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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 21:56

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Dans sa chronique de "la semaine du roussillon", le journaliste Bernard Revel dénonçait que pour le 100ième anniversaire de la naissance du chanteur Charles trénet et le prix nobel de littérature Claude Simon, le département et la mairie de Perpignan, ne se remuait pas trop pour leur rendre hommage!

 

"Bon, d’accord, j’exagère. Comment peut-on dire qu’on hait une ville en bloc, comme ça ? Ça n’a pas de sens. D’ailleurs, j’aime Perpignan. Mais je n’aime pas tout. Aimer une ville, ça ne veut rien dire non plus. Une ville, c’est une bouteille vide. Aime-t-on une bouteille vide ? Je veux dire, c’est un contenant. Mais ce qui compte, c’est le contenu. Dans Perpignan, il y a des choses que j’aime. Des gens, d’abord. Des lieux aussi. La Promenade des platanes avec ses Maillol, la terrasse du Grand café de la poste, le cinéma Castillet, la librairie Torcatis, la place de la Loge, quelques coins au bord de la Basse, quelques vieilles rues et puis c’est tout ou presque. Le Perpignan que j’aime est tout petit. J’en fais vite le tour. Je m’efforce d’éviter le reste, tout ce qui pourrait vite gâcher, pour peu que ma disposition d’esprit s’y prête, ma promenade.Mais on ne peut pas toujours fermer les yeux. On ne peut s’empêcher de voir et de sentir la saleté dès qu’on s’éloigne du centre, de pester contre toutes ces rues hostiles aux piétons et aux cyclistes, inaccessibles aux handicapés, de fuir telle place écrasée de soleil où montent la garde de longs pinceaux pelés autour de bancs où personne ne s’assoit, d’être agressé par des panneaux de « communication » politique qui, pour reprendre l’ancien slogan de Charlie Hebdo, « nous prennent pour des cons ». Alors, parfois, ça sort comme un cri : « Je hais Perpignan ! » Même si, au fond, je pourrais dire la même chose de beaucoup d’autres villes. Elles finissent par se ressembler toutes dans leurs alignements géométriques, avec leurs immeubles de verre et d’acier sans grâce, leurs mêmes vitrines répétées à l’infini, et, tout autour, dans l’archipel des ronds-points, leurs mêmes horribles zones commerciales. A croire qu’un seul architecte a conçu tout cela.

Mais bon, j’aurais bien aimé que Perpignan sorte du lot, invente, imagine, étonne. Hélas, si la ville se distingue c’est pour me donner d’autres raisons de la détester. Je ne l’aime pas quand, grenouille voulant être aussi grosse qu’un bœuf, elle se dote d’un « Centre del Mon » qui crève à force d’être trop enflé. Je ne l’aime pas quand elle détourne la pensée d’Albert Camus et tolère dans un espace public un monument à la gloire de l’OAS. Mais surtout, je ne l’aime pas quand elle n’est même pas capable de rendre un juste hommage à ses propres enfants. Dans Catalan, il y a talents, paraît-il. Encore un slogan creux dont se parent des élus toujours prompts, qu’ils aient la raie à droite ou à gauche, à se caresser eux-mêmes dans le sens du poil. Mais le vrai talent, s’en soucient-ils ? Quand on voit comment ils ignorent les plus beaux fleurons perpignanais du siècle passé, on peut se poser la question.

Il se trouve que 2013 est l’année du Centenaire de Charles Trenet et de Claude Simon. Charles Trenet est né à Narbonne le 18 mai 1913. Il a vécu à Perpignan de 1922 à 1930. Son talent a véritablement éclos dans cette ville sous l’influence du poète Albert Bausil et de sa bande. Nombre de ses chansons évoquent la cité catalane, ses filles, ses personnages, ses rues, ses monuments, sa gare. « Fidèle, je suis resté fidèle », dit un de ses plus beaux refrains. Et son répertoire le prouve. Claude Simon est né le 10 octobre 1913 à Tananarive. A la mort de son père, militaire tué au front en 1914, il vient vivre à Perpignan avec sa mère, d’origine catalane. Il y restera jusqu’à la mort de cette dernière en 1924. Dans nombre de ses livres, Claude Simon décrit le Perpignan qu’il a connu (« Le Tramway », « L’Acacia », « Le Vent »). Il obtient en 1985 le Prix Nobel de littérature. Charles Trenet et Claude Simon ont fréquenté la même classe de cinquième du collège François Arago lors de l’année scolaire 1924-1925, ainsi qu’en atteste une photographie où ils sont assis chacun à une extrémité du premier rang, Claude à gauche, Charles à droite. Ils ont 11 ans. Ils se sont à peine connus. Suite au décès de sa mère, Claude Simon part en cours d’année pour Paris.

N’y avait-il pas, en 2013, une occasion unique de les réunir dans un même hommage ? La ville y a-t-elle pensé ? Il semblerait que non. Narbonne célèbrera le Centenaire de Trenet. Paris aussi. Perpignan ? Trenet, connaît pas, même si une salle porte son nom au palais des Congrès. Claude Simon sera mieux loti puisque l’Université de Perpignan qui n’a jamais cessé de l’étudier lui consacrera un colloque en octobre en association avec la librairie Torcatis qui, par ailleurs, présentera en mai le tome II de ses œuvres dans la Pléiade.

Mais ne pensez-vous pas que le double événement méritait une toute autre ampleur ? Le « talent » de ces deux Catalans n’est-il pas, aux yeux de nos élus, suffisant pour qu’ils consentent à donner leur nom à des lieux emblématiques de la ville ? Perpignan se déshonorerait-elle, par exemple, en baptisant Charles Trenet la promenade des Platanes ou en donnant à sa Médiathèque le nom de Claude Simon ? Il n’est jamais trop tard pour bien faire, bien sûr. Les « décideurs » vont peut-être se réveiller, retrouver la mémoire et réaliser enfin que longtemps longtemps après qu’ils auront disparu, ce ne sont pas leurs noms qui courront dans les rues. Mais je me berce d’illusions. Je vais encore tomber de haut. Oui, vraiment, parfois, quand j’y pense, c’est plus fort que moi : je hais ce Perpignan-là !"

Voir aussi:

Célébrer le centenaire de la naissance de Claude Simon

http://lecercle.lesechos.fr/cercle/livres/critiques/221166478/celebrer-centenaire-naissance-claude-simon

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commentaires

S
<br /> Il faut savoir que si Charles Trenet n'est pas "fêter" dans les P.O., il ne l'est souvent qu'à contre coeur à Narbonne et uniquement pour une image marketing.<br /> <br /> <br /> Le personnage, en soi, n'a pas laissé une image très propre. Pédophile notoire, il a violé un jeune garçon dans le train entre Perpignan et Villefranche-de-Conflant, le jeune garçon à peine âgé<br /> de 13 ans, l'avait dit à ses parents. Au cours d'un autre voyage dans le même sens, il était accueilli à Villefranche par les villageois qui voulaient le lincher. Charles Trenet faisait<br /> régulièrement ce trajet pour se rendre à Vernet-les-Bains, alors fort prisé par une certaine "jet set". Ma grand-mère, native de Fillols et qui pendant longtemps fut une intime de Charles Trenet<br /> ne le revit plus après cette histoire. D'autres histoires de pédophilie ont été rendues publiques également sur Narbonne. Cela n'enlève bien sûr rien à son talent, mais son image fut tout de même<br /> mise à mal.<br /> <br /> <br /> Pour Claude Simon, je n'en connais malheureusement pas les raisons.<br /> <br /> <br /> Donc avant de juger une population, peut-être faut-il en connaitre l'histoire me semble-t-il. Mais encore une fois je ne me place pas en avis majeur. Juste en petite-fille de quelqu'un qui connut<br /> fort bien la personne.<br />
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