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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 20:15

 

IMAG0599-copie-1Georges Frêche, né le 9 juillet 1938 à Puylaurens (Tarn) et décédé le 24 octobre 2010à Montpellier (Hérault) était un homme politique français.

Ancien député-maire de Montpellier, connu pour ses prises de parole controversées, il préside la communauté d'agglomération de Montpellier depuis 1977 et le conseil régional de Languedoc-Roussillon depuis 2004.

Il était professeur honoraire d'histoire de droit romain à l'université Montpellier 1, après des enseignements de l'histoire du droit, du droit romain et des idées politiques à l'UFR Droit et à l'UFR Sciences économiques.

Carrière politique [modifier]
Débuts [modifier]

C'est à son arrivée à Montpellier pour enseigner à la Faculté de droit que Georges Frêche adhère à la SFIO, composé à Montpellier d'une unique section et de quelques adhérents.

En mars 1973, Georges Frêche est candidat PS pour la première fois aux élections législatives à Montpellier. Héritier d'une gauche colonialiste, il tente à cette époque de se rapprocher des milieux de l'ancienne Algérie française et rencontre à l'issue du premier tour le candidat battu du Front national, ancien membre de l'OASAndré Troise, qui, sans appeler officiellement à voter pour le socialiste, soutiendra officieusement le candidat, victorieux au second tour3.

Selon Jacques Molénat4, cette attitude de Frêche avec les nostalgiques de l'Algérie française s'inscrit dans une politique globale envers les rapatriés dans une ville où la communauté Pieds-Noirs est l'une des plus importantes de France (25000 personnes en 1977 dans la ville), notamment depuis la construction ex nihilo du quartier de La Paillade, initialement destiné à accueillir le flux des nouveaux arrivants par son prédécesseur à la mairie de Montpellier, François Delmas. La prise en compte de ce vote pied-noir serait l'un des éléments de ses victoires successives depuis 1973 et s'explique par un soutien aux associations liées aux pieds-noirs, la construction d'une Maison des rapatriés, le recrutement dans des emplois municipaux, un accès facilité aux logements, la création d'un musée de la France en Algérie, etc.

Ainsi, il prend sur sa liste aux municipales de 1977, Guy Montero, ancien officier de la Légion étrangère condamné pour appartenance à l'OAS, après lui avoir confié son service d'ordre pour ces élections. En 1982, il met en berne tous les drapeaux de la ville quand Claude Cheysson, ministre des Relations extérieures (affaires étrangères) de François Mitterrand, vient s'incliner à Alger devant la tombe des « combattants du FLN »3.

Maire de Montpellier [modifier]

Avec pour objectif un développement de la ville de Montpellier, il engage celle-ci dans une série de grands travaux. Georges Frêche se targue souvent d'avoir fait exploser la population de la ville, citant par exemple un passage du 25e au 8e rang national5 au cours de son mandat. Mais, en réalité, la plus forte croissance a lieu dans les années 1960, bien avant son premier mandat, suite à l'arrivée des Pieds-Noirs et d'IBM: ainsi en 1975, soit 2 ans avant son premier mandat, Montpellier était déjà la 13e ville de France avec 191 000 habitants[réf. nécessaire].


Conseil régional du Languedoc-Roussillon [modifier]

Au niveau régional, sa carrière politique est marquée par une opposition conflictuelle avec Jacques Blanc (UDF, puis UMP), président du conseil régional du Languedoc-Roussillon. Frêche échoue à devenir président de Région en 1998 après l'alliance entre les conseillers régionaux de droite et ceux du Front national lors de l'élection du président du conseil régional, Jacques Blanc. Cependant, en mars 2004, sa liste d'union de la gauche arrive première au second tour de l'élection régionale en Languedoc-Roussillon. Pour éviter le cumul des mandats, il laisse la mairie de Montpellier à une de ses proches, Hélène Mandroux.

Des conflits avec l'opposition régionale de droite éclatent rapidement, à propos d'annulations de subventions et de la volonté de M. Frêche d'ajouter le nom de la région historique Septimanie au nom de la région. Le 14 avril 2005, suite au rejet populaire du terme Septimanie pour rebaptiser la région, il transforme le projet en marque commerciale « Septimanie, la griffe du soleil », et lance une grande campagne publicitaire pour promouvoir ce nom et les produits de la région. Le 23 septembre 2005, il annonce renoncer définitivement à rebaptiser la région car « 95 % des gens sont pris d'un fol amour pour le (nom) Languedoc-Roussillon »8. Il lance alors une marque ombrelle « Sud de France » pour promouvoir les produits agroalimentaires, les fruits et légumes et les vins du Languedoc-Roussillon au niveau national et à l'international, qui rencontre le succès, mais le poids de cette « surcommunication », grévant en 2009 10% du budget régional selon l'opposition, est contesté9.

Pour cette nouvelle politique régionale, Georges Frêche a décidé d'augmenter de 80% le taux de la taxe sur le foncier bâti et de la taxe professionnelle la première année9, pour pouvoir lever un budget de 765 millions d'euros (contre 554 millions en 2004) destiné à financer une rénovation des trains régionaux, entretenir ou construire des lycées, consolider les digues du Rhône qui ont montré leurs faiblesses pendant l'hiver 2003, aider au financement des logements sociaux et étudiants, et aider les personnes âgées et handicapées. Au sujet de l'augmentation de la fiscalité locale, il répond : « … n’est-ce pas le B-A-BA de la politique ? Deux ans d’impopularité, deux ans de calme, deux ans favorables avec des fleurs et des petits oiseaux, et vous êtes réélu : tout cela est d’une facilité déconcertante. »10. Le taux d'évolution moyen des impôts régionaux en Languedoc-Roussillon affiche la plus forte hausse au niveau national : une hausse de 90 % entre l'accession au pouvoir de Frêche et 200911.

Les premières décisions votées par le conseil régional sont :

  • La gratuité des livres et des équipements pour tous les lycéens et les apprentis
  • La revalorisation des indemnités des stagiaires
  • Le lancement d'une politique à destination de la jeunesse : forums Septimania 15-25 ans dans les grandes villes de la région, portail internet, Conseil régional de la Jeunesse. 12

Durant son premier mandat, le conseil régional construit 5 lycées et en lance 3 autres, modernise le réseau des TER, inscrit l'université de Montpellier dans le plan Campus des pôles d'excellence internationale, et cofinance le contournement de Nîmes et de Montpellier par la LGV Méditerranée9.

En 2007, avec la présidence de la Communauté de travail des Pyrénées (CTP), il participe à de nombreux sommets européens, notamment àSaragosse où il s'affiche comme un porte-parole du Sud de la France.

En 2008, la Région Languedoc-Roussillon soutient la réussite du projet national campus pour les universités de Montpellier, la création d'Aqua Domitia, réseau hydraulique régional, le financement de la ligne à grande vitesse Perpignan-Nîmes.

En 2010, il est réélu à l'issue du deuxième tour des élections régionales avec 54,19% des voix, soit 44 sièges sur les 67 (13 allant à l'UMP et 10 au FN). Il meurt la même année, le 24 octobre.

Il décède le 24 octobre 2010 dans le sud de la France.
Synthèse des mandats et fonctions [modifier]

Controverses [modifier]

Georges Frêche laisse rarement indifférent, entre ses réalisations concrètes, sa façon de prendre des décisions et ses propos tantôt outranciers, tantôt jaurèsiens. Parfois surnommé le « Le Pen de gauche »14, il a, selon Jacques Molénat4, « l'art d'embrasser au gré des publics tout le kaléidoscope idéologique de l'Hexagone. Il est capable de tenir ici un discours révolutionnaire, là gaulliste, ailleurs libéral,jaurèsien et même lepéniste, dans le sillage, pour cette dernière variante, de son adhésion profonde à la cause pied-noir. »

Georges Frêche a une habitude de la recherche du bon mot cynique en public. Il commente la vie politique régionale et nationale sur le même ton lors des réunions des conseils élus. Ces séances sont plus souvent animées de polémiques avec l'opposition, qui vote généralement toutes les affaires des différentes conseils, que de débats sur les questions délibérées.

Le 11 février 2006, à l'occasion d'un dépôt de gerbe devant la stèle de Jacques Roseau, porte-parole d'un mouvement pied-noir assassiné en1993, il est pris à partie par un groupe de harkis récemment passé à l'UMP et répond à ce groupe :

« Vous êtes vraiment d’une incurie incroyable. Vous ne connaissez pas l’histoire. Ah, vous êtes allés avec les gaullistes… Vous faites partie des harkis qui ont vocation à être cocus toute leur vie… Faut-il vous rappeler que 80 000 harkis se sont fait égorger comme des porcs parce que l'armée française les a laissés ? Moi qui vous ai donné votre boulot de pompier, gardez-le et fermez votre gueule ! Je vous ai trouvé un toit et je suis bien remercié. Arrêtez-vous ! Arrêtez-vous ! Allez avec les gaullistes ! Allez avec les gaullistes à Palavas. Vous y serez très bien ! Ils ont massacré les vôtres en Algérie et vous allez leur lécher les bottes ! Mais vous n’avez rien du tout ! Vous êtes des sous-hommes ! Rien du tout ! Il faut que quelqu’un vous le dise ! Vous êtes sans honneur. Vous n’êtes pas capables de défendre les vôtres ! Voilà, voilà… Allez, dégagez15! »

Dans un document largement diffusé par les médias, on l'entend traiter des harkis sympathisants UMP de sous-hommes. Selon lui, ceux-ci se seraient rendus à une cérémonie organisée par le maire UMP de Palavas. Le discours était enregistré par un journaliste de L'Hérault du Jour 16, aux côtés de Jack Lang qui affirme n'avoir « pas entendu » ces propos. Cette polémique intervient dans un double contexte de débat au niveau national sur la loi française du 23 février 2005 (dont Georges Frêche a pris la défense) et au niveau local l'élection cantonale partielle du sixième canton dans lequel l'électorat « rapatrié » et, à moindre titre harki, est déterminante.

Georges Frêche a par la suite présenté ses excuses17 tandis que ces propos sont condamnés dans sa propre majorité (avec laquelle il entretient depuis longtemps une relation tendue), par Maryse Arditi (les Verts) et Jean-Claude Gayssot (PCF), qui démissionne de la vice-présidence du conseil régional. Jean-Claude Gayssot retire ensuite sa démission suite aux explications fournies par Georges Frêche18.

Le 28 février 2006François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste le suspend des instances nationales du parti en attendant son passage devant la commission nationale des conflits19.

Mis en examen en mars 2006 pour injures à caractère racial, il est relaxé le 13 septembre 2007 en appel ; la Cour d'appel estimant que « les propos ne s'adressaient d'aucune manière à la communauté harkie mais à deux individus ».20

En juillet 2007, l'Agrif porte plainte contre Georges Frêche21 pour « provocation antisémite et anti-libanaise », prononcée le 24 juin 2007 : il avait notamment déclaré avoir fait de Montpellier « une zone libérée d’Eretz-Israël »22. Cependant, il faisait également part dans ce discours de son amitié pour l'État d'Israël, et se réjouissait que « la France ait élue au suffrage universel direct [...] un Juif président de la République ».

En novembre 2005, lors de l'inauguration d'une médiathèque de Montpellier, il se demande si ce n'était pas « les flics qui, comme en mai 1968, mettent le feu aux bagnoles ». Le ministre de l'Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy, le poursuit pour avoir émis cette supposition, et saisit le ministre de la Justice afin qu'il engage les poursuites. Georges Frêche est relaxé en première instance par le tribunal correctionnel deMontpellier. Mais le parquet ayant fait appel, et requis en première instance une amende de 5 000 euros, il est finalement condamné le11 septembre 2007 par la Cour d'appel de Montpellier à une amende de 1 500 euros pour diffamation à l'encontre de la police. Son avocat, Me Gauer, a laissé entendre que son client allait se pourvoir en cassation et même pourrait aller jusque devant la Cour européenne des droits de l'homme23. L'arrêt de la cour d'appel a été cassé sans renvoi le 17 juin 2008, la cour ayant à tort condamné Georges Frêche, pour diffamation envers une administration publique, sur la base de propos autres que ceux figurant dans le réquisitoire introductif2425.

Georges Frêche est invité dans l'émission de Laurent RuquierOn n'est pas couché du 17 novembre 200726 afin de promouvoir son nouveau livre, Il faut saborder le PS. Les images concernant les harkis sont rediffusées, et les deux chroniqueurs de Ruquier, Éric Naulleau et Éric Zemmour, n'hésitent pas à parler de manipulation médiatique, les images montrant clairement que Frêche s'adressait, avec virulence, à deux hommes en particulier, et non à une communauté. Devant la ministre Rama Yade, Frêche s'explique sur la question des noirs en équipe de France, assurant qu'il voulait « attirer l'attention sur le fait qu'il y a d'autres moyens de s'en sortir », et insistant sur les formations que proposent ce qu'il appelle les lycées de la seconde chance. Selon lui, il a été victime d'un lynchage médiatique « des médias de gauche » qui ont isolé une phrase dans son discours, idée reprise par Zemmour, journaliste au Figaro. Il dit à ce propos : « Je suis un vieux modèle de l'époque de Mitterrand. Il me faut plusieurs phrases pour m'exprimer, et dans la société dans laquelle on vit, il faut être synthétique, tout dire en une phrase ou deux. »

Le 16 janvier 2008, il crée à nouveau une polémique en déclarant vouloir racheter une statue de Lénine (actuellement à Seattle) et la faire ériger sur une des places de Montpellier, après les élections municipales27. Il justifie sa position par la « dépolitisation de la société » et déclare : « L'installation d'une telle statue va-t-elle interpeller la jeunesse sur l'histoire politique ? Et peut-être qu'un jour, nous aurons aussi à Montpellier une statue de Mao. Et puis celle du général de Gaulle »28. Deux ans plus tard, il inaugure les statues de Lénine, de Gaulle, ainsi que celles de Winston ChurchillFranklin Delano Roosevelt et Jean Jaurès, sur une place baptisée « place du XXe siècle », qui devait à l'origine accueillir une salle de spectacle. S'ensuivront celles de Mao ZedongGolda MeirNelson MandelaGamal Abdel Nasser etMohandas Karamchand Gandhi fin 2011-début 2012. L'opposition de droite dénonce le coût de cette opération (1 810 000 euros provenant de la communauté d'agglomération), tandis que Les Verts menacent de déboulonner les statues29.

Fin janvier 2010, une nouvelle polémique surgit, suite à des propos qu'il a tenus, le 22 décembre 2009, en réponse à Laurent Fabius qui, deux jours avant dans l’émission “C Politique” sur France 5, avait déclaré qu’il ne serait pas sûr de voter Frêche s’il était languedocien. Lors, donc, du Conseil de la Communauté d’agglomération de Montpellier ce 22 décembre 2009, Frêche renvoie la politesse : « Si j’étais en Haute-Normandie, je ne sais pas si je voterais Fabius. Je m’interrogerais. Ce mec me pose problème. Il a une tronche pas catholique. Mais ça fait rien, peut-être que je voterais pour lui, mais j’y réfléchirais à deux fois. » Le 28 janvier 2010, Georges Frêche a adressé une lettre à Laurent Fabius, l'assurant que l'expression « tronche pas catholique » qu'il lui a appliquée, n'avait pas de « connotation religieuse » tout en ajoutant « Tu connais depuis longtemps mon amitié pour Israël. L'action que j'ai conduite en faveur de la communauté juive en porte le témoignage »30. La veille dans une interview il précisait que « L'expression que j'ai utilisée signifie ne pas avoir confiance en quelqu'un et cela fait vingt-cinq ans que je me méfie de Laurent Fabius »31. À la suite de ces propos soupçonnés d'antisémitisme dont se défend l'auteur,Martine Aubry demande à Hélène Mandroux, maire socialiste de Montpellier, de constituer une liste rassemblant des socialistes et des écologistes pour les élections régionales de mars 2010 dans le Languedoc-Roussillon32 ce que celle-ci accepte33. La liste de Georges Frêche est cependant largement devant la liste d'Hélène Mandroux à l'issue du premier tour des  régionales (34,2% des voix contre 7,7%).

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