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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 15:40
 
Notre temps préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité.
Ludwig Feuerbach
La certitude de nos concitoyens d’être plus instruits que leurs aïeux, moins dupes du système médiatique, plus critique sur la politique et leurs conditions de vie, confirme la victoire écrasante du postmodernisme.
 
Étant tout juste bons à valider des choix dont ils ignorent les causes et les conséquences, comment pourraient-ils juger des conditions de leur oppression ? Comment pourraient-ils s’opposer à ce système si parfaitement organisé alors que la contestation comme la rébellion licite repose très largement aujourd’hui sur les thèses postmodernes ?
Époque formidable que celle où la totalité des connaissances humaines est réduite à des signifiants interchangeables. Ce sont d’immenses positivités, dénuées de mémoire, qui s’affrontent dans des combats dont les enjeux eux-mêmes ont été falsifiés au point de disparaître.
Plus les formes de l’héritage démocratique seront jugées obsolètes et plus se développeront de micro-identités légitimant la guerre du tous contre tous et réorganisant l’espace social en niches protéiformes, en d’innombrables tribus sexuelles, religieuses et raciales.
Dans nos temps postmodernes, toutes les communautés en guerre mémorielle contre l’histoire combattent en flux médiatique tendu tout ce qui refuse de les légitimer. Au nom d’une quête identitaire poussée jusqu’au fanatisme, chaque communauté va réclamer, en son seul nom, des comptes au passé et sommer les politiques de légiférer : quitte pour cela à transformer les crimes du passé en crimes du présent.
Dans cette guerre mémorielle du tous contre tous, chaque communauté n’existe que pour elle-même. Toutes ces mémoires partisanes et ennemies se sont détachées du cours du temps historique, dont elles contestent non seulement la pertinence mais la réalité. Il y a eu de l’histoire, il n’y en a plus.
On comprend mieux pourquoi les maîtres d’Internet et des réseaux sociaux n’auront jamais rien à redire des postures postmodernes, qu’elles soient racialisées ou genrées : celles-ci ne remettront jamais en cause leur contrôle du savoir et du réel, ni leur pouvoir despotique.
Ils iront même jusqu’à les encourager, comme ils encourageront dans les faits les pratiques haineuses des réseaux sociaux dont la tâche principale est de diviser et non pas d’unifier la communauté humaine.
Pour pérenniser son discours, la postsociologie a besoin de victimes incontestables, seules capables de faire expier à l’ensemble de la population les fautes du passé colonialiste de l’Europe. Comment des victimes aussi parfaites pourraient-elles commettre des actes barbares ; comment pourraient-elles causer des torts particuliers alors qu’elles ont subi le seul tort recevable, celui du colonialisme ? Elles sont au-dessus de toute critique et leur violence, toujours qualifiée de symbolique, aide à expier et pousse vers la mortification et la résignation.
Pour les agents du postmodernisme, l’histoire est un amas de fragments interchangeables, de signifiants qui n’ont plus mission à signifier, et dont l’unique ambition est de justifier l’excellence et le caractère indépassable du monde dans lequel ils vivent.
Au nom d’une « redéfinition ethnique de la culture »,le relativisme est devenu un concept fourre-tout permettant de qualifier de raciste toute remise en cause de la tendance intégriste des religions, ou toute critique spécifique du sort réservé aux femmes dans les ghettos urbains.
Voir les autres épisodes de "la société du chaos" ici
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