai pas l’affront en te disant d’où vient le titre de cette chronique, chien de Pavlov.

« La mort n'éblouit pas les yeux des partisans ». (Louis Aragon)

« La guerre nous ayant été imposée, notre pays est entré dans un combat à mort avec son pire et perfide ennemi, le fascisme allemand. Nos troupes se battent héroïquement contre un ennemi abondamment pourvu de chars et d’aviation. » (Joseph Staline)

« La guerre est antérieure au commerce; car la guerre et le commerce ne sont que deux moyens différents d'atteindre le même but, celui de posséder ce que l'on désire. » (Benjamin Constant)

Tac tac badaboum, me revoilà, frais et dispo, la truffe fraîche et le poil brillant ! Je me suis régalé chez les Turcomans. Mais mon plaisir a failli être gâché dès l’avion par ma voisine, une de ces Russiennes « modernes » ou plutôt postmoderne. Nous engageons la conversation, tu me connais, petit Frantsouz, de par mon métier, je suis plutôt liant, c’est la base. Et la voilà qu’elle dégoise sur Blondin, sur son pays qui n’est pas une véritable démocratie et voilà qu’elle me fait l’apologie de l’anarchie, mais attention m’assure-t-elle, il faut être intelligent pour l’anarchie. Et elle m’explique qu’elle est végétarienne et tout le bataclan… Je peux te dire, petit Frantsouz, qu’en l’écoutant, je caressais la crosse de mon Nagant, mais bon, j’étais en vacances et donc plutôt enclin à la clémence. Chez les Turcomans, je te conseille la destination en cette période, j’ai vu des vieilles pierres, Ephèse, Didyme (temple d’Apollon), et j’ai laissé le soleil caressé mon cuir. Et me voici de retour enfin auprès de la Mère-Patrie !

Tiens, j’en vois par chez toi, petit Frantsouz, qu’il y en a chez toi qui s’émeuvent à propos d’un projet de loi Renseignement qui autorise des trucs très banals chez nous, notamment des écoutes et pleins de trucs en rapports avec les nouvelles technologies. Ben faut savoir ce que vous voulez, la sécurité ou le chaos ? Tu choisis. Ce qui est drôle petit Frantsouz, c’est que c’est toujours les mêmes brebis qui bêlent par chez toi. Tu n’es pas lassé de les entendre ? Elles ne comprennent rien et te donnent des leçons sur tout. Elles n’ont pas encore compris que pour qu’il y ait liberté, il faut de la sécurité, c’est pas moi qui le dit, c’est pas Hobbes non plus, c’est Benjamin Constant, un des philosophes de votre cher (car il coûte cher aux peuples) libéralisme. Voilà ce qu’il disait exactement : « Le but des modernes est la sécurité dans les jouissances privées ; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances. » En fait, je dois être libéral au sens philosophique du terme sans le savoir et Blondin et le FSB itou, vu les garanties qu’ils accordent… ou pas.

Mais bon, laisson tomber ton petit pays mesquin et laisse-moi de te parler de l’événement de ce mois de mai pour Blondin et les Russiens, qui en ce moment, ne font qu’un !! Les préparatifs vont bon train pour la parade du 9 mai, le pays ne semble plus vivre que pour cela, que pour célébrer notre exploit, à nous peuple soviétique. Je tiens au « soviétique » car cette victoire n’est pas le seul fait des Russes ethniques, si chers à Blondin, mais de l’ensemble des peuples de l’URSS, que le Chauve et moi avant contribué à bâtir. Ce sont nos héritiers, ceux d’Octobre 1917, qui ont remporté la victoire, qu’ils soient Russes, Ukrainiens, Géorgiens, Ouzbeks ou Tadjiks importe peu, c’est la victoire d’un collectif, mobilisé par Jo le Moustachu ! Faudrait pas oublier l’état du pays lorsque les Nazis et leur armée moderne nous ont attaqué et ensuite le sursaut qui s’en est suivi. Jo le Moustachu a fait feu de tout bois pour obtenir le meilleur de son peuple : propagande (souviens-toi d’Alexandre Nevski d’Eisenstein), punitions… Et dire que la plupart des dirigeants occidentaux vont bouder la parade parce que Blondin, il est méchant, il a fait mal à l’Ukraine, il lui a pris la Crimée… Ben non, il est pas méchant, il a juste fait valoir les intérêts de son pays et comme je te l’ai dit, nous le payons au prix fort (chute du rouble, chute des prix du pétroles, sanctions, mise au ban des nations et dire que certains disent que le pays se ferme mais c’est vous qui vous fermez…) mais nous resterons les Russiens !! Et tous ces Européens de dire, « pas question que je sois présent dans un pays qui est l’agresseur d’un autre »… Les mecs n’ont rien compris même si je ne te cache pas que Blondin compte faire de l’événement une démonstration de force avec le tout dernier char de notre vaillante armée… Après, je t’avoue qu’il y a un truc qui me chiffonne, tu sais j’aime mon pays mais je suis bolchevik avant tout : c’est le sort des vétérans. La plupart de ces héros, d’âge canonique aujourd’hui, vivent tout de même dans la misère et ce serait bien que Blondin fasse un geste, hormis prendre le thé avec eux. Y qu’à rançonner un oligarque, eux, ils peuvent et même moralement, ils doivent mettre au pot !!

Mais revenons sur l’événement. Vois l’hypocrisie, l’Angela ne sera pas là le 9 mai mais vient le 10 mai et vous, les Frantsouzy, qui n’avez pas oublié d’être bêtes, vous nous envoyez votre Ministre des Affaires étrangères. C’est drôle, protocole oblige, il passera après les Chefs d’Etat, qui eux, sont venus, y compris après les Présidents de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, un peu l’équivalent de présidents de conseils départementaux, si tu vois ce que je veux dire. Bonjour l’humiliation. Le Russien, il est comme ça, il compte sur ses véritables amis. Et puis, ton Ministre, petit Frantsouz, faut que tu saches qu’il s’est dispensé de parade, alors… Doit préférer l’art contemporain, tu sais ces gens qui font caca sur leurs toiles et te les vendent très chers. Au fait, gare à la Tata Teutonne, c’est une rusée puisqu’elle envoie pour la parade du 9 mai le président-potiche de l’Allemagne, fine mouche l’Angela !!

Laissons tomber la politique et vois sur ces quelques clichés comment les Russiens célèbrent l’événement. Ben ouais, avec le Noël orthodoxe, c’est la principale fête du pays, mais c’est une fête avec « les larmes aux yeux » comme le dit la chanson. Saches petit Frantsouz que chaque famille a contribué à l’exploit, qu’il y ait eu des morts au combats ou durant des bombardement ou qu’il y ait eu des vétérans. Regarde ces foules en calot ou arborant le ruban ce Saint Georges, tout le monde communie, jeunes, vieux, familles, célibataires, riches ou pauvres. Vois ce défilé du régiment immortel, avec Blondin et des descendants de vétérans ou de soldats morts, qui défilent avec le portraits de leurs aïeux.

J’en entends de par chez toi qui disent que c’est une manipulation de Blondin. Ils n’ont rien compris. Le Russien, dès sa plus tendre enfance, a l’exploit de la victoire chevillé au corps, il est éduqué comme cela et pour aimer sa patrie. Tu vois sur ces photos cette foule pacifique et bon enfant et bien laisse-moi te dire que si jamais le pays était agressé, elle se lèverait pour le défendre. Ben ouais, le Russien, il est prêt pour la prochaine !! Faut comprendre entre vous et nous, c’est juste un problème de valeurs, nous ne pouvons pas assimiler les vôtres et à la différence des Occidentaux, nous ne vous avons jamais demandé ou obligé à assimiler les nôtres. Bon à une exception près, quand le Chauve et moi tenions le gouvernail de la patrie des prolétaires, là c’est vrai, nous voulions le grand chambardement mondial, mais c’est la seule fois. Après, nous, tu peux nous laisser tranquilles dans notre coin et tout se passera bien, faut juste pas venir nous chercher ou réveiller l’ours dans la taïga !

Et au fait, pour toi, c’est quoi le 8 mai ? Je crois savoir, c’est un jour férié pour salariés fatigués… Faut dire que la guerre, toi petit Frantsouz, tu l’as perdue…

Voir aussi les autres chroniques moscovites:

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/chroniques%20moscovites/

 Chronique moscovite (épisode 15) : En rangs serrés l’ennemi nous attaque, autour de notre drapeau groupons-nous.‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski
 Chronique moscovite (épisode 15) : En rangs serrés l’ennemi nous attaque, autour de notre drapeau groupons-nous.‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski
 Chronique moscovite (épisode 15) : En rangs serrés l’ennemi nous attaque, autour de notre drapeau groupons-nous.‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski
 Chronique moscovite (épisode 15) : En rangs serrés l’ennemi nous attaque, autour de notre drapeau groupons-nous.‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski
 Chronique moscovite (épisode 15) : En rangs serrés l’ennemi nous attaque, autour de notre drapeau groupons-nous.‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski
 Chronique moscovite (épisode 15) : En rangs serrés l’ennemi nous attaque, autour de notre drapeau groupons-nous.‏par Félix Edmundovitch Dzerjinski
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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 17:24
France tu m'as eu!
France tu m'as eu!

Dans cet hôtel du Havre où je regarde passer les heures, le néon de l’enseigne, dont la lumière clignote à travers les persiennes, m’a tenu éveillé dans le souvenir continu de mon ancienne épouse que je suis venu accueillir. Je dis ancienne, mais elle est encore ma femme et je vais la retrouver cet après-midi, de retour des USA, après une séparation et une longue absence, car nous avons échangé à nouveau les serments les plus éternels.
Modern-Hôtel, dit l’enseigne qui indique un nombre assez médiocre d’étoiles, ce que confirme le bidet de la chambre voisine qui n’a pas cessé sa plainte hygiénico-génitale tout au long de la nuit.
Le papier peint est hideux, pourquoi les papiers peints des hôtels sont si laids ? Sans doute ne veulent-ils pas que leurs clients s’installent ou bien chassent-ils les cafards de cette manière ? Qu’importe ! Je ne suis pas riche, mais je serai ce soir l’homme le plus fortuné du monde.
Je me lève, fais attention en descendant l’escalier car le tapis des marches rebique, je ne voudrais pas me casser une jambe, un jour comme aujourd’hui.
Je descends le cours de la République, j’emprunte le quai Colbert, cette ville me fascine, elle n’a pas eu peur du béton, martyrisée mais fière, elle s’est lancée, après la guerre, dans une reconstruction moderne, délaissant les restaurations à l’identique, factices et théâtrales.
Dans ce béton magnifié, on se sent un homme du XXVè siècle.
Le bateau n’est pas là ! Le France qui ramène mon épouse n’est pas à quai. Ah, ça y est, je l’aperçois au large, imposant et fumant, costume noir, chemise blanche, cravate rouge, dans l’arrogante majesté d’un orque de jeux aquatiques. Il me semble qu’il n’arrivera jamais tant il marche au pas d’un sénateur romain, pourtant il grossit sans cesse. Soudain le voilà ! Je trépigne. Mon cœur bat.
Je ne vois pas Monique dans la foule qui débarque, je remonte la cohue des quais, retourne les femmes, bouscule les valises et les enfants, secoue les bagagistes, évite les mouchoirs, soulève les voilettes, elle n’est pas là !
Désespéré, les épaules basses, à nouveau quitté, je regagne mon hôtel.
Monsieur, monsieur !
On me tend un papier : « Je suis désolé, Norbert » (elle s’appelle Monique et je suis Norbert), il y a eu un changement. » J’ai compris, je n’ai pas besoin de continuer ma lecture.
France, tu m’a eu !

Voir aussi:

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier ici

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 09:38
 Chronique moscovite (épisode 14) : En rangs serrés, l'ennemi nous attaque...‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski

« Un spectre hante l'Europe — le spectre du communisme ». (Marx et Engels) Une bien belle citation. Au fait, petit Frantsouz, peux-tu me dire aujourd’hui quel est le spectre qui hante l’Europe, à moins que ce ne soit l’Europe elle-même…

« Que les classes dominantes tremblent devant une révolution communiste. Les prolétaires n'ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». (Marx et Engels) J’aime assez, cela me rappelle ma jeunesse et je m’interroge en regardant le monde d’aujourd’hui, à croire que vous éprouvez un certain confort à porter vos chaînes… En tout cas, je vois peu de types de ma trempe pour vous aider à vous les ôter (Nicolas Garcia ? Jean Vila ? peut-être…).

Pour commencer, je vais me mettre les lecteurs de l’Archipel à dos, mais j’ai l’habitude, je suis tout de même tchékiste, donc je ne suis pas là pour être populaire ou pour faire joli. C’est pas ma finalité première. Camarades lecteurs, à la lecture de l’Archipel, je te trouve un peu étroit d’esprit. Tes centres d’intérêt se limitent à la vie politique locale (il y a mieux tout de même), à la gastronomie/art de vivre (pourquoi pas, mais c’est un peu limité) et à ta catalanité perdue (depuis 1659, t’as pas fini de la pleurer). Alors que ce brave Nicolas cherche à t’élever, t’offre des textes du Sieur Lhéritier joliment troussés comme une gueuse, t’informe sur le cinéma et la littérature, mais cela a l’air de ne pas trop t’intéresser. Tu sais, camarade, la culture, c’est important, c’est ce qui distingue. Nous autres, Bolcheviks, nous l’avions bien compris car sitôt arrivés au pouvoir nous avons entrepris de sortir le peuple russe, un peuple paysan, de l’ornière de l’analphabétisme et lui avons rendu la culture accessible. Et d’ailleurs, hormis les trucs qui font de la mousse, la culture, elle est toujours accessible dans mon pays. Les gens sont des passionnés. Prenons un ménage modeste, middle-class, et bien chaque mois, il va au théâtre ou à l’opéra et pour l’occasion, il se sape. Chez vous, ils vont au supermarché ou ils mangent du pop-corn en regardant une débilité américaine… En plus, camarade lecteur, je suis convaincu que tu te penses rebelles ou un truc dans le genre, mais quand l’heure de la révolution aura sonné, je ne pense pas voir beaucoup de Félix ou d’apprentis-tchékiste dans tes rangs. Plutôt des gens qui ont quelque chose à perdre et ça, ça fait pas des bons révolutionnaires.

Tiens, pour la fine bouche que tu es, petit Frantsouz et parce que je suis en forme, je voudrais commencer par évoquer avec toi le défilé d’anciens SS lettons (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/03/16/97001-20140316FILWWW00118-d-anciens-waffen-ss-lettons-defilent-a-riga.php), le 16 mars. Ben ouais, c’est le printemps… Mais je ne suis pas mesquin et je ne suis pas prof d’Histoire, quoi que…, je suis plutôt grand seigneur et je vais juste te laisser te faire une opinion tout seul, comme un grand, si tu en es capable. En tout cas, elle est bien belle votre démocratie, ça, y a pas à dire et à redire, elle est exemplaire. Faut quand même se rappeler que pas mal de ces grands-pères ont contribué à l’extermination des juifs de leur pays et de leur région. Ils ont été tellement appliqués, que les pays baltes ont été déclarés judenfrei par les Einzatsgruppen. En tout cas, elle fait envie votre Union européenne, un espace de liberté… Et quand je songe à tout ce que vous dites et écrivez sur Blondin.

Et puis un petit coup de gueule pour Nicolas. Qu'est-ce que c'est que ces interviews d'un certain Nicolas Garcia, communiste autoproclamé... En plus à la terrasse du Républic café, haut lieu de la bourgeoisie locale, faut faire ça à la stalovaya. Mais camarade sergent Garcia, tu as oublié qu'un communiste et ben ça me ressemble, ça doit faire peur au richard et toi, tu fais pas peur, tu fais rire, tu fais peu. A mon avis, comme tes potes, tu as troqué la lutte des classes pour la lutte des places... Tu dois effrayer le bourgeois, il te faut le couteau entre les dents, être mal rasé, tout ébouriffé, sinon en tant que communiste, t'es pas crédible. Et c'est normal pour le bourgeois d'avoir peur, sans ça, à quoi ça sert d'être riche? Sergent Garcia, je vais te le dire amicalement, je pense que je t'aurais collé au mur toi et tes complices, et je ne parle pas de la volaille socialiste qu'un certain Thorez voulait plumer, mais ordre de Moscou oblige, il a viré sa cuti... J'imagine, camarade sergent Garcia, t'aurais croisé Jo le moustachu, t'aurais pas fait long feu ou peut-être que oui, qui sait, tu as peut-être le sens de l'adaptation si tu es reptilien. Faut toujours être plein d'espoir dans le genre humain. Bon, en tout cas, pour le côté avant-garde éclairée du prolétariat, tu repasseras!!

Pour ce gourmet de Nicolas, un restaurant où j’aime à aller déjeuner. Je crois que je vais finir par apprécier le capitalisme, faut que je me reprenne, faut pas mollir sur l’ouvrage mais ce restaurant se trouve à un jet de pierre de notre MID (Ministère des Affaires étrangère), un de ces bâtiments que Staline a fait édifier, une des 7 sœurs. Ce restaurant, le White Rabbit, est un des plus réputés de la capitale du capitalisme, ben ouais y plus que les Frantsouz qui vivent dans le pays du socialisme réel…, et je peux te dire que l’assiette est à la hauteur. J’y ai mangé un risotto au canard, divin, suivi, comme je suis un gourmand d’une cassata glacée qui te permet de côtoyer le paradis. En plus, ce jour-là, le restaurant était baigné par le soleil et tu as une vue sur la reine des villes à 360° si tu en fais le tour. Le soir, le lieu est plus animé que le midi et tu peux y déguster des cocktails et regarder la faune, c’est ça qui me plaît dans le métier. Bon, évidemment, l’endroit sent le fric mais quand même, y a du goût, faut l’admettre. J’ai pas mal roulé ma bosse en Europe et j’ai rarement vu de tels lieux, avec autant de bon goût dans la décoration. C’est très travaillé. Mais bon, petit Frantsouz, je pense que la façon dont oncle Félix se nourrit t’importe peu. Tu veux de nouvelles du pays, c’est ça qui t’intéresse même si tu as déjà ton opinion, forgée par des médias que tu crois libres, les tiens, qui souvent passent à côté des vrais enjeux et juge le politique à l’aune de critères moraux. Mais bordel, tu comprends que le politique, ben c’est différent d’une ONG, non ?

Bon, je choisis de passer sous silence les rumeurs sur la santé de Blondin, pure propagande américaine, à l’ancienne comme aux temps de l’URSS. Bientôt, ils enverront des Navy Seal pour récupérer du caca de Blondin pour l’analyser… Vraiment, ces Américains sont des dingos dangereux et vous n’en avez même pas conscience. En ce moment, Blondin prépare le 70ème anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. Il a fort à faire. Pas mal d’Européens vont bouder l’évènement, alors que lui, il était en Normandie en 2014. Bon, objectivement, nous pouvons nous passer des Baltes et des Ukrainiens vu leur contribution au génocide des Juifs. Blondin te prépare un truc à sa façon, pour marquer les esprits et la fierté nationale, comme le JO de Sotchi. Et Blondin, ça y sait y faire, pas à dire, il a été à bonne école, la mienne et celle de mes nombreux héritiers. Ben ouais, les organes sont là pour donner de la substance, de la saveur. En tout cas, nos nouveaux « amis » chinois seront de la fête. Pas comme le Britannique, ce suppôt du capitalisme et de l’impérialisme, qui fait sa chochotte à cause de l’Ukraine et du juste retour de la Crimée dans le giron de la mère-patrie, justement fêté par un Blondin qui a la patate et qui a même poussé la chansonnette, l’hymne, le 18 mars (regarde à partir de la 53ème minute, jusqu’à la 60ème : https://www.youtube.com/watch?v=sEKGuzwfQcI, pour ton information, la petite fête a débordé sur le pont où le ténébreux Boris fut abattu). Quel crooner, ce Blondin ! En tout cas, ce coup-là, personnellement supervisé par Blondin a été un coup de maître. Et maintenant, tous ces chiens d’Occidentaux travaillent sur le concept de guerre hybride… Amusant, non. Bon et pour l’Ukraine, vous travaillerez sur le concept de paix hybride. Et dire que ce maudit Obama vantait la capacité de son pays à innover. Il n’a pas compris que Blondin était un manipulateur de symboles et de concepts, et surtout un joueur d’échecs. Faut tout de même admettre que la population de mon bien-aimé pays paye le retour de Crimée et la guerre en Ukraine (ça, c’est pas nous) au prix fort : sanctions, inflation, gel des salaires et des retraites, chute du rouble, chômage…). Mais le pays en a vu d’autres, n’oubliez pas… Un récent sondage affirme que 83% des Russiens se disent fiers du retour de la Crimée dans le giron russe et surtout, ils trouvent cela juste ! Pas de doutes, Blondin joue sa réélection à la tête du pays en 2018 sur du velours et à mon avis, il a d’autres atouts en préparation. Surprises…

Enfin, ça y est, le Diestkiï Mir a rouvert après 10 années de travaux. Paraît que tu y as la plus grande horloge au monde. C’est tout nous les Russiens, ça, toujours à vouloir battre des records et pour quoi in fine… Inutile de te dire que tu es très loin du magasin pour enfants de la vaillante époque soviétique… D’ailleurs, c’est un truc britannique qui a pris le relais, Hamleys, je crois… Un truc bien standardisé pour les mioches… Consommateurs de tous les pays, unissez-vous !! Ce qui est frappant, c’est que le bâtiment, qui est sur la Loubianka, fait 4 étages et que pas mal de magasins n’ont pas encore ouvert, pas mal d’espace vide, cela fait un peu drôle, cela ressemble presque aux artères commerçantes de Perpignan. C’est juste un effet de la crise. Tu as vu , le Comité d’enquête est intervenu à l’encontre d’un magasin qui vendait des statues en plâtres de soldats nazis. Erreur majeure à un mois du 70èmeanniversaire de la victoire contre l’hydre nazie, notre Grande guerre patriotique !! Il est comme ça Blondin, ça le rend susceptible, lui qui se prépare à boire une tasse de thé avec l’ensemble des vétérans le 9 mai. Bon par contre, y fait pas grand’chose contre les bandes de néo-nazis qui pullulent dans le pays, faut croire que ces braves gens peuvent lui servir un de ces jours mais tout de même… Il s’offusque juste pour des statuettes en plâtre, un diorama… SI tu as le temps, regarde-toi Rossyia 88 : https://www.youtube.com/watch?v=ngS7Nit-jMA.

Pour conclure cette chronique et parce que je m’intéresse à l’humain, je voudrais te parler d’une délégation de tes chers parlementaires qui est passé à Moscou courant avril. Ah, les parlementaires, c’est l’expression de la démocratie et la démocratie, c’est bien et c’est joli. Et bien tes chers parlementaires, un peu les idiots utiles de Blondin, outre le fait qu’ils contredisent ton cher Groland sur la Crimée et l’Ukraine (mais ça, c’est vos affaires à vous), s’en sont payés une tranche. Certains d’entre eux sont allés gigoter au KM.19, tu sais la boîte porno-chic à putes ouverte par un Frantsouz un certain Jean-Michel, un véritable entrepreneur. Bon, ben lui, je te le dis tout de go, il est protégé par ma maison. Ben ouais, il nous alimente en petits films, photos, tu sais les kompromats. Tu vois, petit Frantsouz, tes parlementaires sont venus contribuer au redressement du PIB de la Sainte Russie. Ce sont de sacrés gigoteurs !! J’aime regarder l’homme tomber, j’aime voir ses faiblesse, c’est mon miel, que-dis-je mon caviar beluga…

Je suis allé au Centre du Judaïsme et de la Tolérance, inauguré par Blondin himself en 2012. C’est là qu’il a commémoré la libération d’Auschwitz, puisque les grands de ce monde, y compris certains dont les pays avaient collaboré avec les Nazis, ne voulaient pas de lui. C’est un musée d’excellente facture. Tu as tout sur le judaïsme en Russie, sa naissance, sa localisation avec le passage de la campagne (les shtetl) à la ville où éclosent les élites, son histoire. Cette partie est franchement intéressante, tu as les persécutions du régime tsariste avec les pogroms, la naissance d’une élite intellectuelle et politique (Bund, sionisme…à, la révolution d’Octobre, la guerre, le complot des blouses blanches, la dissidence… Ce musée, tu l’auras compris, c’est une autre façon d’appréhender l’histoire de mon grand pays. En plus tu y as des expos, et là, il y en avait deux, l’une sur le photographe Alfred Eisenstaedt et l’autre sur les avant-gardes russes (Chagall, Falk, Boulatov…). Un endroit passionnant, situé dans un ancien garage de bus, conçu par le célèbre architecte Melnikov. Franchement, si tu passes me voir, je te conseille ce musée et puis tu vois, nous allons à la rencontre d’une histoire d’une manière un peu plus franche que les Baltes dont je te parlais plus haut…

Bon, faut que je te laisse, je dois partir en mission chez les Turkomans ! Pense à moi le 9 mai, Blondin nous prépare un de ces trucs pour le 70èmeanniversaire de la victoire !!!

Voir aussi, les autres chroniques moscovites ici!

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/chroniques%20moscovites/

Concert en l'honneur de l'anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie

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 Chronique moscovite (épisode 14) : En rangs serrés, l'ennemi nous attaque...‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 11:39
LE PENSEUR DES POMPES FUNÈBRES par l'écrivain Henri Lhéritier

Quelle ne fut pas ma surprise en m’asseyant dans ce train de me trouver à côté de ce soi-disant penseur, philosophe du déclin, qui pérore partout qu’on est foutu, que l’on va dans le mur. Il avait installé, autour de lui, des Figaros et autres journaux aussi insipides, que je lui tendis, du bout de mes doigts pincés, comme du linge sale, afin de récupérer ma place.

Ce type, agité de tics, affiche sur tous les écrans où il passe l’air désespéré d’un entrepreneur des pompes funèbres en train de déposer son bilan, bavant sur notre époque, exprimant en substance l’idée que pour revivre une époque dorée, il suffirait de se débarrasser des enseignants, des jeunes, des immigrés et d’une manière générale de tous les humanistes. Mais à quoi servirait donc une résurgence de la nation, telle qu’on la considérait avant, sinon à indisposer nos voisins ? Serait-on enchanté d’entendre les Allemands retrouver leur vieux fond gothique, ou les Anglo-saxons leur roi Arthur et leur table ronde, chacun plaidant pour dire ce que le monde leur doit, ce qui fait qu’ils sont meilleurs que nous, et en tout cas que nous ne les valons pas ?
Alors que défilaient devant nous d’admirables paysages français qui curieusement ne m’envahissaient pas de la nostalgie d’un passé révolu mais au contraire d’un futur à édifier, je lui fis part, même s’il ne me demandait rien, de mon refus absolu d’une identité créée par lui de toutes pièces et dont le tri tout personnel exclue le siècle des Lumières, la Révolution, la Commune, c’est à dire toutes les idées émancipatrices au profit des pires pulsions sectaires et claniques de toutes les restaurations.
J’ajoutai, ses tics commençaient à s’accentuer, qu’en dehors des faits divers, je ne voyais nulle part, ce qu’il croyait voir, cette dégradation d’une culture et d’une société, dont il nous rebat les oreilles, mais les faits divers ne sont qu’une aubaine pour les télévisions et les philosophes en mal d’imprécations.
Tout tremblant, il me regarda avec rage, comme si je le suspectais de ne pas quitter sa télé et son canapé (à la vérité c’est ce que je crois fermement), sur lequel, s’excitant tout seul il établissait ses funestes théories de Cassandre illuminé, prédisant le déclin et même la fin de la société française.
Par rapport à ce que la jeunesse d’aujourd’hui sait et fait, enfonçai-je le clou, nous sommes mal placés et trop ignorants, pour des leçons de morale.
Il se leva, furieux, ramassa ses Figaros et ses sous-produits de presse et s’installa au fond du wagon (incroyable journée de malchance pour lui !) au milieu de jeunes Français, de toutes origines, et de toutes conditions, rejoignant une Ong humanitaire en Afrique.

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier ici

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/henri%20lheritier/

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 12:12
 LES VÊPRES À LA VIERGE par l'écrivain Henri Lhéritier

Mon téléphone fixe était infesté de sollicitations diverses qui devenaient insupportables : isolation, électricité, chauffage au bois ou à la bouse séchée de bétail tibétain, vacances près de l’eau, et même sous l’eau, assurances gratuites.
Lorsqu’un jour, on proposa à mon épouse un homme à marier, je vis rouge, car elle en avait déjà un, en l’occurrence c’était moi, à moins que tellement rêveur je me sois mis à vivre avec la femme d’un autre, ce qui était aussi une possibilité.
Je résolus de m’en débarrasser, pas de mon épouse, du téléphone.
Dès lors ce fut un enfer, je compris que les appels téléphoniques n’étaient pas du marketing, on ne voulait pas nous vendre quelque chose, on avait avant tout la volonté de nous nuire, nous étions victimes d’un complot. Ne pouvant plus nous joindre au bout du fil, nos persécuteurs décidèrent de venir à notre rencontre. Naïfs, nous en laissâmes entrer quelques-uns, puis nous nous barricadâmes, une infernale bacchanale se tint alors sous nos fenêtres, on nous présenta de tout, des automobiles, de la lingerie, des sex toys, bientôt des types à poil et en érection vinrent se proposer pour se marier avec mon épouse ou avec moi, je ne sais plus, des femmes splendides également, au bout du compte, tous acceptaient de ne pas se marier, et se contenteraient, disaient-ils, de coucher avec nous, on ne savait plus ou donner de la tête, nous n’étions pas intéressés, nous résistions mais c’était tentant, hein ! mettez-vous à notre place.
Un matin, ce fut le bouquet, une dame qui ressemblait à Sharon Stone, en mieux, qui avait dû s’introduire chez nous par le garage ou le jardin, s’était mise à danser en se dépouillant de ses vêtements, devant nous qui nous trouvions au lit et avions remonté notre couverture jusqu’au menton. Une musique admirable tombée du ciel accompagnait chacun de ses mouvements, les "Vèpres à la vierge" de Monteverdi. Sur le" Lauda Jérusalem", elle était en train de faire glisser sa culotte, je n’en peux plus, dis-je à M., trop de désir. Me levant, un drap sur ma nudité, un sourire de carnassier sur ma bouche, je me mis à avancer.
Le téléphone sonna soudain, je m’ébrouai, zut ! ne l’avais-je pas coupé celui-là, serais-je donc dans un rêve ?
Une musique s’échappa de l’écouteur, puis des paroles, elles faisaient :
"Ha ! Qu'est-ce qu'on est serré, au fond de cette boite,
Chantent les sardines, chantent les sardines,"

Je suis M., mon mari est tombé, mort, le téléphone à la main, il avait déjà le drap mortuaire sur lui, je viens de reconstituer sa fin devant vous, depuis quelques jours, il paraissait dérangé.

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier, c'est ici!

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 10:44
Chronique moscovite (épisode 13): des hauts et des bas...‏  par Félix Edmundovitch Dzerjinski

« Celui qui ne regrette pas l'URSS n'a pas de cœur ; celui qui souhaite sa restauration n'a pas de tête ». (Blondin). Si tu te souviens de cette citation de Blondin, je t’assure petit Frantsouz, tu auras fait de grands progrès dans ta compréhension du pays, et franchement, si tu veux mon avis, tu as une sacrée marge de progression…

« Bien sûr, je suis un pur et absolu démocrate. (...) Depuis la mort du mahatma Gandhi, je n'ai plus personne à qui parler ». (encore Blondin). Tu vois, petit Frantsouz, Blondin c’est un humaniste, seul et incompris, mais qui conserve son légendaire sens de l’humour. Cela devrait te rassurer sur le pays… Quel blagueur quand même ce Blondin…

Allez, je vais te distraire, je vais te faire sourire ou même rire, après tes élections-piège à cons et toute cette médiocrité dans laquelle tu t’agites ! Tu es bien loin de ta grandeur passée, car un jour, vous les Frantsouzy, vous avez été grands…

Pour commencer, car je sais que Nicolas en gentleman fin de siècle en est friand, un petit détour par l’assiette, avant de rentrer dans le dur… Je suis allé un de ces week-ends dans un restaurant, le Docteur Jivago, dans l’hôtel National, face au Kremlin. De mon temps, il y avait quelques restaurants, pour les privilégiés, moi, en homme intègre et en ascète, je ne fréquentais que les stolovaya (cantines ouvrières) car j’étais et je demeure fondamentalement proche du peuple et du prolétariat même si l’art du tchékiste est de se fondre dans n’importe quel milieu… Les stolovaya, avec le capitalisme, à partir de 1991, ont toutes quasiment disparu. Aujourd’hui, les restaurants ont proliféré et quand un concept a marché, il est décliné en réseau des restaurants. Aujourd’hui, la scène gastronomique moscovite est dominée par deux groupes qui possèdent de nombreux restaurants, Novikov et Ginza. Mais la crèche où je te mène est un poil différente. Elle appartient à Alexandre Rappoport, déjà propriétaire de Kitaïskaya Gramota, où les serveuses sont habillées en garde rouge maoïstes et où j’aime à aller boire un cocktail, nuitamment, après un détour par la bania, ça me régénère. Cocktails de bonne facture comme le Moscow Mull, vodka au citron, bière au gingembre, sirop de gingembre, ça te réveille un mort. Mais retour sur le Docteur Jivago. La décoration y est irréprochable et me rappelle le bon vieux temps (mosaïques, lustres…) . Ah, cette étoile rouge, elle fut mon berger. Ces hommes à cheval, qui rappellent la cavalerie rouge et ses personnages qui rappellent les Malevitch, Petrov-Vodkine et Deneyka… Et tu n’y as que de la gastronomie russe, des bons produits et élégamment présentés. Une farandole de pelmeni (ravioli sibérien, au bœuf, au porcs au canard, au rêne), de pirojki (petit pains fourrés salés) et de kotlety (boulettes de viande). Ici, chez nous, pas de 5 fruits/5 légumes par jour, tu comprends, faut passer l’hiver. De la bonne cuisine russe contemporaine, légèrement revisitée… Une belle adresse, même si ce lieu appartient à un capitaliste, qui a su émouvoir mon cœur endurci de tchékiste. Une adresse qui sonne comme un rappel de l’Histoire et d’une histoire, la nôtre, à laquelle nous sommes irrémédiablement attachés, celle de la défunte URSS, mais si vivace dans mon cœur.

Tu as vu, petit Frantsouz comme les organes de sécurité sont forts par chez nous!! Tu as vu ça, dis? Les assassins de Boris Nemtsov ont été arrêtés et ils sont tous tchétchènes... C’est Ramzan, qui est bien triste… Ben en fait, les gars en question, dont un appartenait aux forces spéciales tchétchènes (bataillon Sever) auraient déclaré que le brun ténébreux Boris (un séducteur si tu as vu les photos de la donzelle qui était avec lui sur le pont) avait heurté leur sentiment religieux en prenant la défense de la liberté de la presse, suite aux attentats contre Charlie Hebdo. Souviens-toi, une manifestation, organisée par Ramzan à Grozny, contre les caricatures de Mahomet avait rassemblé 800 000 personnes…

Le fait que ce soit des Tchétchènes me fait sourire. Un sourire ironique. Tu te souviens de ce peuple délicat pour lequel ta presse et tes élites autoproclamées prenaient fait et cause. Et puis tu te souviendras probablement que le joli Boris était membre du gouvernement de l'Outre alcoolique qui déclencha, après moultes libations forcément alcoolisées, la première guerre de Tchétchénie en janvier 1994. J’ai encore dans la tête le cri du conscrit russe appelant sa matushka à l’aide au moment où le couteau se posait sur sa gorge juvénile... Sale guerre, comme toute guerre qui se respecte. Tu te souviens de l'Outre alcoolique, vous l'aimiez bien, vous disiez que le pays était sympa à l’époque, vous pouviez vous essuyer dessus comme sur un paillasson, souviens-toi du Kosovo, mais en fait, le pays était complètement imprévisible et même dangereux, ben ouais, ça flinguait ou rackettait dans tous les coins mais tu as oublié, tu as la mémoire gommeuse. Mieux vaut Blondin. Il dit ce qu'il va faire et fait ce qu'il a dit, il est très prévisible comme garçon et mieux vaut l'écouter.

Je vais t'expliquer comment cela s'est passé techniquement, cet assassinat. Avant, à l’époque soviétique et au mitan des années 1990, les Tchétchènes étaient utilisés pour les basses œuvres. Le commanditaire s'adressait à un gang et hop, le job était fait avec plus ou moins d’art. Aujourd'hui, tout a changé, tout s'est policé puisque le commanditaire passe désormais un tender (appel d'offres), ce qui suppose un cahier des charges, et c'est le groupe le mieux ou le moins-disant, le plus conforme au cahier des chares, qui l'emporte. Le commanditaire fait ensuite une avance pour régler quelques frais: armes, moyens de communication, moyens d'interception, de brouillage, voitures... Une fois la commande honorée, le groupe perçoit sa rétribution au prix fixé dans l'appel d'offres. Je suis sûr que si cela se passait comme ça en Europe, il y en aurait pour exiger des quotas de femmes, voir si tout se fait conformément au développement durable et au changement climatique, ben ouais, l’empreinte carbone c’est vachement important, le contactant serait un contractant de proximité, une sorte de slow food de l’assassinat... Enfin, ce changement te dit bien que le Russien sait adopter le mode capitaliste car l'appel d'offres suppose une mise en concurrence entre gangs... C'est beau le progrès. De mon temps, un mur suffisait.

Enfin, ce n'est pas la mort du beau ténébreux Boris, ni les sanctions d'ailleurs, qui ont empêché British Petroleum (BP) de signer un accord de 12 Mds de dollars avec le grassouillet oligarque Fridman pour un projet gazier en Egypte... Tu le sais, tu auras beau faire le singe idéaliste, t’agiter, l'argent n'a pas d'odeurs...

Tiens, cela me fait souvenir que le 12 mars 1947 le Président américain Truman définissait sa doctrine contre l’URSS, le containment. Je ne suis pas vraiment convaincu que la patrie du capitalisme ait véritablement changé de doctrine, y compris vis-à-vis d’une Russie hyper-capitaliste. Faut se faire une raison, nous Russiens, nous faisons peur ! Tiens, à propos d’avoir peur, les agités du Donbass, du moins les femmes faisant partie de bataillons, ont organisé un concours de beauté à l’occasion du 8 mars, fête des femmes. Je crois que c’est Svetlana Alexievitch qui a écrit « La guerre n’a pas un visage de femme »… Du même auteur, lis « La fin de l’homme rouge ». C’est irrémédiablement triste.

Laissons de côté ce qui n’est qu’écume sur la vague, la politique comme elle va, et cessons de parler de ce qui (te) fâche et évoquant la belle parmi les belles, Moscou ! Je me suis rendu récemment au pied du monument des conquérants de l’espace, sous lequel se trouve notre musée du Cosmos. Quel monument, quel gigantisme et quelle modernité. Et cela m’a fait plaisir, oui extrêmement plaisir, de retrouver la grandeur de notre beau et vaillant pays, l’URSS !! Ce musée te révèle le paradoxe de notre pays, y compris aujourd’hui, celui d’une puissance « pauvre ». Et puis surtout, nous sommes de sacrés bricoleurs, nous qui avons envoyé le premier homme dans l’espace. Pas comme les Américains, qui doivent tout à Werner Von Braun, ingénieur nazi, père des fusées V1 et V2. Sont pas rancuniers les Anglais avec leurs potes américains… Nous, nous avons fait tout, tout seuls, sur le coin de l’établi, dans un garage. Ce qui est pas mal, c’est que le musée conclue sur la coopération internationale, avec l’ISS, ça c’est quand même gentil de notre part de faire profiter tout le monde de nos savoir-faire. Faudrait pas l’oublier.

Après ce musée, je suis allé faire un tour au VDNKh. Jadis, c’était le centre des expositions où le peuple pouvait constater de visu les réalisations de la vaillante Union Soviétique, notamment dans le domaine agricole. L'entrée principale du parc est un arc de triomphe surmonté des figures d'un conducteur de tracteur et d'une kolkhozienne. C’est Jo le moustachu qui a eu l’idée de la chose histoire de se faire plaisir, un peu d’autosatisfaction ne nuit pas, et de faire plaisir au peuple, histoire qu’il voit le résultat de son travail. Tu as plusieurs pavillons dédiés à chacune des 15 Républiques Soviétiques et une fontaine avec 15 statures représentant les dites Républiques. Aujourd’hui, c’est devenu une foire à tout. Tu rentres dans un pavillon et tu trouves des restaurants, des magasins d’électronique, bref, de quoi satisfaire la fringale consumériste du populo. Mais il me revient que le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, un bon pote de Blondin, puisqu’il a été son chef de cabinet, donc un homme de confiance, aimerait que tout redevienne comme avant. Ben ouais, le Russien est un nostalgique, relis Oblomov ! Alors, il fait à la russe, un mélange d’autorité et de sensibilité. Il fait fermer les pavillons, les rénove, bref, il chasse les marchands du temple. Une perestroïka à rebours… Ou plutôt un savant mélange, un syncrétisme.

Et puis après, j’ai vu une belle exposition consacrée à Rodtchenko et sa compagne Stepanova. Tu avais tout, le Rodtchenko photographe, peintre, affichiste et designer. Là également, une bonne bouffée salutaire de sacrément bons souvenirs. Tu vois, petit Frantsouz, après ce restaurant, ce musée et cette exposition, je suis convaincu que mon pays ne peut pas mourir. Il est traversé par un flux vital, qui résonne jusque dans les bania, au moment où le bantchik force sur la vapeur, tu entends des cris de bêtes libérateurs, ce sont les cris d’ours (si cher à Blondin), des conquérant de l’Est qui bientôt, qui sait, déferleront sur l’Ouest, pour son salut bien évidemment, tu as appris à nous connaître… Vous ne vous débarrasserez pas de nous, vous nous avez sur le dos pour de longues années !

Avant de te quitter, je voulais te dire que j’avais lu « Soumission » de Houllebecq pendant mes vacances polonaises. J’ai trouvé ça un peu long ce qui est compensé par l’humour féroce de l’auteur, un facétieux. Je ne comprends pas la polémique en France, ce livre est juste une pochade, une déconnade. Bon, certes, comme le disait Blondin il y a déjà quelques années, « la France deviendra dans moins de 20 ans la colonie de ses anciennes colonies », c’est un fait, mais le roman de Houellebecq joue de vos peurs et le bestiau, ça le fait poiler et je le comprends. Pour revenir à la citation de Blondin, c’est du typiquement Russien. Vois-tu, petit Frantsouz connecté et globalisé, les Russiens ont trois obsessions assez éloignées des tiennes, mais tu ferais bien de prendre des cours de rattrapage : l’Histoire, la géographie déclinée en géopolitique, et la démographie (le nombre). Donc ne te vexe pas ou n’accable pas Blondin d’anathèmes, il est juste inquiet pour vous, pour ce pays qu’il adore et dont il apprécie particulièrement le Chassagne-Montrachet, à défaut d’avoir goûté les vins du Roussillon.

Si la situation en Ukraine te préoccupe, lis ça, cela te rassurera, hin, hin, hin :https://www.bellingcat.com/news/uk-and-europe/2015/03/11/vreditel-sobaka/ Tu comprendras que comme nous sommes un vaste empire, nous n’avons pas de problèmes de ressources humaines et nous envoyons nos Bouriates se battre en Ukraine contre l’OTAN, contre l’impérialisme. Le petit gars qui témoigne et qui a été blessé ne regrette rien. Amusant de voir les gens les bénir, eux, des Bouriates, des bouddhistes. Amusant de voir que pour nous autres Russiens, la guerre est un fête car partout d’où partent nos vaillants petits gars, tu as des fêtes. Au fait, j’espère que tu es bien conscient, petit Frantsouz, que les Etats-Unis envoient des militaires, en nombre, pour former les Ukrainiens. Dur tout de même de se faire une opinion, hein ?

Je suis retourné au bania, tu sais les bains russes. J’ai un bon rythme, une fois tous les 15 jours. A chaque fois que j’y suis, je me pose des questions sur mon peuple. Comment des gens, des adultes, peuvent-ils supporter une telle chaleur, suivi d’un bain dans une eau à 3°, et se faire fouetter par leur alter égo à l’aide de branches de bouleau, de chêne… Un drôle de peuple, non ? Et c’est une tradition ancestrale. Rien à voir avec ces tafioles turcomanes où tu te badigeonnes d’huiles essentielles. Je crois que mon peuple est un peuple basique, aux plaisirs simples et c’est un peu ple de guerriers. Gaffe à vos miches ! Mais attention, pas des barbares, j’ai tout de même vu une exposition Doisneau, Nadar et de photos soviétiques 1946-1964. Donc y en a dans le ciboulot, donc re-gaffe à tes miches ! Bon, j’arrête avec notre éternel complexe d’infériorité/supériorité (les deux en simultané et vice-versa).

Au fait, petit Frantsouz, tu connais Philippe Muray? Oui, non? Pas grave, pourtant c’est un des tiens, je te dédie ce poème de lui (http://www.youtube.com/watch?v=2lEupp9jzGs). Pas mal de lecteurs de l'Archipel devrait se reconnaître, qu’ils n’en soient nullement offensés...

Terminons sur un sujet qui fâche… Je t’ai pas beaucoup entendu lorsque l’Arabie Saoudite, alliance objective entre la famille régnante, les Saoud, et la prédication wahhabite, est intervenue au Yémen contre les chiites houthistes. Tu as fait plus de tintamarre lorsque Blondin a récupéré la Crimée, tu nous a même sanctionné et tu nous as remis un petit coup de sanctions en raison des agités du Donbass (qui de notre point de vue Russien fait partie de l’Ukraine, c’est un conflit ukraino-ukrainien, attention, c’est pas nous !). Faiut être cohérent, petit Frantsuz, sinon, t’es plus crédible, c’est pas bon l’indignation sélective. Blondin, il est méchant, le roi d’Arabie, il est gentil (pense au blogueur, au fait). Remarque, tu me diras, toutes ces histoires, au Yémen, c’est loin, et puis c’est des Arabes…

Et puis je t’offre une chanson, histoire de te rappeler qui nous sommes ! https://www.youtube.com/watch?v=U_VO6SJiny8 C’est une chanson de la guerre civile qui dit que l’Armée rouge est la plus forte, une chanson qui te pose le décor parce qu’à l’époque, nous avions les Blancs sur le paletot, ça va encore, ça reste les nôtres, mais en plus les alliés, quelques français, des américains (décidément, nous sommes une obsession pour eux), des anglais, des japonais qui soutenaient les Blancs. La chanson est interprétée par les gars de Liube, le groupe préféré de Blondin. Mais toi, tu préfères Emeute dans ta chatte(Pussy Riot).

Voir aussi:

Les précédentes chroniques moscovites

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Chronique moscovite (épisode 13): des hauts et des bas...‏  par Félix Edmundovitch Dzerjinski
Chronique moscovite (épisode 13): des hauts et des bas...‏  par Félix Edmundovitch Dzerjinski
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 12:39
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maximilien_de_Robespierre
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Entre Robespierre et Savonarole qui choisiriez-vous ?
J’hoquetai. Nous étions chez Pierre Gagnaire et le serveur avait successivement posé devant nous, repus, les yeux emplis d’étoiles et plissés d’émerveillement, la caravane du menu dégustation.
Corolle de Saint-Jacques au gingembre frais, mangue jaune et verte, kaki, pamplemousse thaï, sirop d’oignon doux des Cévennes parfumé au curry Madras, barquette à l’encre de seiche, langues d’oursin, et rouget de roche au potimarron, gousse d’ail de Lautrec, bar St. Germain du chef qui, chez nous, est un loup, pas le chef, le bar, qui n’est pas un bar non plus.
J’étais amoureux de la langue d’oursin dont je prétendis qu’elle était supérieure à la langue d’Esope mais aussi, je fis alors le malin, à celle de Savonarole ou de Robespierre dont je me demandai aussitôt ce qu’ils venaient bien faire chez Gagnaire.
Au dessert, le type qui m’avait invité me pose donc cette question. C’était lui qui payait, je n’aurais pas aimé être à sa place. Me maudissant d’avoir cité ces deux excités, je me mis en quête de répondre.
Qu’auriez vous fait d’autre ? me dit-il.
Moi ? Rien ! Répondis-je, car on ne me payait jamais à bouffer chez Pierre Gagnaire, je me contentais d’un sandwich à midi, d’une soupe le soir, du bar des Allées avant et après (le seul bar connu par moi) et je me foutais de Savonarole et de Robespierre comme de l’an quarante.
Eh bien ! Entre l’illuminé de Florence et celui d’Arras, figurez-vous que je choisis Robespierre alors que le serveur nous fournissait en desserts aussi fastueux que nombreux pour la raison simple que je n’aime pas les desserts et que Robespierre va bien avec eux, (comprenne qui pourra) et aussi parce que je me souvins subitement que lors de mon voyage de noces, à Florence, ma voiture fut mise en fourrière au petit matin, et la fourrière, en Italie, à cette époque, c’était l’antre des Gorgones. Cette fâcheuse aventure post maritale jeta le discrédit sur le jeune marié que j’étais, mon épouse ayant compris, dès le lendemain du mariage, mais c’était top tard, à quel imbécile elle avait affaire. Je suis l’ultime victime de Savonarole.
Ayant fait ce choix sans doute néfaste, j’avalai alors le fond de la bouteille de Côte rôtie, la Landonne de Guigual, en catimini, car mon vis à vis aimant les gâteaux mais pas Robespierre, je craignais fort qu’il ne changeât d’avis sur la note qu’on ne tarderait pas à nous présenter.

Voir aussi:

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier

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Le travailleur Catalan,André Marty: toute une histoire!interview de l'historien Michel Cadé par Nicolas Caudeville

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/article-le-travailleur-catalan-andre-marty-toute-une-histoire-interview-de-l-historien-michel-cade-par-nico-78010778.html

Lorsque les Pyrénées-Orientales étaient révolutionnaires, récit par l'historien Michel Cadé! interview par Nicolas Caudeville

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ROBESPIERRE ET SAVONAROLE par l'écrivain Henri Lhéritier
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 11:36
LES CHATS D’OSAKA par l'écrivain Henri Lhéritier

Toute sa vie il s’était pris pour un thon rouge à cause de la Méditerranée qu’il aimait tant.
Il chérissait cette mer non pas pour l’eau qui remplissait ses flancs mais pour les terres qui la découpaient. S’extrayant parfois de son banc, sautant au-dessus de ses congénères et contemplant ses rivages, il ressentait une grande fierté de lui appartenir, de rôder, libre et puissant, à l’intérieur de ses lignes brisées, longeant ses plages, heurtant ses promontoires et remontant ses estuaires.
Combien de fois, passant au large de Rome, s’était-il cru César ou kaiser à Trieste, tsar à Sébastopol, sultan à Istanbul, raïs au Caire, Ramsès II à Memphis, négus à Addis-Abeba, bey à Tunis, gouverneur à Alger, tyran à Syracuse, comte à Barcelone, président de la république à Marseille, tous les potentats locaux, les Cléopâtre aux seins d’albâtre, les princes des déserts, et les despotes sanguinaires, défilaient devant lui, il les reconnaissait, il se racontait leur histoire, et il faisait des bonds de joie au-dessus des rouleaux, alors que flottaient encore autour de lui les bois brûlés des batailles passées, Salamine, Lépante, Aboukir, Odessa, et les os blanchis des marins sacrifiés.
Et maintenant, il se trouve là, abandonné.
Il entend encore ce cri de fureur lorsque d’un coup de couteau, on le transperça, devant des faces jaunies, dans cette halle hurlante, vide d’eau et emplie de puanteurs cruelles :
« Nom de Dieu, il est blanc ! »
Il se croyait rouge, il n’était que blanc
Il gît sur ce trottoir où on l’a jeté, blessé à mort, les flancs palpitant encore, séparé des siens qui l’avaient toujours accompagné et qui le sachant différent l’avaient accepté comme un des leurs, sans un reproche, ni la moindre remarque, lui agonisant si loin des horizons qui avaient tenu une telle place dans sa vie, des criques devant lesquelles il croisait, des visages de l’histoire dont cette terre regorgeait, entouré des chats d’Osaka qui lui mangent déjà les ouïes.

Voir aussi:

"OBLOMOV" par l'écrivain Henri Lhéritier

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Le tout meilleur d'Henri Lhéritier ici:

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LES CHATS D’OSAKA par l'écrivain Henri Lhéritier
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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 16:09
"OBLOMOV" par l'écrivain Henri Lhéritier

Il n’avait plus envie de rien.
Il ne sortait pas de sa maison lorsqu’il pleuvait et n’en bougeait pas non plus quand il faisait beau. Il ne souhaitait ni dormir, ni rester éveillé, se plaignant de s’endormir lorsqu’il était éveillé ou de se réveiller lorsqu’il était endormi.
Il n’était pas capable d’écouter plus de deux mesures du « Voyage d’hiver », et de boire plus de deux cuillerées de la soupe aux truffes noires qu’il préparait pourtant à merveille. Il ne faisait plus l’amour, ne tournait plus les pages d’un livre, ne regardait plus les étoiles, n’enfilait plus ses chaussettes, ne lisait plus un seul commentaire sportif dans son quotidien.
Parfois il avait l’impression d’être emporté au fil de l’eau, tel un chien mort, ballottant dans les remous, touchant une rive puis l’autre, cadavre raidi plongeant et surgissant, les pattes en l’air ou le museau à fleur d’eau, jusqu’à ce qu’un amas de branchages, le retienne, tournoyant dans une anse, désormais à la disposition des poissons, des oiseaux et des rats.
Et à d’autres moments, il n’était qu’un lichen de forêt nordique, attaché à son arbre, à peine oscillant au vent glacé de l’Arctique, insensible à l’humidité, au froid et aux caribous.
Quelque chose de la vie l’abandonnait, son âme s’évanouissait et le monde jour après jour lui devenait indifférent, il avait le sentiment que cette terre qu’il avait tant aimé, se dénudait, perdait ses atours, comme une jeune fille se déshabillant devant lui à qui chaque vêtement ôté enlèverait peu à peu l’essentiel de son charme et de son mystère..
Tout le lassait, tout le saoulait, le bruit d’un papillon le dérangeait, le vent dans les platanes l’irritait et les petits portraits qu’il s’amusait à faire, saynètes ou contes ou fables ou petits riens, appelez les comme vous voudrez, ne l’amusaient plus.
Et même celui-ci, il jeta son papier par la fenêtre, il ne le finirait pas !

La tramontane qui l’emportait l’a déposé devant ma porte.

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 09:59
Chronique moscovite (épisode 12) : La roue de l'Histoire et du T-34‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski

« Idéaliste probe, implacable et chevaleresque, au profil émacié d’inquisiteur, grand front, nez osseux, barbiche rêche, une mine de fatigue et de dureté. Mais le parti avait peu d’hommes de cette trempe ». (Victor Serge, sympa, il parle de moi…)

« Car désormais, dans un monde en proie à la cohue et à la plèbe, la plus haute conquête est l’œuvre d’art ». (André Suarès, Le Condottiere)

Ben même si je ne passe pas, de prime abord pour un esthète vu mon beau métier, qui est tout de même un métier de seigneur/saigneur, je me sens proche de cette citation et je pense que le véritable gentleman, aujourd’hui, je ne te parle pas des post-modernes gavés par la globalisation, euh j’adore le concept, t’es allé en Thaïlande, quel peuple, quelle douceur, non mais la guerre je supporte pas, le racisme non plus et la faim dans le monde itou… (sans en avoir conscience, il est un peu cette cohue et cette plèbe même si sa classe est celle des dominants), se doit d’avoir lu ou de relire ce magnifique livre qui parle d’un temps où l’Homme fut grand (hormis notre révolution, bien sûr), la Renaissance en Italie.

« Nous devons puiser dans différentes périodes historiques tout ce qui est réellement important et précieux. Cette synthèse peut être résumée par la formule ’’foi, justice, solidarité, dignité, grandeur de l’État’’ ». (Kirill, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies).

Kirill, un ex du KGB, de ma grandiose maison qui assure le présent et l’avenir de mon glorieux pays. Et l’histoire n’est pas prête de s’arrêter vu que c’est nous, les Russiens, qui tenons la plume et nous ne sommes pas prêts de la lâcher. Bon, dans ce qui dit le petit père Kirill, tu l’auras compris, Blondin ne retient que la grandeur de l’Etat. Et quoi de mieux que nous, les organes, pour assurer et incarner cette grandeur. Le reste, c’est tout juste bon à amuser la galerie et le populo. Si tu t’intéresses à la religion aujourd’hui en Russie, cours voir « Leviathan » de Zviaguintsev, un film qui en dit long sur la Russie d’aujourd’hui, c’est-à-dire libérale, ultra-libérale comme tu aimes…

Quel coquin ce Blondin, il aurait proposé, en marge du G20 (pas le supermarché, le sommet qui sert à rien et te coûte cher) à la Füreur Angela de régler l’affaire de la petite province, l’Ukraine, à la tchétchène. C’est-à-dire en achetant les deux entités agitées, à coup de subvention et d’autonomie. Elle en a été soufflée, la Füreur. Faut nous comprendre, nous les Russiens, nous avons un côté un peu oriental, un peu marchand de tapis, un peu négociant de bazar. Désolé, petit Frantsouz, nous n’avons pas la même culture et je crois que nous résistons tout de même bien à la globalisation même si le mode de consommation est le même mais tout cela, dans le fond, n’est qu’apparence. Les fondamentaux demeurent. Bon, tu vois, tout en haut de la pyramide, que dis-je, du mausolée, il y a Blondin et en bas, il y a tout le reste. Et dans tout ce reste, tu as nos députés, bon ils sont un peu comme les tiens, pas finauds, sensibles aux lobbies, j’en passe. Ben chez, nous, dans le contexte des sanctions et de la crise économique, tu en as certain qui ont trouvé des solutions, des génies. Ils disent au bon peuple : « Mangez moins, utilisez de la betterave en guise de rouge à lèvres, préférez les culottes russes en coton à la délicate lingerie française et rappelez-vous que Dieu met votre foi à l'épreuve. » Alors, je te vois avec ton air narquois, mais cela en dit long sur le pays et sur les mentalités. Cela démontre notre patriotisme. J’en veux pour preuve que peu de Russes se sont rendus à l’étranger pour les fêtes. Normal, chute du rouble oblige, bon sauf pour certains de nos oligarques qui sont allés aux Seychelles ou à Saint-Bart’. Les fonctionnaires (tu te rappelles la chanson de la dernière chronique, de Seminon Slepakov, sur ce fonctionnaire qui a tellement peur qu’il n’arrête pas de voler) ont dû donner l’exemple cette année, ils sont restés dans le pays comme la plupart de leur compatriotes, ils sont allés à Sotchi s’adonner aux joies des sports d’hiver. C’est ça la patriotisme à la russe. Allez, écoute cette chanson sur Paris de Semion Slepakov (https://www.youtube.com/watch?v=9eCvm9YJPXY). C’est l’histoire d’une baba (une bonne femme chez nous) qui dit à son muj (son homme), voir Paris et mourir et lui de lui égrener bons nombres de villes de notre 1 000 fois Sainte Russie où tu peux mourir itou et pour moins cher. La chanson se termine par un « Vperiod Rossiia » (en avant la Russie) et « Parij govno » (Paris, c’est de la merde) et il dit même qu’il veut mourir en Russie !

Tu as le sens de l’Histoire, petit Frantsouz ? Non, je ne crois pas. Tu es perdu dans l’immédiateté, dans le consommable, le rapide et le jetable, c’est ça la postmodernité. Ben, tu vois nous sommes en février et je veux m’arrêter au 4 février. En 1900, j’étais arrêté en raison de mes activités révolutionnaires et mis en prison à Varsovie (tu as la photo), dans une citadelle, pavillon 10.

Mais surtout le 4 février est une date mémorable, en 1945 surtout. C’est la conférence de Yalta !! J’ai pas l’impression que ta presse s’y arrête, sûrement une mémoire sélective ou gommeuse… Cet anniversaire a été l’occasion pour Blondin de participer à une conférence intitulée « Yalta : passé, présent et futur » (y avait un député qui est le petit-fils de Molotov). La conférence avait lieu en Russie, en Crimée, à Yalta au palais Livadia, ancienne résidence d’été de ces pourceaux de Tsars, que nous avons jetés dans les poubelles de l’histoire en 1917. Pour nous, dans le contexte actuel où chacun réécrit l’Histoire à sa façon, vois ces bouffres de Polonais, ces pitres d’Ukrainiens, cet anniversaire est important. Ces salopards minimisent le rôle de la vaillante Armée rouge dans la victoire sur le fascisme. Et Blondin, qui se mue en professeur d’Histoire te donne une leçon à cette occasion en soulignant que malgré des divergences idéologiques profondes, ben le trio de la photo (tu as remarqué, petit Frantsouz, y a pas un Frantsouz sur la photo des vainqueurs qui se partagent le gâteau) a fait un boulot plutôt constructif (ce qui va dans le sens de nos intérêts est forcément constructif) qui a abouti à la fin de la 2èmeguerre mondiale. Mais Blondin, il est fort et le passé lui rappelle le présent et inversement d’ailleurs et il te dit « dommage que les récents événements nous disent le contraire : sous nos yeux, se déroule une campagne de révision du bilan de la 2ème guerre mondiale, diminuant la part de l’Armée rouge dans la victoire. » Blondin, ça l’énerve que les anciens vassaux se mettent à prendre la plume pour écrire et dire n’importe quoi. Et il te dit que Yalta, c’est un modèle de règlement de conflit, y a pas plus clair comme message !!! Mais aujourd’hui, avec qui veux-tu parler ??

L’Histoire, ne l’oublie pas, demeure un enjeu idéologique et politique et Blondin l’a bien compris, alors que vos dirigeants occidentaux, ben, ils sont postmodernes et pas vraiment animés par la grandeur et l’épopée… Y a qu’à voir le procès du gras sodomite qui voulut être roi qui se déroule actuellement chez toi petit Frantsouz, ça passionne les foules… Quelle misère, incapable de voir au-delà du bout de sa queue… Vous en avez des visionnaires par chez vous, dites donc !! Imaginez ce gras sodomite président de votre petite république… Imaginez que le bout de sa queue ait pu guider votre politique étrangère… Je peux te dire qu’il aurait adoré la Russie, ce qui est le cas aujourd’hui puisqu’il y vient fréquemment en tant que membre (tiens…) du conseil de surveillance d’un fonds et d’une banque… Je pense que nous devons avoir les images à la Loubianka… Au moins, Blondin est un ascète, un ascète gourmand !! Je reprendrais bien una fettina d’Ukraine…

Bon, le cessez-le-feu a l’air de tenir, du moins, tout le monde fait semblant d’y croire, surtout les Européens. C’est le jeu, d’abord, il faut dire que la négociation a été un succès, puis le temps passant… Toutes ces histoires me fatiguent, de mon temps, nous serions déjà à Kiev, en train de laver nos bottes dans le Dniepr… Pour me distraire, je suis allé au Musée Pouchkine, non pour voir la magnifique collection des impressionnistes, mais pour aller voir une exposition sur la thématique des Madone à l’enfant depuis les icônes byzantines jusqu’à la Renaissance italienne, le cinquecentao. Tu y avais donc une magnifique Madone de Piero della Francesca, un Bellini, un Cosme Tura. Puis après, j’ai baguenaudé dans le musée, peinture italienne, flamande… Et j’ai vu un drôle de truc. Il y avait là une jolie femme, une étrangère, une Frantsoujenka. La voilà abordé par un jeune Russien, en anglais. Elle lui répond en russe, il est agréablement surpris de constater que cette étrangère ne parle pas que la langue de l’impérialisme. Et le jeune Russien de la questionner : « vous aimez Nicolas Sarkozy ». Elle fait la moue, je la comprends. Et le jeune Russien de lui répondre : « Moi, j’aime Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ».

Woua ! J’apprends que vous décorez le patron du contre-espionnage marocain. Moi, en tant que professionnel, je trouve ça bien, il mérite. Ce Monsieur protège ses concitoyens et je pense même qu’il échange de substantielles informations avec ses collègues occidentaux sur ces barbus qui causent tant de tracas. Et je pense qu’il peut même rendre service, surtout à toi petit Frantsouz, ou plutôt à des hommes politiques, qui parfois en villégiature au Maroc, se laissent un peu aller en s’adonnant en toute impunité à leurs vices cachés. Tu vois ce que je veux dire ? Bon, mais là n’est pas la question, les gens de ma profession font leur miel de ces failles si humaines, argent, sexe, ego, déviances diverses… C’est du tout bon ! Non, ce qui m’amuse, c’est que toi qui est si prompt à défendre les droits de l’Ôm, ben là, je t’entend pas beaucoup. Tu imagines que vous ayez décoré le patron du contre-espionnage russe (qui le mérite tout autant que son collègue marocain, tchékistes de tous les pays, unissez-vous !), cela aurait donné lieu à de jolis discours indignés et bien-pensants, à de jolies cris d’orfraies, ce dans quoi tu excelles, petit Frantsouz, un peu comme un castrat. Tout est dans le rapport de forces et c’est un domaine dans lequel tu ne brilles pas, un peu comme si tu n’avais rien compris à la marche du monde. Et c’est comme cela que tes élites, ton Grolland and Co., qui se disent porteurs de valeurs, et vas-y que je fasse un fourre-tout république-droits de l’homme…, baisent les babouches des grand bey assis sur des bonbonnes de gaz ou de pétrole ou tentent de leur vendre des armes dernier cri… En fait, vous les Frantsouzy, vous êtes un peuple schizophrène, vous ne vous assumez pas.

Obama, le président de l’Empire du mal, a dit que ce qui distinguait les Etats-Unis de la Russie, c’était la capacité à produire de l’innovation, de l’immatériel, bref la créativité. Eh, nous aussi, nous sommes capables, nous sommes des créatifs. J’en veux pour preuve le nom d’un des bataillons des agités du Donbass, Motorola, qu’il s’appelle. Et qui sait, bientôt un bataillon Google, Apple, tu auras toute la Silicon Valley dans le Donbass !!! Et puis, nous sommes sacrément créatifs, en géographie surtout ! Blague à part, ce que dit Obama est très important. Il n’a justement pas compris que nous étions différents, nous les Russiens. Ben ouais, nous sommes plus dans le concret, nous, c’est des territoires que nous conquérons, voilà tout. Et moi, pauvre naïf, qui croyais qu’aux Etats-Unis tu avais le droit d’être différent…

Allez, je te laisse, petit Frantsouz, je vais en Pologne, pas en T-34 et pas pour laver mes bottes dans la Vistule, tu peux rassurer tes amis polonais vendus aux américains, juste en villégiature, histoire de me remémorer mes origines, visiter Cracovie, la ville Mitteleuropa par excellence, un temps bien révolu, puis Auschwitz, histoire de se souvenir et surtout de ne pas oublier et le musée de l’insurrection (où éclate tout le réalisme politique de Jo le moustachu puisque pendant l’insurrection menée par l’armée de l’intérieur, qui dépendait du gouvernement polonais en exil à Londres, l’Armée rouge n’a pas bougé, faut dire que ces résistants n’étaient pas très collectivistes dans l’âme…). Tu vois c’est ce qui nous caractérise le réalisme, nous nous sommes complètement affranchis de critères moraux, nous avons des intérêts et nous cherchons à nous y tenir, tant pis s’il y a des morts, ce sont des copeaux de l’Histoire, tandis que par chez toi, petit Frantsouz, vous êtes très à cheval sur la morale et vous avez des critères dignes d’une cours de récréation « il est gentil », « il est méchant ». Prends Blondin, il n’est ni gentil, ni méchant, il poursuit ses intérêts personnels et ceux de son pays. Rien à ajouter, circulez. Après tu es d’accord ou pas et alors… « Me ne frego » comme disait les autres dans les années 30 en Italie.

Mais avant de te laisser pour mieux nous retrouver plus tard, un petit retour sur l’assassinat de Boris Nemtsov s’impose.

Pas un mec que j’aurais fréquenté, un libéral, un de ceux qui ont vendu le pays et qui ont bien profité, pas le genre de ma crèche si tu vois ce que je veux dire, ancien vice-Premier ministre de l’Outre alcoolique que vous aduliez en Occident à cette époque. Remarque, je vous comprends, à cette époque, le pays qui était vendu à la découpe vous faisait rire, vous disiez que c’était une démocratie, en fait c’était un bardak (bordel), aujourd’hui qu’il s’exprime et qu’il a des intérêts, ben le même pays vous fait peur. Vous avez oublié qu’à l’époque de l’Outre alcoolique, des assassinats de ce type, tu en avais des dizaines par mois et à peine un entrefilet dans ta presse de révérence… Attention, faut pas imputer l’assassinat de Nemtsov à Blondin comme l’insinue, par des détours pervers, la mauvaise presse occidentale, il y est pour rien et il prend même personnellement le contrôle de l’enquête. Le Nemtsov ne représentait aucune menace pour Blondin. Tu as écouté le discours ambiant des potes de Blondin, « c’est une provocation étrangère »… Ce climat me rappelle des souvenirs, pas toi ?… Les mecs qui ont fait ça sont probablement des types un peu bas du front (national), des nationalistes qui ne supportent pas que le pays soit critiqué et Sali et pour lesquels Nemtsov était un agent de l’étranger à moins que ce ne soit des Russiens qui aient tout perdu dans les années 1990 et qui aient décidé de se venger. Faut dire qu’en ce moment, Blondin et ses séides bourrent le mou du populo sur un pays assiégé, entouré d’ennemis, mais bon, c’est un poil vrai, la Russie est aujourd’hui en guerre et c’est le doux climat délétère d’un pays en guerre. Bon faut reconnaître que Blondin leur a un peu lâché la bride, ben ouais, c’est ça la démocratie, la liberté d’expression et tutti quanti… mais c’est pas lui ! Au fait, Blondin est toujours à 85% d’opinions favorables, alors… Personne ne changera le pays, c’est un pays dur, surtout pour les siens si cela peut te rassurer petit Frantsouz.

Ah, au fait Nicolas, commande-moi le livre de Victor del Arbol ! Moi, je te recommande « La limite de l’oubli » d’Alexandre Lebedev.

Voir les autres chroniques moscovites ici:

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/chroniques%20moscovites/

Chronique moscovite (épisode 12) : La roue de l'Histoire et du T-34‏ par Félix Edmundovitch Dzerjinski
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